La Presse Bisontine 112 - Juillet-Août 2010

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 112 - Juillet-août 2010

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BESANÇON

Pour payer moins, il faudra mieux trier

Poids et prix des déchets en question La Confédération nationale du logement craint notamment que l’habitat collectif et les locataires pauvres soient les grands perdants du paiement au poids. La C.A.G.B. répond, point par point.

Dès 2012, les habitants du Grand Besançon payeront leurs ordures ménagères au poids.

“Chacun pourra contrôler sa facture” Jean-Pierre Taillard, vice-président de la C.A.G.B. en charge des ordures ménagères, répond aux inquiétudes. Il apporte des solutions pour que le collectif ne soit pas lésé.

L a Confédération Nationale du Loge- ment (C.N.L.) s’inquiète de la nou- velle organisation du ramassage des ordures ménagères et du projet de paiement au poids qui pourrait, selon elle, “augmenter le prix des charges pour le loca- taire” d’ici 2012, date à laquelle près de 200 000 foyers de l’agglomération du Grand Besançon passeront à cette redevance. Elle a fait des simulations : “Combien coûtera le ramassage des ordures à un couple avec 2 enfants habitant une maison individuelle à Planoise, dans un logement collectif de la rue de Savoie ou rue Battant ?” s’interroge

lectif (punition collective !). Les gardiens ont un rôle autrement important que de gérer perpétuellement les locaux poubelles, ce qui semble mésestimé. En ce qui concer- ne les emballages et suremballages, toute la charge doit reposer sur les usagers et la C.A.G.B. ne prévoit rien en direction des producteurs et distributeurs pour éliminer ces déchets à leur niveau. L’inquiétude en ce qui concerne les dépôts sauvages ne recueille aucun écho” s’emporte la confé- dération. Autre point de désaccord, “le refus des élus de considérer la situation sociale des usa- gers. Comment éviter que les plus pauvres et les plus mal logés soient ceux qui paie- ront le prix d’un dispositif nouveau ?” Elle attire l’attention sur le fait que dans de nombreux immeubles, ce sont les pro- priétaires qui interviennent (gardienH.L.M. ou entreprise privée) pour sortir les pou- belles et non les personnels de la ville. Le service n’est donc pas le même. Les rendez-vous et réunions de concerta- tion vont s’enchaîner : le projet va passer en commission élargie où les réflexions quant à une future grille tarifaire seront évoquées. À suivre. E.Ch.

Surlʼaugmentationdescharges. “C’est faux…sauf si tout lemonde semoque du tri. Pour voir sa facture rester la même, voire diminuer, il suffit par exemple de ne pas jeter son bocal de cornichons à la poubelle mais dans le bac à verre. Lorsque l’on est au 5 ème étage, on a parfois tendance à tout jeter dans sa poubelle car le bac à verre est loin.On va mettre plus de bacs de tri pour le verre au pied des immeubles pour que le logement collectif ait les mêmes chances que le pavillonnaire.” Coût de la facture ? “Je ne sais pas encore combien je paierai ou ce que mon voisin paiera.Cela doit être voté. Les ordures ménagères sont un bud- get annexe qui doit être équilibré en recette et dépense”. Redevance injuste pourleslocataires pauvres. “ Les ordures ne sont pas

un impôt et ne prennent pas en comp- te les conditions de ressources. Elles fonctionnent comme l’eau ou l’électricité :que vous habitiez à Saint- Ferjeux ou Rancenay, le prix est le même si c’est dur à dire. Les per- sonnes en difficulté financière sont demandeuses de cette redevance : elles veulent contrôler leur facture. Avec ce système, elles le pourront, à l’inverse d’autres systèmes (abon- nement internet…)”. Le ramassage aupieddesimmeubles serait moins cher. “C’est en partie faux.Le traitement des déchets repré- sente 60 % de la facture, le reste (40 %) est les taxes, l’incinération et le transport. Ramasser en ville n’est pas moins coûteux que plus loin, en périphérie.” Sur les emballages en grande sur- face . “Nous demandons aux

enseignes de mettre à la sortie des magasins des tables de désembal- lage. C’est une obligation du Gre- nelle.” Descomposteursenpieddʼimmeuble. “Un pavillon est avantagé car il peut utiliser un composteur. Pour que le collectif ait les mêmes chances, nous créerons des composteurs de pied d’immeuble.” Suivi de facture. “Un dispositif sur Internet pour suivre directement sa production d’ordures ménagères va être instauré.” Objectifs. Passer de 161 kg de déchets par habitant et par an (en 2008) à 104 kg pour lʼhabitat individuel (en 2014). Pour le collectif : de 200 kg/an à 176 kg. “Ces objectifs sont facile- ment atteignables” conclut Jean-Pier- re Taillard.

la confédération qui consi- dère que le ramassage dans le logement social locatif collectif doit être considéré comme une charge moins lourde que dans l’habitat dispersé et individuel. La C.N.L. constate qu’aucune solution n’est envisagée en ce qui concerne les problèmes liés à l’habitat collectif : “Le tri sélectif non effec- tué sera payé par le col-

“La C.A.G.B. ne prévoit rien en direction des producteurs.”

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