La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025

22 Frasne - Levier

La Presse Pontissalienne - Octobre 2025

LA RIVIÈRE-DRUGEON Une vigie nature 35 ans au service de la biodiversité

Week-end Nature du 10 au 12 octobre Pour ses 35 ans, l’A.P.V.D. organise un week-end nature festif avec des expositions, contes, conférences, pro jections de films, sorties nature, plantes médicinales et présence d’associations de protection de la nature. Cette manifestation se tiendra du 10 au 12 octobre à la maison du temps Libre à La Rivière-Drugeon.

Fondée en 1990 pour s’opposer à la création d’une gravière à Sainte-Colombe, L’association de protection du Val du Drugeon (A.P.V.D.) n’a eu de cesse d’agir, de se mobiliser pour défendre les richesses naturelles de l’ensemble de la Vallée du Drugeon. Un rôle de protection et d’expertise environnementale.

B ien connue de tous les spécia listes des zones humides, la val lée du Drugeon abrite une bio diversité exceptionnelle qui a déjà fait l’objet de pas mal de dégrada tions comme ce fut le cas dans les années soixante-dix à l’époque où l’on a jugé bon de rectifier le cours du cours d’eau pour gagner de l’espace agricole. Aussi, quand un projet de creusement d’une gravière du côté de Sainte-Colombe est annoncé, les protecteurs de la nature

ne tardent pas à réagir. Ils créent en septembre 1990 l’association intercom munale de la Vallée du Drugeon. “Cette association a organisé auprès des habi tants de Sainte-Colombe un référendum pour ou contre cet aménagement. Face à une opposition massive, la commune a finalement abandonné.” Une première victoire pour ce groupe opérationnel sur tout le bassin-versant de la vallée du Drugeon, soit un ensem ble de 25 communes. “En 1991, suite à l’impact des pluies acides, on s’est inté ressé à la pollution de l’eau. L’association a été mandatée pour inventorier les décharges sauvages. Ce travail a été effectué dans des correspondants dans chaque commune. La démarche a abouti à l’interdiction des décharges sauvages par arrêté préfectoral et la création du réseau de déchetteries”, se souvient Dominique Salvi, l’un des piliers de l’A.P.V.D. L’association a également commencé à s’impliquer dans des inventaires bota niques et ornithologiques qui seront à l’origine des mesures de protection tou

L’association organise des chantiers d’arrachage d’espèces invasives (photo A.P.V.D.).

jours en vigueur dans la vallée du Dru geon : Nature 2000, programme Life… “On a été sollicité pour piloter les actions de reméandrement du Drugeon. Ce type de chantier était hors de nos compétences et le dossier a été repris par le Syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut Doubs qui deviendra plus tard l’E.P.A.G.E. On est quand même resté membre du comité de pilotage” , poursuit un autre membre en rappelant que l’A.P.V.D. a toujours refusé de toucher la moindre subvention pour garder sa liberté. Pas de compromission quand il s’agit de protéger la vallée du Drugeon. Dans les années quatre-vingt-dix, autre champ de bataille autour du dossier très délicat de la bromadiolone utilisée massivement contre les campagnols. Trois présidents vont se succéder

jusqu’en 2011 : Jean-Marie Griffond Boitier, Gérard Simplot et Dominique Salvi. Les activités de l’association seront mises en sommeil de 2007 à 2011. Tout va changer lors de l’A.G. organisée à Sainte-Colombe en juin 2011 avec la mise en place d’un nouveau bureau pré sidé par Dominique Michelat. Une page se tourne alors dans l’histoire de l’A.P.V.D. L’arrivée de spécialistes scien tifiques permet de développer des actions de suivi et d’expertise : comptages d’oi seaux, de batraciens. “Des chantiers ont été entrepris pour favoriser la nidification de différentes espèces. On peut saluer la bonne collaboration de la scierie située dans la plaine d’Houtaud qui avait accepté de préserver un espace dédié aux limicoles. On a aussi été sollicité pour préserver des zones de reproduction

sensibles comme celle des crapauds cala mites du secteur des Gravilliers. Ces batraciens ont été transférés ailleurs pour permettre la création de la zone d’activité.” Aujourd’hui, l’A.P.V.D. intervient pour contenir les plantes invasives en orga nisant des chantiers d’arrachage d’es pèces comme la solidage du Canada, la grande solidage, la renouée du Japon ou la balsamine de l’Himalaya… “La L.P.O. nous a aussi demandé d’effectuer des comptages de nids d’hirondelles. On a aussi identifié les oiseaux menacés par le projet de parc éolien à Chaffois.” Depuis sa création, l’association qui compte actuellement 65 membres, pro pose des actions de sensibilisation, des conférences, des sorties terrain. n F.C.

L’association constate une chute vertigineuse des effectifs de grenouilles vertes, tritons et salamandres au fil des comptages de batraciens (photo A.P.V.D.).

