La Presse Bisontine 195 - Février 2018

DOSSIER

19 La Presse Bisontine n° 195 - Février 2018

l Deluz

Les chevaux maltraités ou abandonnés ont leur refuge Lanceuse d’alerte pour animaux maltraités Rolande Bouvard a révélé l’affaire des vaches de Saint-Vit. Elle recueille avec l’association

se. 13 sont actuellement en pen- sion, et deux chèvres. “On ne fait rien sans une décision de justice, précise la défenseure de la cause animale. Après plus de 30 ans de combat, je peux dire que je suis devenue incollable sur les lois !” La plupart du temps, c’est elle qui porte plainte en son nom. Son carnet d’adresses lui per- met - parfois - de faire avancer les dossiers même si certains ne vont pas assez vite à son goût. Si l’action de son association est reconnue, elle tient beaucoup à l’énergie des bénévoles, Gérard Estienney en tête, qui met à dis- position ses installations pour recueillir les animaux. “On recherche toujours des bénévoles et de l’argent. Nous faisons deux

société protectrice des animaux. Sa mission : vérifier si les ani- maux ne sont pas maltraités après signalement. Des ren- contres qui débouchent parfois sur des insultes et des menaces. “Quand onm’insulte, je vois rou- ge, cela veut dire en général que la personne a quelque chose à se reprocher” avance la Bison- tine. Certains cas de maltraitance animale comme ce chien mort laissé sur un balcon cachent de la misère humaine. Mais la tâche, bien que difficile, n’ef- fraie pas notre retraité. Extré- miste, Rolande Bouvard ne pen- se pas l’être. Tout juste a-t-elle proscrit la viande de son menu. Elle a aussi fait du repérage pour dénoncer des élevages. “Le bonheur d’avoir épargné une vie, voilà ce qui me motive” ajoute celle qui n’a jamais compté les heures passées, les kilomètres parcourus ou encore le nombre d’animaux sauvés d’une mort certaine. Un de ses rêves : rencontrer Bri- gitte Bardot. Il y a plus de 23 ans, pour un de ses premiers faits d’armes, elle entre en contact avec B.B. pour le sau- vetage d’un sanglier en forêt de Chailluz. Sans doute moins médiatique que Brigitte Bar- dot, Rolande n’en demeure pas moins aussi efficace… n E.Ch.

“Les chevaux de Colombey” les équidés en danger à Deluz. Un combat de tous les instants, qui, malgré son expérience, lui fait toujours verser des larmes…

C’ est la porte-paro- le des “sans-voix”. C’est aussi leur ange gardien. Partout où elle se

rend, Rolande Bouvard, 67 ans, a la fâcheuse habitude d’obser- ver les animaux. Lorsqu’ils sont en détresse, elle intervient. La Saint-Vitoise a vécu une fin d’an-

née 2017 difficile où plusieurs jours durant elle a multiplié les allers-retours sur le terrain, les coups de téléphone, les ren- contres avec les services de l’État,

pour sauver en décembre un troupeau de vaches dans un pré de Saint-Vit. La retraitée, preuves à l’appui, a dévoilé aux yeux de tous le sort réservé à ces bêtes. 66 ont survécu grâce notamment à la Fondation Bri- gitte Bardot. Un amour pour les animaux, qui, elle l’avoue, l’a affaibli physiquement : “J’ai fait des nuits blanches. J’en ai même pleuré. C’est mon problème : je n’arrive pas à prendre du recul dès que je vois un animal en détresse” dit-elle après coup. Présidente de l’association “Les chevaux de Colombey” basée à Deluz, Rolande joint les actes à la parole. Si elle a de la com- passion pour les bêtes, elle leur trouve des solutions pour les extirper de propriétaires par- fois peu scrupuleux. Ce fut notamment le cas pour cette jument à Chemaudin affamée et remplie de tiques, ou encore ce poulain - dont la mère est morte - qui n’avait jamais vu la lumière du jour. Il n’a retrouvé la vision qu’après plusieurs jours d’acclimatation avec l’extérieur ! C’est à Deluz, entre le canal et le Doubs, que l’association recueille des équidés en détres-

manifestations par an : elles nous permettent de soigner et nourrir les che- vaux. L’an der- nier, nous avons reçu du foin gratuitement ! Lorsque la pla- ce fait défaut, j’essaie de trou- ver des familles d’accueil” pour- suit la prési- dente qui fut par le passé ins- pectrice pour la

Le poulain n’avait jamais vu la lumière du jour.

Rolande Bouvard (à droite), accompagnée par Virginie Vernay (association Humanimo) recueille et soigne avec son association des chevaux à Deluz.

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