La Presse Pontissalienne 293 - Juin 2024

32 Économie

La Presse Pontissalienne n°293 - Juin 2024

POLITIQUE

Chambre de Commerce et d’Industrie En finir avec l’excès de lois et de normes ! Gérard Larcher est venu à

l’écoute des préoccupations des élus et des entrepreneurs du Doubs. Il était invité début mai par la C.C.I. Saône-Doubs à Besançon pour échanger

C’ est à l’initiative d’un entre preneur originaire de Pontar lier, Thierry Pétament, vice président de la Chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs dans le cadre de son implication au sein de l’institut du Sénat, que le président de la chambre haute Gérard Larcher est venu discuter une après-midi avec des

élus et entrepreneurs locaux. Cédric Bôle, maire de Morteau et Annie Gene vard, députée du Haut-Doubs étaient notamment présents. Gérard Larcher est venu s’immerger dans ce département du Doubs fortement industriel (41 % de l’activité), riche de 29 000 entreprises et de 109 000 salariés. Il s’est notamment fait le chantre d’une indispensable simplification des normes : “Il faut qu’on en finisse avec cette forme de culture à la Gargantua en France, qui consiste à créer et à empiler les normes indigestes” estime le président du Sénat qui cite, parmi les exemples, un Code des collectivités territoriales qui a gonflé de volume de plus de 40 % en dix ans, ou un Code de l’environnement dont l’épaisseur a décuplé en vingt ans. Comme les autres élus présents, le deuxième personnage de l’État en appelle à “un vrai acte III de la décentralisation” ,suivi dans son idée par Christine Bouquin la présidente du Doubs qui regrette que “les Départements n’aient plus guère de pouvoirs de décision et plus aucun levier fiscal pour orienter leur politique.” Le sénateur de la Haute-Saône Alain Joyandet veut aller plus loin, suggérant lui la suppression d’une strate du mil lefeuille administratif. “Les Français savent ce que fait leur maire, ce que fait le président de la République, mais entre

sur les problématiques des élus locaux et du monde économique.

les deux, ils ne comprennent strictement rien aux rôles respectifs des Régions et des Départements. Avec la loi N.O.T.R.E., on a voté un machin qui n’est pas du tout

d’Éric Woerth sur le nouvel acte de décen tralisation. “Il faut remettre la commune au centre des préoccupations de l’État a plaidé de son côté le président des maires du Doubs Patrick Genre. Veut-on que les communes continuent à exister ? On assiste aujourd’hui à une inquiétante reconcentration rampante de la part de l’État.” Un constat que n’a que pu par tager le préfet du Doubs Rémi Bastille qui confirme “recevoir tous les jours des démissions d’élus, conseillers municipaux pour la plupart, y compris des maires. L’embolie législative constitue le principal problème qui entrave nos actions.” Dans le même registre, et cette fois c’est le monde économique qui s’exprimait, la patronne du groupe Guillin (3 000 salariés pour 900 millions d’euros de chiffre d’affaires) en appelait à la fin de

abouti. Il faut qu’on revienne au conseiller territorial dont la créa tion avait d’ailleurs été votée par le Parlement mais que François Hol lande avait ignoré en créant la loi N.O.T.R.E. Il faut impérativement retrouver une clarifi cation des compétences entre les collectivités” plaide l’ancien ministre au moment où les élus locaux attendent les conclusions du rapport

“Mesdames et Messieurs les politiques, laissez-nous entreprendre !”

Cette rencontre a été organisée par Thierry Pétament (à gauche) qui a fait partie du collège des auditeurs du Sénat.

LES PREMIERS-SAPINS Industrie Le voyage d'Odyssées Technologies en Bourse

Odyssées Technologies, entreprise basée aux Premiers-Sapins et spécialisée dans l’usinage et la mécanique de précision pour des industries de pointe, notamment l’aéronautique, va être introduite en Bourse à la rentrée. La levée de fonds espérée de 8 millions d’euros doit permettre d’augmenter la production afin de répondre à la demande croissante.

