La Presse Bisontine 138 - Décembre 2012

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 138 - Décembre 2012

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DÉCOUVERTE Astrophysique La planète en diamant du chercheur bisontin Professeur en sciences planétaires à Besançon, Olivier Mousis a découvert avec deux scientifiques américains une planète en… diamant. Leurs conclu- sions ont fait le tour du monde. Objectif du Bisontin : proposer une mission spatiale vers Saturne.

Olivier Mousis, astrophysicien de 38 ans, auteur de la découverte pourrait mener

à l’avenir les futurs grands projets spatiaux.

U ne fois la découverte annoncée à la presse le 12 octobre dernier, le téléphone portable d’Olivier Mou- sis a crépité. “À 6 h 14 du matin, Fran- ce 2 m’appelait déjà pour m’interviewer. Je suis tombé de la lune (rires)” dit modestement le chercheur bisontin, 38 ans, qui a identifié avec deux profes- seurs de l’université de Yale (États- Unis) une planète composée de dia- mant. Les demandes des télés, radios et presse dumonde entier se sont enchaî-

Kanani Lee. Pourra-t-on s’y rendre un jour ? “Impossible, ni vous ni moi. Sachant que la lumière parcourt 300 000 km par seconde et qu’une année- lumière est la distance parcourue par la lumière pendant un an” dit-il. “Le diamant fait de l’esbroufe, tant mieux, mais il n’aurait pas eu le même impact si la découverte avait été publiée par un laboratoire français. Venant de l’université de Yale, les retombées ont été rapides. C’est dommage car nous n’avons rien à envier aux autres” déplo- re le professeur qui est aussi membre de l’institut de France qui regroupe une poignée de professeurs en Fran- ce, sorte d’élite de l’astrophysique. Sur le plan purement scientifique, il esti- me sa découverte comme anecdotique. “ J’ai fait des choses beaucoup plus inté- ressantes comme les travaux que j’ai menés sur l’origine de Titan, le plus gros satellite de Saturne.” Habitué à diri- ger ses yeux vers les étoiles, Olivier a un rêve : participer à une mission spa- tiale pour récolter des informations sur Saturne. Il est seul européen à colla-

borer avec la N.A.S.A. sur la mission Jupiter. “Je proposerai également à l’agence européenne une mission spa- tiale vers Saturne (sonde atmosphé- rique). Ce projet sera soumis d’ici la fin d’année” annonce Olivier Mousis qui s’inscrit dans la lignée de Guy Moreels et Jacques Clairemidi. Ces deux cher- cheurs à la retraite sont les derniers à avoir conduit une étude spatiale. C’était la mission Vega. Il s’agissait d’envoyer vers la comète de Halley un spectro- mètre ultraviolet conçu et fabriqué à Besançon qui a permis des mesures époustouflantes de la comète. Mais comme tous les laboratoires, celui de Besançon voit ses moyens diminuer pour financer la recherche. Cette équa- tion, les astrophysiciens ne sont pas - encore - parvenus à la résoudre. E.Ch.

TRANSPORTS Un taux de réussite de 58,79 % L’influence du chantier tram sur le permis de conduire Les travaux du tramway rendent-ils l’obtention du permis de conduire plus difficile ? En apparence oui…, sauf que les résultats restent orientés la hausse au centre d’examen. Explications. M ains sur le volant à 10 h 10, frein à main desserré, ceinture bou- clée : Xavier part pour une heure de conduite dans les rues bison- tines. C’est sa huitième heure au volant de la Citroën C3 avec à ses côtés Fabrice Couraud, moniteur à l’auto-école Plan B située à Besan- çon qui forme et guide ses élèves. Quand on sait qu’un conducteur lamb- da connaît déjà des difficultés à se retrouver dans le dédale des rues bisontines transformées à certains endroits en chantier à ciel ouvert, on imagine que le novice s’y perd encore davantage. “J’ai vu un jeune rater son permis de conduire car un “Stop” venait de pousser au niveau de la Malcombe” témoigne Philippe Boissenin, gérant de l’auto-école Miramas de Besançon. Les neuf inspecteurs du permis de conduire ins- tallés au centre d’examen situé rue du Docteur Mouras ne sont pour- tant pas là pour “piéger” les candidats. Au contraire. “Nous ne consta- tons pas d’évolution négative du taux de réussite, annonce Frédéric Guibourg, chef du centre d’examen de Besançon situé rue du Docteur Mouras. Nous ferons un vrai bilan à la fin de l’année mais il semblerait même que ce soit l’inverse…” Plus conciliants les inspecteurs ? Sans dou- te que non. Sur 12 133 candidats qui ont passé leur permis B en 2011, 58,79 % l’ont décroché. La palme revient au permis poids lourds avec près de 80 %. Les critères pour obtenir le papier rose (qui n’en est plus un) restent les mêmes mais les bouchons pourraient avoir un effet bénéfique en limitant le nombre de kilomètres parcourus. Le temps passé à l’arrêt serait un facilitateur. “Un candidat est examiné durant 35 minutes. Il parcourt en moyenne 10 à 12 km. Nous veillons à l’évolution de la situation avec les auto- écoles et les inspecteurs. Pour l’instant, les travaux n’ont pas révélé de problèmes majeurs car les inspecteurs modifient les parcours et s’adaptent” conclut le responsable du centre d’examen. En début d’année, les ser- vices de la direction départementale ont imaginé une délocalisation du centre d’examen à Mallarmé pour anticiper les gênes à la circulation. Il n’a pas été jugé nécessaire d’en arriver jusque-là. Trafic ou non, des élèves ont bien des difficultés à se familiariser avec les boîtes de vites- se. Confidence d’un moniteur : une candidate a eu besoin de 200 heures pour obtenir le fameux papier rose. D’ordinaire, 25 à 27 heures suffi- sent. Comptez entre 850 et 1 200 euros pour s’offrir “la liberté”. E.Ch.

