La Presse Pontissalienne 219 - Janvier 2018

VALDAHON - VERCEL

La Presse Pontissalienne n° 219 - Janvier 2018

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VALDAHON Une pièce de théâtre jouée par les salariés Les salariés de S.I.S. vident leur sac sur scène L’entreprise spécialisée dans la maroquinerie de luxe monte une pièce de théâtre avec ses salariés. Une façon inédite de renforcer son image d’entreprise où il fait bon travailler. Représentation unique le 17 janvier.

L’ histoire commence le 23 novembre 1998, le jour où l’entreprise S.I.S. renaît de ses cendres après un dépôt de bilan. 63 salariés composaient alors l’effectif de la société. Ils sont 900 aujourd’hui et “nous serons 1 000 au cours de cette année” note Christian Parrenin, le pré-

sident de cette entreprise du Haut-Doubs à la destinée peu commune. C’est cette success- story , à travers de petites say- nètes où on manie l’humour et les expériences en atelier, que le metteur en scène Jean Pétre- ment a tenté de reconstituer dans cette pièce intitulée “L’en- treprise vide son sac”, allusion

toute trouvée à l’activité de S.I.S., la maroquinerie de luxe. Depuis plusieurs mois, 19 de ces salariés, tous volontaires, répè- tent inlassablement la pièce. La plupart d’entre eux n’avaient jamais mis les pieds sur les planches, ils ont tous appris “sur le tas”. “Ce projet fait partie inté- grante de notre grand projet d’améliorer le bien-être et la res- ponsabilisation des salariés au travail. L’histoire commence il y a près de vingt ans, et la fin reste à écrire” note Jean-Pierre Tolo, fondateur de S.I.S., au moment où il vient de céder la direction générale de l’entre- prise à Jean-Yves Chauvy. L’aventure a commencé par des cours de théâtre dispensés à ces 19 comédiens amateurs pen- dant quatre mois. Elle s’est pour- suivie avec un petit voyage à Avignon en juillet dernier où les comédiens ont pu découvrir plu- sieurs créations théâtrales. Puis est venu le temps des répéti- tions, en dehors des heures de travail et le week-end. “On a même créé un petit théâtre de campagne de 300 m 2 dans un des ateliers de notre site d’Avou- drey, qu’on a libéré pour l’occa-

La pièce sera jouée pour une représentation unique le 17 janvier au Grand Kursaal de Besançon.

sion” poursuit Jean-Pierre Tolo qui joue son propre rôle dans la pièce. “Trois histoires se croisent

point que l’expérience pourrait susciter quelques vocations. “Je vois désormais le théâtre autre- ment. Compte tenu de tout ce qu’on a fait, ça m’a ouvert les yeux sur l’importance du théâtre” note cette salariée. “J’ai appris à me poser, à m’exprimer autre- ment, à dire les choses impor- tantes et à passer sur les choses moins importantes” ajoute cet- te autre employée. “Quand je vois certains feuilletons à la télé désormais, je me dis que certains acteurs sont vraiment mauvais” enchaîne une troisième. “Il ne faudra pas que cette aventure s’arrête au 17 janvier. Je n’en- visage pas qu’on s’arrête là” lan-

ce une des salariées-comé- diennes. Pour Corinne, Gwen- doline, Monique, Nora, Céline, Stéphane, Sandrine, Nadège, Marie-Jeanne, Rachel, Bertrand, Christophe, Lætitia et les autres, cette aventure du théâtre leur a sans doute ouvert d’horizons insoupçonnés. Pour certains, cet- te expérience s’apparente à une révélation. Les mille places du Grand Kur- saal de Besançon devraient être remplies pour cette unique repré- sentation du 17 janvier. Quand les salariés monteront sur les planches, c’est toute une entre- prise qui retiendra son souffle. n J.-F.H.

dans cette pièce : l’histoire réelle de l’entreprise, celle d’un sociologue qui prépare unmémoi- re sur le mieux vivre au travail, et enfin celle de l’in- tégration de quatre stagiaires au sein de l’entreprise” dévoile Jean Pétrement. Tout le monde s’est rapidement pris au jeu, à tel

Ils ont tous appris “sur le tas”.

De gauche à droite, Jean-Pierre Tolo, fondateur de S.I.S., Jean Pétrement le metteur en scène, Jean-Yves Chauvy,

le nouveau directeur général de S.I.S. et Christian Parrenin son président.

