La Presse Pontissalienne 293 - Juin 2024

34 La page du frontalier

La Presse Pontissalienne n°293 - Juin 2024

INFRASTRUCTURES Colère des élus français et suisses À quand un doublement des files de circulation au poste-frontière de la Ferrière ? Avec le franchissement de Pontarlier, le passage de la frontière à Vallorbe représente sans doute le plus gros point Le syndic de Ballaigues “Du côté suisse, tout est fait”

Les Suisses seraient prêts à financer à hauteur de 50 % mais côté français, rien n’est prévu. On a rencontré le direc teur régional des douanes qui nous a expliqué qu’il disposait seulement d’un budget d’1 million d’euros pour refaire le bâtiment de la douane française.” Le maire de Jougne et Michel Rivière ancien élu, président de l’Amicale des frontaliers ont lancé en janvier dernier une pétition en ligne. Intitulée “Pour l’aménagement du poste de douane de Jougne-Vallorbe”, ladite pétition a recueilli 600 pétitions fin mai. “Certains jours, les travailleurs frontaliers passent 1 heure à 1 h 30 au passage de douane. Le bouchon remonte parfois jusqu’à Lignerolles. Le même scénario se repro duit ensuite entre la Cluse et Pontarlier” , explique Michel Rivière qui se souvient avoir été pris dans un ralentissement

de circulation pratiquement à hauteur des radars fixes situés à l’entrée de la combe. Soit à une bonne dizaine de kilomètres de l’entrée de Pontarlier. “On en subit les conséquences à Jougne en voyant les frontaliers énervés qui préfèrent descendre par la vallée et le stade pour rejoindre la R.N. 57 un peu avant la douane. Cela génère un trafic inadapté et très dangereux sur ces petites routes. Je réprouve forcément ces com portements tout en comprenant cet aga cement” , poursuit Michel Morel. Pour les élus des communes riveraines du passage de frontière, le goulot d’étranglement est avant tout concentré au passage de la douane française. “Côté suisse, il y a deux files de circu lation en entrée et en sortie. L’une est réservée aux frontaliers, l’autre pour le trafic normal. En arrivant au poste de la Ferrière, on se retrouve avec un seul sens de circulation, montant et descen dant. C’est là où le bât blesse” ,dénonce Michel Morel. Pour lui et son ancien conseiller, la situation pourrait gran dement gagner en fluidité, au moins dans le sens descendant, en démolissant les constructions adossées à la mon tagne pour réaliser une deuxième file de circulation. “C’est plus compliqué dans l’autre sens, en rentrant en France, car l’espace nécessaire à une deuxième voie est bloqué par l’emprise du bâtiment de la douane. Même si, on pourrait très bien imaginer de le démolir pour refaire des locaux plus modernes en les décalant pour ne plus obstruer le passage. Ce n’est pas un investissement perdu car on sait pertinemment qu’il y aura tou jours une douane à cet endroit. Je vois mal la Suisse rentrer dans l’Union

noir du trafic routier sur l’ensemble du Haut-Doubs. Pour les élus locaux et le maire de Jougne en particulier, la situation pourrait être grandement fluidifiée en aménageant deux sens de circulation au poste de douane de la Ferrière. Sans forcément dépenser des millions.

Européenne.” Les deux Michel ont déjà alerté, vai nement, toutes les autorités compé tentes. Ils ont prévu de solliciter le sénateur Longeot qui préside la com mission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Ils n’écar tent pas non plus l’idée de bloquer la douane fin juin ou début juillet. n F.C. Sans renier l’intérêt d’une économie frontalière profitable aux deux pays, l’élu suisse déplore néanmoins l’indi vidualisme des travailleurs frontaliers dans leurs modes de déplacement en constatant l’échec de toutes les ten tatives de solutions alternatives : train, bus, covoiturage. “Pour éviter une partie du bouchon sur l’autoroute, certains prennent la sortie Russille-Les Clées, traversent Ballaigues pour réintégrer ensuite le bouchon. Cela génère bien sûr une surcharge du trafic à l’intérieur de Ballaigues dont on se serait bien passé.” n Trois routes, dont une autoroute, abou tissent au poste de douane de Vallorbe pour rejoindre la R.N. 57. “Entre 16 h 30 et 17 h 30, il y a forcément des bou chons. Si le passage de douane était plus fluide, cela irait mieux, c’est sûr. Du côté suisse, tout a été fait” , estime Thomas Maillefer, le syndic de Bal laigues.

