La Presse Bisontine 207 - Mars 2019

ÉCONOMIE 36

La Presse Bisontine n°207 - Mars 2019

EN BREF

INTÉGRATION Il loge à Besançon Réfugiés en C.D.I. : les “pépites” de l’entreprise S.I.S. Sami était universitaire au Soudan, Shamsan ingénieur au Yémen. Ils ont fui la guerre. Après un long parcours, les voilà maroquiniers à Valdahon. Une nouvelle vie pour eux.

Chaprais L’association Vivre aux Chaprais organise une journée Santé Bien-être au Foyer de la Cassotte le samedi 16 mars de 10 heures à 18 heures Une journée ouverte à tous pour préserver sa santé et améliorer son bien-être. Possibilité de rencontrer 22 intervenants (professionnels et associations). Entrée gratuite. Plus d’informations sur www.chaprais.info, ou au 06 11 65 06 64 (Christian Renard). Engins explosifs Dans le numéro 202 de La Presse Bisontine (octobre 2018), l’événement était consacré à la découverte d’un engin explosif (bâton de dynamite et minuteur) dans une cage d’escalier d’un immeuble à Planoise. Quatre mois après cette découverte par la Police municipale, les relevés d’empreintes n’ont pas été concluants indique le parquet de Besançon. Les engins, eux, ont été neutralisés.

vent familiales qui s’adressent à un marché local. Plutôt que de créer de nouvelles marques, nous préférons faire des acqui- sitions en nous appuyant sur ces firmes locales. C’est notre schéma” explique le P.-D.G. Cette politique fonctionne - pour le moment - à merveille. A.B.E.O. est cotée en bourse sur lemarché Euronext depuis 2016, ce qui lui a permis de lever 50 millions d’euros (en 2018) en plus des financements des banques locales. Le chiffre d’affaires est passé de 90 millions d’euros en 2014 à 250 millions en 2018 (dont 71 % réalisés hors de France) pour 1 600 collabora- teurs à travers le monde ! Il devrait atteindre les 300millions en 2020 pour un taux de crois- sance de 20 % par an. “Nous ne sommes qu’au début de notre stratégie d’acquisitions et de croissance externe, prévient Oli- vier Esteves. Pour le moment, nous bénéficions d’un effet d’au- baine qui permet de dérouler notre stratégie, mais nous ne savons pas jusqu’à quand nous serons les seuls…” Pour Paris 2024, A.B.E.O. sera évidemment candidate pour pro- poser ses agrès et tapis de gym- nastique, équipements de sports hension des consignes pour confectionner une pièce” com- mente Rachida Laithier, forma- trice et responsable de produc- tion à S.I.S. Valdahon, une manufacture de produits de luxe. “Quand l’O.F.I.I. (Office français de l’intégration et de l’immigration) m’a proposé un travail, j’ai dit oui tout de suite” résume dans un très bon fran- çais Sami. Arrivé à Paris en provenance du Soudan le 25 octobre 2016, le Soudanais a dormi deux semaines dans la rue avant d’être envoyé en centre de réten- tion par la Police. Ont suivi des séjours en foyers, la demande d’asile, et cette histoire de “migrant” à raconter sans cesse. Il sera régularisé. “Le 23 février 2017, je suis transféré à Besan- çon où j’apprends le français, j’arrive le 28 mai 2018 dans l’en- treprise” se remémore le Sou- danais, universitaire et qui fut chercheur d’or dans son pays pour gagner de l’argent. “Main- tenant, c’est notre pépite à nous” lance la formatrice en guise de métaphore. Sami sourit : il com- prend le second degré. L’homme qui possède le permis de conduire a déposé une demande de loge- ments dans une agence immo-

Devancés par Rachida Laithier, responsable de production, Sami et Shamsan (à gauche) se rendent à l’atelier S.I.S. à Valdahon.

