La Presse Bisontine 106 - Janvier 2010

ÉCONOMIE

La Presse Bisontine n° 106 - Janvier 2010

37

CONJONCTURE Les usines ont déstocké Les dirigeants du M.E.D.E.F. Doubs réunis en assemblée générale le 26 novembre disent ressentir enfin “un frémissement positif.” Méthode Coué ou vraie sortie de crise ? Impressions. Les patrons veulent croire en 2010 L e ton de Christophe Bos- sonnet, patron des patrons du Doubs, reste éminemment prudent :

professionnels du bâtiment rési- de dans les moyens mis à dis- position par les pouvoirs publics aux particuliers dans le domai- ne de la rénovation : travaux sur les économies d’énergie, crédits d’impôts… Dans le bâtiment, c’est le neuf qui souffre le plus : le nombre de permis de construi- re a chuté de 30 % cette année dans le Doubs. “L’année derniè- re, nous avions encore 8 à 12mois de travail d’avance. Aujourd’hui, c’est 1 ou2moismaximum” recon- naîtAlainBoissière. Pour les tra- vaux publics, c’est exactement le même constat. Dans l’automobile, le constat n’est pas meilleur. Concernant les ventes de camions et de véhi- cules industriels, la chute des commandes a été de - 40 % cet- te année. Sur le plan national, les commandes sont tombées de 50 000 à 30 000 véhicules en 2009. “Les usines ont déstocké, 2009 restera dans ce domaine-

“On espère qu’on est plutôt sur la fin de la crise qu’au début…” dit-il. Il faut croire que l’économie du Doubs ne peut pas tomber plus bas : “Les volumes ont bais- sé entre 20 et 50 % suivant les secteurs d’activité. Mais cette ten- dance à la baisse a enfin ten- dance à se résorber.” Comment ont réagi les différents secteurs d’activité dans notre département ? Dans le bâtiment et les travaux publics, 2009 a été “une année relativement correc- te” selon Alain Boissière, le pré- sident de la fédération du bâti- ment. La raison de ce maintien : il y avait encore dans cesmétiers de gros stocks de chantiers en attente, qui se sont terminé cet- te année. Pour 2010, l’année “s’annonce plus difficile pour nous” reconnaît-il. L’espoir des

Selon Christophe Bossonnet, président du M.E.D.E.F. Doubs, “la baisse d’activité a té de - 20 à - 50 %.”

Michel Chwatacz, vice-président du M.E.D.E.F. : “On a touché le fond de la piscine.”

PROMOTION 6 millions par an Une campagne de pub pour promouvoir l’industrie C’est pour changer l’image de l’industrie auprès du grand public qui est plus teintée de souffrance que de modernité que l’U.I.M.M. lance une campagne de communication. L’opération séduction va durer trois ans.

là comme une année noire” recon- naît Michel Chwatacz, vice-pré- sident du M.E.D.E.F. et conces- sionnaire lui-même à École-Valentin. Il met un bémol cependant : “Les affaires repren- nent depuis le dernier trimestre.” Quant au voitures particulières, le volume de vente est quasi- identique à celui de l’an dernier mais “grâce aux artifices fiscaux de l’État : prime à la casse…” Le haut de gamme, lui, a subi un vrai contrecoup : “Environ - 22 à - 25 %. On est en train de tou- cher le fond de la piscine, on ne peut que remonter” illustre M. Chwatacz. La filière agro-alimentaire est apparemment une des seules à avoir tiré son épingle du jeu : “LesA.O.C. notamment s’en sont très bien sorties” avoue François Petite, autre responsable du M.E.D.E.F. et fabricant dans le Haut-Doubs. La différence s’est

creusé cette année avec la filiè- re“lait industriel”.La seule crain- te des professionnels est de voir leurs prix A.O.C. “aspirés” par la baisse des prix industriels. “Il faut rester vigilant” reconnaît M. Petite. Dans ce climat plus que prudent, un secteur néanmoins continue à embaucher, c’est le bâtiment- travaux publics. “Malgré le manque de visibilité, nous avons un fort besoin de formation”

annonce Alain Boissière. Avec le B.T.P., la restau- ration est le deuxième secteur encore pour- voyeur d’emplois. 2009 restera néanmoins com- me l’ annus hor- ribilis des patrons du Doubs. J.-F.H.

- 30% cette année.

Étienne Boyer, président de l’U.I.M.M. du Doubs, présente la nouvelle campagne de promotion.

L es Français bouderaient-ils à ce point leur industrie ? Oui, si l’on en croit l’U.I.M.M. (union des industries et des métiers de la métal- lurgie) qui vient de lancer une vaste campagne de communication à tra- vers tout le territoire national. Sur

les parents peinent à conseiller leurs enfants de s’orienter vers des filières techniques qui pourtant peuvent leur ouvrir des perspectives dans de mul- tiples métiers et dans des domaines d’activité très différents. Le pari de cet- te campagne est de présenter une ima- ge de l’industrie qui corresponde à la réalité. “Nous aurons gagné quand des mères accepteront que leurs enfants aillent dans une filière S.T.I. plutôt qu’enL ou enS” explique Étienne Boyer, président de l’U.I.M.M. du Doubs. Dans un premier temps, l’union des industries et des métiers de la métal- lurgie communique auprès du grand public. À l’avenir, cet organisme pro- fessionnel n’exclut pas également de changer de nom. T.C.

dans lequel le regard d’un jeune gar- çon s’émerveille devant l’éolienne miniature qu’il vient de fabriquer. Selon l’U.I.M.M., nous aurions une image écornée de l’industrie et en par- ticulier les nouvelles générations. L’industrie a une image digne “des films de Charlot” et ce, malgré la perfor- mance des entreprises de pointe. L’imaginaire collectif serait resté blo- qué sur l’usine duXIX ème siècle, au point d’anéantir “les pensées et les envies” d’aller vers les métiers de l’industrie. Le constat est un tantinet exagéré. Aujourd’hui, ce sont sans doute moins les conditions de travail que la sécuri- té de l’emploi qui va pousser un jeune à préférer la fonction publique à l’industrie automobile. Pourtant, ce qui est certain, c’est que

trois ans, à raison de deux campagnes par an, cet organisme pro- fessionnel va investir 18 millions d’euros (6 millions d’euros par an) dans de la publi- cité autour du slogan “On se réalise en réa- lisant”. Un spot publi- citaire est déjà diffu- sé à la télévision depuis le 29 novembre

Digne des films de Charlot.

Le secteur du bâtiment “n’a plus qu’un ou deux mois d’avance dans les commandes” dit Alain Boissière, responsable de la fédération du bâtiment.

Made with FlippingBook Learn more on our blog