VILLENEUVE D’AMONT

1,750 million d’euros

L’heure de la rentrée au pôle enfance jeunesse inclusif de la Joux

Ce projet a mobilisé le soutien et l’investisse ment de nombreux partenaires.

C’est l’un des tout premiers pôles inclusifs de France qui a été inauguré le 13 septembre au château de Villeneuve-d’Amont. Quand la différence devient ordinaire.

périscolaire situé à la salle des fêtes de Villeneuve-d’Amont. Le regroupement de toutes les classes et du périscolaire au châ teau signifiait aussi la fermeture des écoles à Arc-sous-Montenot et Villers-sous-Chalamont. Un crève-cœur. “Fermer une école, ce n’est pas rien mais en faisant ça, vous avez fait quelque chose de beaucoup plus grand” , explique Nicolas Onimus à l’at tention des élus des villages concernés. Le sous-préfet précise également que le pôle enfance jeunesse inclusif de la Joux était devenu le projet d’école priori taire parmi les 17 dossiers accompagnés par l’État dans le Doubs. Les trois communes du R.P.I. ont participé à l’aménagement du périscolaire toujours géré par Familles Rurales. La com’com Altitude 800-Val d’Usiers s’est occupée de la par tie scolaire. “Ce chantier a réservé quelques surprises avec des infil trations imprévues, des reports de travaux liés à la présence de nids d’hirondelle, mais

À croire que les villages de Villeneuve-d’Amont, d’Arc-sous-Montenot et de Villers-sous-Chala mont s’étaient donné rendez vous dans la cour du château pour célébrer l’ouverture de ce nouvel ensemble inclusif qui associe une école et un périsco laire. La foule des grands jours a assisté en toute bienveillance aux nombreux discours des nom breux partenaires engagés dans ce projet aussi symbolique qu’exemplaire. Pourquoi une école inclusive à Villeneuve ? “C’est une évidence depuis toujours cette cohabita tion” , indique Claude Courvoi sier, le président de la com’com Altitude 800-Val d’Usiers, en référence aux deux établisse ments dédiés aux personnes en situation de handicap situés à

Villeneuve-d’Amont. À savoir l’Institut Médico-Éducatif l’Éveil qui rassemble une soixantaine d’enfants, et la Maison d’Accueil Spécialisée Le Château, réservée à un public adulte, et qui a été transféré à Pontarlier dans les locaux du pôle psychiatrie du Grandvallier. Ce déménagement marque aussi l’origine du pôle enfance jeu nesse inclusif de la Joux. “Après ce départ à Pontarlier, on tenait à valoriser le château en mettant ce bâtiment à disposition” , indique William Lavrut de l’as sociation d’hygiène sociale de Franche-Comté, propriétaire des lieux. Une belle opportunité à saisir pour le R.P.I. de la Joux jusqu’alors réparti sur les trois communes de Villeneuve d’Amont, Arc-sous-Montenot et Villers-sous-Chalamont avec un

enfants avec des repas livrés par la Cuisine d’Uzel. n F.C. - Remboursement par les communes : 140 000 € - Emprunts : 557295€ Total : 1 750 277 € Le plan de financement du pôle l Subventions : - État : 301288€ - Région : 184453€ - Département : 350 000 € - Syded : 57240€ - C.A.F. : 140000€ l Autres financements : - Certificats d’Économie d’Énergie : 20000euros

aujourd’hui l’école est termi née” , se réjouit Jean-Louis Marion, vice-pré sident de la com’com en charge des bâti ments. Une satis faction également partagée par Marie-Claire

proches de la qualité B.B.C. Le coût du projet s’élève à 1,750 mil lion d’euros T.T.C. avec un niveau de subvention global de 70 % et un reste à charge de 557 000 euros empruntés par la com’com. La rentrée dans la nouvelle école inclusive s’est déroulée comme partout ailleurs le 1 er septembre. “On a trois classes ordinaires regroupées par niveau : mater nelle, CP-CE1-CE2 et CM1-CM2. La classe I.M.E. compte 10 enfants de 4 à 10 ans. Les quatre classes vont travailler sur des projets communs comme le cross ou le jardin.” L’effectif scolaire varie entre 47 et 50 élèves, soit une moyenne de 16 enfants par classe contre 27 enfants par classe au niveau départemental. Le périscolaire accueille 25

Un des tout premiers pôles inclusifs de France.

Monnin, maire de Villeneuve d’Amont. “Ce périscolaire est un lieu où les enfants jouent ensem ble et apprennent à se connaître. Ce projet fait sens, améliore la vie des familles et incarne les valeurs de l’inclusion” , apprécie l’élue la voix chargée d’émotion. Entièrement rénovés, les locaux alimentés par une chaufferie bois offrent des caractéristiques

Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online