L’ historique de cette plateforme douanière, Michel Morel pour rait en parler des heures tant ce dossier est riche d’anecdotes croustillantes, et révélateur des diffé rences entre la France et la Suisse quand il s’agit de mettre à niveau les infrastructures. “La plateforme telle qu’on la voit aujourd’hui a été aménagée en 1985. Elle a été entièrement financée

par les Suisses qui avaient dépensé 7 millions de francs suisses dans cette opération. Ils avaient utilisé 40 000 m 3 de remblai issu de l’aménagement de la route de Ballaigues pour réaliser cette plateforme dont les deux tiers sont, n’oublions pas, sur le territoire français. Cette plateforme aurait grand besoin d’être réhabilitée. Un projet est à l’étude pour une somme de 5 millions d’euros.

“On pourrait déjà démolir les garages sans grande utilité pour aménager une seconde file descendante au postede douane fran çais”, suggère Michel Morel, le mairede Jougne.

La pétition “Pour l'aménagement du poste de douane de Jougne-Vallorbe” : https://www.change.org/p/pour-l-amenagement-du-poste-de-douane-de-jougne-vallorbe

CHAPELLE-DES-BOIS Un départ de Suisse Dans les pas de Victoria Cordier La 16 ème Randonnée des passeurs

devant la stèle rendant hom mage à Victoria Cordier. Cette jeune habitante originaire de Chapelle-des-Bois a fait passer des dizaines de familles juives en Suisse. À partir de là, les deux itinéraires se séparent. Le circuit bleu part à droite vers le belvé dère de la Roche Champion offrant une vue imprenable sur le village de Chapelle-des-Bois et les environs. Le parcours rouge file à gauche jusqu’à la Roche Bernard qui domine avantageu sement les lacs des Mortes et de Bellefontaine. Les deux cir cuits se rejoignent au centre du village pour un final commun. Le parcours vert de 9 km s’ef fectue en boucle depuis la ferme de Nondance. Il emprunte notamment le sentier retraçant le combat de la Combe des Cives qui a eu lieu le 30 août 1944.

dimanche de juin, elle suit les sentiers empruntés par les jeunes résistants sous l’Occu pation. “D’une année sur l’autre, on enregistre environ 400 par ticipants. Pour cette 16 ème édition, on a décidé de retourner chez nos amis suisses. Les randon neurs seront d’abord accueillis à la ferme de Nondance. Ceux qui feront les circuits bleu et rouge sur 16 et 17 km, seront transportés en bus jusqu’aux Grandes Roches dans la vallée de Joux. Un accueil est aussi prévu à cet endroit pour ceux qui viennent de Suisse et seront rapa triés en bus au terme de la ran donnée” , explique Alain Nicod, le président de l’association “Le mur aux fleurs de Lys”. Les deux parcours rouge et bleu sont communs sur la partie suisse. Ils passent les deux

aura lieu le 30 juin. Une édition qui s’élancera depuis le Mas des Grandes Roches au Brassus pour rallier Chapelle-des-Bois après avoir traversé le Risoux en suivant les sentiers empruntés par les passeurs de la Résistance.

C’ est un rendez-vous avec l’Histoire qui est proposé chaque année par l’association “Le mur aux fleurs de Lys” baptisée ainsi en référence à l’emblème du roi de France dont sont frap pées de nombreuses bornes fron tières entre la France et la Suisse. Cette randonnée rend en effet hommage aux passeurs qui ont risqué leur vie entre 1941 et 1945 pour acheminer des ren seignements, des prisonniers et

de nombreuses familles juives de France en Suisse, seule alter native pour échapper à l’occu pant allemand. Un projet né d’une rencontre en 2006 entre Alain Nicod alors aubergiste à Chaux-Neuve qui invitait Bernard Bouveret ancien passeur à venir raconter son aventure aux pensionnaires de l’auberge. Le récit de ses souve nirs est à l’origine de la Ran donnée des passeurs. Organisée chaque dernier

Au fil des randonnées, on découvre de superbes bâtisses comme la ferme de la Cernée (photo G. Gresset).

Les randonneurs pourront aussi admirer la superbe ferme de l’écomusée de la maison Michaud, une merveille d’adap tation au rude climat local. Tous les circuits de la randonnée des Passeurs aboutissent à la ferme de Nondance qui sert aussi d’es pace de restauration. Sur place,

une exposition, des films, des livres permettent d’en savoir davantage sur les passeurs du Risoux dont le dernier repré sentant, Bernard Bouveret est décédé en 2020 à l’âge de 96 ans. Non sans avoir multiplié les rencontres avec les collégiens et lycéens du Haut-Doubs. n

Informations : https://www.randodespasseurs.com

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