P eu de personnes le savent, l’en treprise aimant cultiver la dis crétion. Mais c’est au cœur des Premiers-Sapins que s’active Odyssée Technologies, spécialisée dans l’usinage et la mécanique de précision pour des industries de pointe. De ces trois filiales - Gresset & associés aux Premiers-Sapins, Précision Mécanique de Brive (Corrèze) et Société Nouvelle Lafourcade (Hautes-Pÿrénées) - sortent des pièces de haute technicité. Tel un corps hydraulique pour le train d’atter rissage des avions Rafale ou encore des guides d’ondes pour les satellites. Pour faire face à la demande croissante de ses clients, l’entreprise a décidé d’entrer en bourse à la rentrée. L’ambition est de lever 8 millions d’euros, fonds qui devraient servir à augmenter sa produc tion. L’un des axes de développement mise sur la technologie pour augmenter la capacité de production à effectif constant et créer ainsi l’usine du futur. Un moyen de pallier les difficultés de recrutement. Aux Premiers-Sapins, notamment, l’atelier est à la pointe de la technologie avec automation (une pro cédure d’automatisation). Une extension

par un seul fondateur à la fin des années 1960 : Société nouvelle Lafourcade en 2015 et Précision mécanique de Brive en 2020. Pour autant, l’ingénieur de for mation ne perd pas le nord. “Mécanique et précision, ces deux mots nous définis sent, nous restons focalisés sur ces métiers pour les exercer au meilleur niveau pos sible.” Haute technicité, haute valeur ajoutée, haut niveau de compétences, de savoir faire et de rigueur pour les équipes d’Odyssée Technologies… L’entreprise vole avec le plus haut niveau d’exigence. À titre d’exemple, usiner un corps hydrau lique pour le train avant d’un avion Rafale nécessite 40 heures de préparation de la machine avant de commencer toute action sur la pièce qui peut compter jusqu’à 700 cotes différentes. “Ça peut aller jusqu’à 1 000 cotes pour certaines pièces, souligne le fondateur d’Odyssée Technologies. Nous avons des cycles de fabrication très longs jusqu’à un an.” Si Louis Thannberger, banquier d’affaires qui pilote l’introduction en Bourse, qualifie Odyssée Technologies de “petit bijou” qui saura rassurer les investisseurs, Annick Girard, adjointe aux Premiers-Sapins,

du bâtiment est par ailleurs prévue avec un investissement de plus de 700 000 euros dans le budget prévision nel. Si aujourd’hui Odyssée Technologies témoigne d’un portefeuille clients aux noms prestigieux et travaille pour le sec teur de l’aéronautique, de la défense, du spatial, de l’énergie et des machines spé ciales, le voyage d’Odyssée Technologies commence à Nods, en 2012. Christian Mary, ingénieur, se lance à 50 ans dans l’entrepreneuriat et l’industrie. Il quitte ses hautes fonctions au sein du groupe pharmaceutique suisse Novartis et atter rit dans le Haut-Doubs, à Nods. “Jecher chais une société avec des savoir-faire distinctifs, j’ai d’ailleurs audité beaucoup de sociétés en Franche-Comté” , raconte Christian Mary. Il rachète ainsi la société Gresset, créée en 1969 par André Gresset dans son sous-sol avec seulement deux machines. Cette dernière, en bonne santé, travaille principalement pour le groupe Safran, avionneur. Christian Mary s’em ploie alors à diversifier ses clients. Chemin faisant, il rachète deux autres sociétés avec le même profil, ancrées dans un territoire plutôt rural et créées

Christian Mary (àdroite) présente deux pièces usinées par Odyssée Technologies, et notamment unguide d’ondes pour satellite, dans les mains de son bras droit Pierre Paget.

peut mesurer quant à elle toute la richesse qu’apporte l’entreprise à la com mune. “Elle contribue à rendre notre ter ritoire attractif, nous avons une popu lation stable et posée, ce qui amène la création de services à la population”, se félicite l’élue.

Dans le Doubs, Odyssées Technologies est la3 ème entreprise à entrer en Bourse, après Guillin à Ornans et Delfingen à Anteuil. Il est à espérer que son voyage sur les rivages de la Bourse soit moins mouvementé que celui d’Ulysse… n L.P.

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