La Presse Pontissalienne 182 - Décembre 2014

LA PAGE DU FRONTALIER

La Presse Pontissalienne n° 182 - Décembre 2014

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INDUSTRIE

Licenciements Maillefer : accepter les nouveaux horaires ou prendre la porte L’industriel spécialisé dans le dentaire réorganise dès janvier son outil de production à Ballaigues. Il en profite pour revoir les horaires de travail de ses salariés et limiter le nombre de “chefs”. 17 salariés ont d’ores et déjà refusé de travailler de nuit : ils seront licenciés.

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le directeur : “Après une enquê- te, nous sommes dans la moyen- ne salariale même si les salaires ne sont pas ceux pratiqués dans l’horlogerie” admet-il.Dominique Legros annonce “qu’il augmen- tera de 15 % les rémunérations des personnes qui passeront en équipe.” Toujours selon la direc- tion, le passage en horaires déca- lés permettra aux salariés d’éviter les bouchons… “Nous sommes conscients que cela impactera des gens : c’est pourquoi nous réflé- chissons à mettre en service un second bus qui irait jusqu’à Fras- ne” dit Dominique Legros. Les trois nouvelles lignes de pro- duction vont couper certaines têtes : à commencer par celles

des chefs adjoints. “Nous avons trop de chefs et pas assez de sol- dats. Il est ressorti un manque de compétence managériale. On va corriger le tir avec ceux qui restent en leur donnant des moyens de formation” poursuit la direction. D’anciens chefs pas- seront au simple rang d’opérateurs.Pas facile pour l’ego. L’ambiance est lourde dans les locaux de Maillefer surplom- bant l’autoroute menant à Lau- sanne. Le repas de Noël prévu le 12 décembre par la direction s’annonce peu suivi. Mais il y a bien longtemps que les salariés de Maillefer ne croient plus au Père Noël… E.Ch.

Maillefer-Dentsply va ouvrir début 2015 sa nouvelle usine… Un changement qui impactera directement 170 salariés.

B rouillard sur Maillefer- Dentsply. À Ballaigues où l’usine emploie 904 personnes dont deux tiers de frontaliers, c’est la sou- pe à la grimace pour une par- tie des salariés. