La Presse Pontissalienne 293 - Juin 2024
26 Mouthe - Région des lacs
La Presse Pontissalienne n°293 - Juin 2024
MALBUISSON
Le souci de l’encadrement L’aviron pontissalien engagé dans une nouvelle dynamique d’accueil
La mise en place d’un nouveau comité commence à porter ses fruits au sein d’un club soucieux de se donner les moyens matériels et humains d’accueillir de nouveaux pratiquants vers une discipline qui ne manque pas d’attrait.
À force de passer devant le lac Saint-Point, on finit par oublier l’attrait exceptionnel de ce site. Le plan d’eau s’inscrit dans un cadre paysager de toute beauté, au long d’un val composé de forêts, pâturages et villages plutôt bien conservés, loin d’une urbanisation résidentielle ou tou ristique galopante. “On a la chance d’avoir à notre disposition un plan d’eau remarquable pour la pratique de l’aviron. Il est suffisamment grand pour ne pas s’y sentir à l’étroit ou s’y ennuyer. On n’a pas à subir les contraintes de la naviga tion des bateaux à moteur thermique : bruits, risques de collisions. On doit juste composer avec les pêcheurs, les nageurs, les bateaux à voile, les paddles. Cela se passe plutôt bien” , explique Michel Guy, l’un des dirigeants de l’Aviron Pontis salien. Les atouts du lac Saint-Point sont connus depuis fort longtemps par de nombreux grands clubs français mais surtout suisses avec qui l’Aviron Pontissalien
entretient une longue tradition d’échanges. “Ces clubs qui s’entraînent en rivières ou dans les grands lacs suisses adorent venir au lac Saint-Point. Ils apprécient ce bassin très convivial” ,pour suit Michel Guy en rappelant qu’autrefois l’équipe de France venait parfois faire
pose aussi de gérer différemment la sécu rité car le contexte n’est pas le même qu’en été quand les bases nautiques sont ouvertes. Cette mise à niveau sécuritaire impose au club d’investir dans la for mation de ses licenciés pour pouvoir ouvrir davantage la base en restant conforme avec la législation. Nous pra tiquons un aviron de loisir qui nécessite un encadrement de niveau fédéral avec des initiateurs et des éducateurs. On n’a pas besoin d’entraîneurs avec des diplômes d’État” détaille M. Guy. Le club s’est engagé dans cette politique d’encadrement en 2022. Deux membres du club ont alors suivi la formation d’ini tiateur. Cinq autres les ont imités cette année. “L’initiateur peut assumer la fonc tion de responsable d’une base comme la nôtre. Cela nous permet d’ouvrir davan
des longueurs à Saint Point. Ce qui n’est plus le cas depuis que le club France a jeté l’ancre dans une base nationale à Bellecin, au lac de Vouglans. Avec le réchauffement climatique, l’Aviron Pon tissalien qui avait l’ha bitude de faire la trêve hivernale adapte peu à peu son mode opéra toire. “On fait parfois des sorties au début du printemps, ce qui n’était pas envisageable il y a 30 ou 40 ans. Cela sup
“Socialement, c’est très riche.”
Pratiquer l'aviron, c’est aussi apprendre àœuvrer ensemble
en naviguer ou en manipulant les bateaux.
MOUTHE
Livre
La vie au bout des mots et au fil des pages À 43 ans, Camille Pacelli a sorti son premier livre, Vy, Black Out (éditions Vérone). Ce roman de science-fiction entraîne le lecteur dans un monde où l’humanité disparaît, et la nature reprend ses droits. Rythmé et captivant, le récit s’inspire de la vie de l’auteure et de ses convictions.
Vy, Black Out est le premier roman édité deCamille Pacelli. Elle travaille déjà à l’écriture dedeux autres livres.
