La Presse Bisontine 116 - Décembre 2010

ÉCONOMIE 34

La Presse Bisontine n° 116 - Décembre 2010

BESANÇON De nouveaux locaux en septembre 2011 La literie Bonnet ne sommeille pas Virage à l’international et investissement dans de nouveaux locaux l’an prochain, la manufacture bisontine de matelas ne se repose pas sur ses lauriers. Les créations bisontines séduisent de plus en plus les décorateurs et architectes d’intérieur.

U n lit gigantesque à 6 300 euros offert par son père à une jeune Russe de 17 ans pour son anniversaire. Ce caprice de milliardaire, c’est la literie Bonnet de Besançon qui l’a fabriqué et cet exemple un peu plus “bling-bling” que les autres reflète pourtant bien le virage pris par la literie Bon- net depuis quelques années. Son gérant, Marc Rognon, a décidé de donner une nouvelle impul- sion à la société fondée en 1955 à Besançon en multipliant la

agent russe commercialise désor- mais les produits conçus et fabri- qués à Besançon. “On est de plus en plus reconnus pour notre capa- cité à fabriquer des lits un peu particuliers si bien qu’on est désormais référencés par de nom- breux décorateurs et architectes d’intérieur” reconnaît Marc Rognon. La participation régulière à des salons professionnels qui a ouvert à la literie bisontine le créneau des produits sur-mesu- re lui permet d’élargir l’éventail de ses savoir-faire et de sortir du classique sommier-matelas. Elles ne sont pas plus d’une dizaine en France les entreprises artisanales comme Bonnet, qui fabriquent de A à Z tous leurs produits. Sur les produits haut de gamme ou sur-mesure, elle n’a quasiment pas de concur- rents français. “On a quelques concurrents mais implantés dans les pays nordiques et qui sont vraiment orientés luxe avec un gros marketing . Des gens qui font des literies à 30 000 euros. Ce n’est pas notre créneau. Nous ne fonctionnons que par le bouche à oreille” ajoute le dirigeant. La literie Bonnet a le vent en poupe. Structurée comme une

entreprise artisanale, elle emploie sept personnes. Mais les historiques locaux de la rue Jacquard à Saint-Ferjeux devien- nent trop étroits pour accom- pagner le développement de l’entreprise. Marc Rognon et ses collaborateurs viennent de poser la première pierre d’un bâti- ment de plus de 2 000 m 2 sur la zone d’activités de l’Échange (commune de Vaux-les-Prés), à l’entrée de l’autoroute A 36. Un investissement de plus d’1 million d’euros qui devra permettre à la literie Bonnet “d’optimiser l’organisation du travail, avec des flux de circu-

Quatre personnes travaillent à la production. Chaque personne réalise un matelas, du début à la fin.

nomique encore difficile. “Ces nouveaux marchés nous per- mettent justement de moins res- sentir cet effet de crise qui nous conforte d’ailleurs dans l’idée qu’il est nécessaire de continuer à se diversifier et à tout miser sur la qualité. Le “Made in Fran- ce” devrait avoir de plus en plus

lation plus faciles, une capaci- té de stockage améliorée et une vraie zone d’exposition pour accueillir nos clients profes- sionnels revendeurs ainsi que les particuliers” ajoute M. Rognon. Ces lourds investissements inter- viennent dans un contexte éco-

d’importance aux yeux des consommateurs à l’avenir” pré- dit Marc Rognon. Le déménagement de la literie Bonnet sur la zone de l’Échange devrait être effectif à la rentrée de septembre 2011. J.-F.H.

présence sur les salons interna- tionaux. Dernier en date d’où Marc et son épouse Valérie reviennent tout juste : le salon Marjolaine à Paris, spécialisé dans le bio et le développement durable. Un peu plus tôt, début octobre, c’est à Moscou que la literie Bonnet exposait son savoir-faire. Un

“Continuer à tout miser sur la qualité.”

SANTÉ

L’hôpital recrute

Nice fait les yeux doux aux infirmières bisontines “Il n’y a rien d’illégal”

I nfirmière, un métier d’avenir. Début décembre, les élèves de l’institut de formation en soins infirmiers de Besançon sortiront avec chantes. Le C.H.U. de Besançon ne voit pas cette opération de communication d’un très bon œil. se défend l’hôpital niçois qui propose des conditions allé-

prime de mobi- lité, 100 euros d’aide par mois pour le loge- ment et une bourse impor- tante si le futur infirmier décide de s’installer à vie. Besançon ne peut rivaliser. “Nous ne faisons rien d’illégal, se défend Joëlle Rocca à la direc-

leur diplôme en poche et la quasi-certitude d’un emploi à la clé. À l’heure où les départs à la retraite sont nombreux, les hôpitaux n’ont pas de temps à perdre : ils doivent recruter en masse pour combler le défi- cit de personnel qualifié. Besançon n’échappe pas à la règle, si bien que le centre hos- pitalier universitaire a lancé pour la première fois de son histoire une campagne de publicité dans la presse “pour recruter plus large.” Objectif : embaucher une centaine d’infirmiers et une trentaine

d’aides-soignants. Pour le syn- dicat C.F.D.T, “ce recrutement est nécessaire pour compenser l’augmentation de 3 % les actes chirurgicaux.” Problème, l’hôpital de Nice est sur les rangs. Outre le soleil, le centre niçois fait les yeux doux aux futures infirmières ou aides- soignants francs-comtois via une publicité publiée à l’I.F.S.I. des Tilleroyes. En interne, la “pub” passe mal, d’autant que les postes sem- blent alléchants avec un recru- tement au 7 ème échelon (2 ème échelon pour Besançon), une

Une prime de mobilité, 100 euros d’aide par mois.

tion des ressources humaines de Nice. Nous avons un turn- over important et même si nous avons le soleil ici, nous devons recruter environ 100 personnes par an. Nous sommes forte- ment concurrencés par les cli- niques privées. Nous payons des annonces. Si Besançon ne peut pas suivre, ce n’est pas de notre faute.” Majoritairement, le C.H.U. de Besançon recherche des infir- miers (salaire mensuel de 1 550 euros nets par mois pour un débutant), aides-soignants (1 200 euros), kinés, secré- taires médicales (1 400 euros) et des cadres de santé. “L’opération fonctionne plutôt bien mais nous savons par expérience que nous aurons des désistements” rapporte la direction des ressources humaines bisontine qui devrait néanmoins parvenir à ses fins. La période d’entretiens devrait se conclure vers la fin décembre pour le premier employeur de Besançon qui emploie 4 600 agents et 500 médecins. E.Ch.

Marc Rognon a intégré l’entreprise créée par Maurice Bonnet, suite à son rachat par Albert Rognon, son père, en 1986.

Le C.H.U. Jean-Minjoz va tenter de recruter la promotion d’infirmiers diplômée à la fin du mois. D’autres hôpitaux sont sur les rangs.

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