Casse-cailloux L’association “Murs et EN BREF

PREMIERS SAPINS Patrimoine Au chevet des retables de l’église

murgers” a décidé d’engager une action de recensement des lieux d’utilisation du “casse-cailloux” dans le Haut- Doubs. Une carte est en cours d’élaboration, elle permettra de mieux connaître l’ampleur du phénomène. Pour signaler des zones concernées, utilisez leur adresse mail (mursetmurgers@gmail.com) ou appelez le 07 86 96 88 11. Abeilles À découvrir jusqu’au 9 février, à la Maison de la réserve de Labergement- Sainte-Marie, l’exposition “Bzzzzz ! Les abeilles sauvages”. L’abeille domestique est connue de tous car domestiquée pour la production de miel. Plus discrètes mais beaucoup plus nombreuses (1 000 espèces), les abeilles sauvages sont la plupart du temps solitaires et ne produisent pas de miel exploitable par l’homme. Rens. 03 81 69 35 99. Livre Médecin dermatologue au C.H.R.U. de Besançon, le professeur Philippe Humbert publie aux éditions Fayard le livre intitulé “Avez-vous un bon médecin ?” Celui que certains surnomment le Docteur House français publie 40 histoires extraordinaires “pour ne plus passer à côté du bon diagnostic.”

La commune nouvelle des Premiers Sapins lance la restauration des retables classés de l’église de Nods-Chasnans. Trois ans de chantier et de nouvelles perspectives pour le lieu cultuel.

Pierre- François Bernard, Véronique Mercier et Jean-Paul Lanchy

D ans l’imposante église de Nods historiquement partagée avec le villa- ge de Chasnans, le retable du maître-autel classé au titre des objets monuments historiques depuis octobre 1998 impose par sa taille. Sous la lumière des vitraux, les deux retables latéraux, l’un en l’hon- neur de la Vierge, l’autre du Rosaire, brillent de loin sous des couleurs marron et doré. Mais de près, on voit que la surface des mobiliers a souf- fert. Les bois ont perdu de leur superbe et surtout, ils ont été repeints à plusieurs reprises durant le XIX ème et XX ème siècle. Le 9 janvier, une réunion de chantier a lancé officiellement la réfection de ce patrimoine en présence de l’architecte et de la commune des “Premiers sapins”. Les retables de l’égli- se Saint-Pierre et Saint-Paul retrouveront une couleur de type marbre ancien. La commune, née de la fusion

d’Athose, Chasnans, Haute- pierre-le-Châtelet, Nods, Ran- techaux et Vanclans (et de l’an- cienne communauté de communes) a validé en conseil municipal du 12 octobre der- nier ce chantier. Il durera trois ans. “C’est un projet qui était porté par l’ancienne munici- palité. Des études avaient été réalisées en 2012 mais lamuni- cipalité n’avait pas eu le temps de mener le projet à son terme”

(de gauche à droite) dans l’église de Nods- Chasnans aux trois retables classés.

rapporte Véro- nique Mercier, maire déléguée de Chasnans. Désormais, ce sont les 6 communes réunies au sein de la commune nou- velle qui portent la réfection. “Nous avons le souhait d’englober cette res- tauration dans une réflexion à plus long terme visant à valoriser le patri-

La poursuite de la réflexion menée à Chasnans.

ventions, se réjouit la commu- ne nouvelle. Le coût total des travaux est de 650 000 euros, dont 130 000 à notre charge, soit moins de 10 % de la capa- cité d’investissement de la com- mune. Ce n’est donc pas parce que l’on réhabilite les retables que l’on ne pourra pas refaire une route.”

En lien avec la Fondation du patrimoine, un mécénat est envisagé. Une fois rénové, l’in- térieur de l’église pourrait être ouvert à des concerts afin “d’en faire un lieu de vie” conclut la municipalité. Les Premiers sapins allient patrimoine et modernité… n E.Ch.

moine de la commune nouvel- le” poursuit Pierre-François Bernard, maire. Les Premiers Sapins ont des atouts à faire valoir avec les ruines du châ- teau de Cicon, la voie celtique, ou encore fontaines et calvaires. Encore faut-il des subsides… “Pour cette restauration, nous bénéficions de 80 % de sub-

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