L es phrases sont courtes, incisives. Percutantes. Tout au long du roman, la mise en page fait écho à celle de poèmes. Comme un clin d’œil aux premiers écrits de l’auteure Camille Pacelli, alors adolescente tor turée. “Le capharnaüm de la civilisation a vite été un lointain souvenir, dérangeant le silence. / Seule. / En une seconde, tout s’est arrêté. / Seule.” Usant à l’envi de métaphores et d’ana phores, Camille Pacelli réussit en moins de 300 pages à emmener le lecteur dans son monde, post-apocalyptique pour l’hu manité certes, mais une renaissance pour la nature. Le tout sans dialogue. “C’est le silence qui parle, explique la Meuthiarde. Le silence parce que l’hu manité disparaît. Ce n’est pas parce que le monde est silencieux qu’il ne dit pas plein de choses.” Pour autant, le livre ne contient pas de banales et plates des criptions. Bien au contraire, il suit à un rythme presque effréné les aventures en 2180 de Miranda, adolescente et seule survivante d’une bactérie tueuse de l’hu
manité engendrant un black-out total. La jeune fille aura pour compagnon un chat et un loup. Et la nature. Si les dialogues sont absents, les pensées et le ressenti des personnages s’expri ment clairement. Les émotions, à fleur de mots, imprègnent le récit, contribuant à donner corps aux personnages à qui l’on s’attache. “L’écriture a toujours été pour moi une façon de verbaliser mes ressentis, d’évacuer, d’avancer, de com prendre. C’est ma psychothérapie à moi” , raconte Camille qui a mis beaucoup
“Le premier chapitre est très moralisateur sur l’irrespect de la planète et de toute vie. Si on continue comme ça, la course au profit, on va droit dans le mur. L’être humain ne sait pas se contenter de ce qu’il a. Je prends parti contre la surcon sommation. On s’est beaucoup perdu en route, et je pense que c’est trop tard. J’ai été bénévole dans des associations ani malières, j’ai vu les horreurs faites aux animaux. Aux enfants aussi” , glisse-t elle sobrement. Malgré ces sujets lourds, anxiogènes, l’auteure parvient à emmener le lecteur dans un voyage fictionnel bien ficelé, captivant. Et au bout du compte, pas si sombre que cela. Puisque la fin laisse entrer un brin de lumière où l’humanité pure ressurgit. “C’est vraiment une décla ration d’amour à la vie, celle qu’on a
oubliée depuis longtemps” , résume Camille. En refermant le livre, le lecteur reste sur sa faim, impatient de découvrir la suite des aventures. Celle qui ne se consi dère pas encore comme une auteure car elle “n’a écrit qu’un seul livre” déborde pourtant d’idées. Camille s’est déjà atte lée à l’écriture de la suite. Car dans ce premier roman se dessine clairement une trame romanesque qui pourrait prendre corps à l’avenir dans une saga. On l’espère en tout cas. n L.P.. Vy, Black Out aux éditions Vérone, collection Imagination. Livre disponible sur les plateformes numériques d’achat.
la jeune femme. Le personnage de Miranda est clairement à l’image de sa fille aînée - ce sont d’ailleurs ses dessins qui illustrent la couverture du livre -, une guerrière qui a dû affronter la mala die. Tout comme Camille, qui a été contrainte de mettre en suspens son roman le temps de se remettre. “Ce livre m’a fait mûrir, je suis allée au bout du processus, j’ai le droit de dire que je ne suis pas d’accord, de m’affirmer. Et si onme dit “j’ai lu ton livre et je vois la vie différemment” , j’aurai atteint mon objectif.” Camille Pacelli a choisi le genre de la science-fiction pour s’affranchir des règles du réalisme et offrir plus de liber tés à son imagination. Pour autant, la réalité du monde d’aujourd’hui et des actions des humains nourrit chaque mot.
d’elle-même, de sa vie dans le roman. D’ailleurs, le choix du titre n’a rien d’un hasard. Vy, comme le variant Y qui soigne son personnage, homophone de vie. “Mon inspiration, c’est ma vie, les difficultés auxquelles ma famille et moi, on a dû faire face. À 43 ans, j’ai appris à relativiser certaines choses et à faire passer par l’écrit ce que je veux dire” ,poursuit
Une déclaration
d’amour à la vie.
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