I ls rêvent désormais d’appar- tement, de voiture, d’une sta- bilité perdue après avoir quitté leur pays en guerre. Sami le Soudanais, 29 ans, et Shamsan le Yéménite (32 ans) n’ont jamais caressé de si près l’espoir de vivre en paix, en totale autonomie.Après une formation et un apprentissage du français en un temps record, les voilà maroquiniers en C.D.I., rému- nérés comme les autres, seule- ment deux ans et demi après leur arrivée en France ! De la vie de réfugié à celle d’employé, ils ont traversé de terribles épreuves sur lesquelles ils ne préfèrent pas s’étendre.

Rencontrés à la cafétéria de l’usine S.I.S. de Valdahon où ils travaillent depuis le 5 mai 2018, les deux hommes sont de fabu- leux exemples de réussite. “Sami - comme Shamsan - est devenu

rejoindre. “Ils sont très volon- taires, ils ont la niaque pour s’en sortir. C’est une véritable richesse car ils nous apprennent aussi à nous des mots, des coutumes” dit leur formatrice. Pour S.I.S., au-delà de la valeur économique, c’est une valeur sociale : “Ce n’est pas un coup de communication, nous avons des valeurs sociales. D’autres personnes - venues d’Afghanistan - ont intégré la société. Nous leur proposons un D.E.F. (niveau de diplôme en français)” explique la firme. L’intégration par le tra- vail, la clé de la réussite. n E.Ch.

bilière pour s’installer à Besan- çon, une ville où il a quelques connaissances. À ses côtés, un café devant lui, Shaman l’ingénieur donne lui aussi entière satisfaction à l’en- treprise S.I.S. Ingénieur civil, il a travaillé au Yémen puis deux ans en Arabie Saoudite, pays qu’il a dû quitter “parce qu’il y a des difficultés pour les Yémé- nites à vivre là-bas” dit-il. Il a découvert la neige et le comté. Il loge dans un foyer à Besançon et comme son collègue, il monte tous les jours en train. Le Yémé- nite a engagé des démarches pour que sa femme puisse le

un maillon fort de notre équipe. Il a très vite appris le métier (et le français). Sa progression est rapide ! Il pourrait même l’enseigner à d’autres car il possède une excellente dex- térité et compré-

Le Soudanais a dormi deux semaines dans la rue.

A.B.E.O., la forme olympique Dirigée par le Bisontin Olivier Esteves, la société basée à Rioz fournira les installations gymniques des Jeux olympiques à Tokyo, en 2020. Sa croissance est de + 20 % par an. DÉVELOPPEMENT A.B.E.O., poids lourd des équipements de sport

A près les Jeux olympiques de Londres (2012) puis de Rio (2016), A.B.E.O. équipera ceux de Tokyo (2020) en installations de gym- nastique avec l’appui du parte- naire japonais Senoh. Agrès, tapis de gymnastique et estrades de la firme dont le siège social est basé à Rioz seront les sup- ports du plus grand événement sportif mondial.

L’annonce, rendue officielle le 31 janvier, ne surprend plus tant la firme s’est rendue incontour- nable sur ce marché de niche que sont ces équipements de sport et de loisirs. Une success story que son président-direc- teur général, le Bisontin Olivier Estèves, minimise : “À chaque compétition, il faut remettre les compteurs à zéro. Nous sommes particulièrement fiers d'être de

nouveau sélectionnés, mais nous ne sommes jamais certains de l’emporter.” Sous la houlette de cet homme âgé de 56 ans qui l’a repris après le départ de son père (ex-France Équipements), la société a déployé une politique de crois- sance externe imparable. “Le marché des équipements de sport est très fragmenté dans le monde avec de petites entreprises, sou-

Le Bisontin Olivier Estèves, P.-D.G. d’A.B.E.O.

tif, sa famille, pourra ainsi visua- liser à la demande, sous tous les angles, une montée sur un mur d’escalade, un combat de judo, un triple salto…A.B.E.O. préserve sa longueur d’avance. n E.Ch.

collectifs, murs d’escalade, amé- nagement de vestiaires… La holding s’est associée en février au français Vogo pour déployer une solution clés enmain de dif- fusion live de contenus audio- visuels. Un entraîneur, un spor-

La société a également équipé les Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos-Aires.

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