nées durant des semaines pour évoquer “55 Cancri e”, nom don- né à cette planète dont le rayon est deux fois supérieur à la nôtre. Cet- te super-planète se situe à 40 années lumière de la Terre, dans la constel- lation du Cancer, mise au jour grâce à des cal- culsmathématiques avec l’appui de deux cher- cheurs américains : Nik- ku Madhusudhan et

Dans la lignée de la mission Vega.

SOCIAL

75% du S.M.I.C. La Ville s’engage en faveur des “emplois d’avenir”

La municipalité de Besançon signe les premiers contrats “emplois d’avenir” le 23 novembre. Entre le C.C.A.S., la ville et l’Agglo, c’est une vingtaine d’embauches qui va se concrétiser dans ce cadre de ce dispositif qui s’attaque au chômage des jeunes.

U ne vingtaine d’emplois d’avenir vont être créés dans les pro- chains mois à Besan- çon. Ils seront répartis entre le C.C.A.S., laVille et l’Agglo. Le 12 novembre, par déci- sion du conseil municipal, la mairie a scellé son engage- ment en faveur de ce dispo- sitif qui encourage la créa- tion de ces emplois aidés par

te en charge, notamment, des questions de solidarité et d’autonomie. Ce nouveau dispositif ouvert également aux entreprises, sous conditions, est unmoyen mis en place par le gouver- nement Ayrault pour s’attaquer au chômage des 16-25 ans (jusqu’à moins de trente ans pour les personnes handicapées), peu qualifiés, issus principalement de zones défavorisées. “Il s’agit d’une approche nouvelle pour trai- ter la question du chômage en s’adressant prioritaire- ment aux publics les plus en difficulté” précisent les ser- vices de la mairie. Au-delà de la limite d’âge, les candi- dats doivent être “sans diplô- me, titulaires d’un C.A.P.- B.E.P. en recherche d’emploi depuis au moins 6 mois dans

Quatre premiers contrats d’avenir ont déjà été finalisés dans les services de la Ville de Besançon.

Les candidats au permis de

est une première expérien- ce professionnelle.À ce titre, il faut qu’elle soit la plus constructive possible. “Emplois d’avenir” est une des mesures phares du quin- quennat de François Hol- lande. Il est prévu que 150 000 contrats soient signés dans le cadre de ce disposi- tif. Michel Sapin, le ministre duTravail a annoncé que cet- te mesure coûtera à l’État “2,3 milliards d’euros d’autorisations d’engagement pour les trois prochaines années.”

les 12 derniers mois, ou à titre exceptionnel, des jeunes ayant atteint le plus haut niveau du premier cycle de l’enseignement supérieur et résidant dans les zones prio- ritaires en recherche d’emploi depuis au moins un an dans les 18 derniers mois.” Pour renforcer l’accompagnement de ses futurs collaborateurs, la Vil- le va mettre l’accent sur leur formation. Leur emploi du temps sera d’ailleurs amé- nagé pour cela. Pour la plu- part de ces jeunes, cet emploi

conduire à Besançon

l’État à hau- teur de 75 % du S.M.I.C. “Les premiers contrats sont signés le 23 novembre. Quatre sont déjà finalisés” annoncent Marie-Noëlle Schoeller, pre- mière adjoin-

stressent parfois à l’idée d’affronter les rues bisontines parsemées de

Mettre l’accent sur la formation.

nouvelles signalisa- tions.

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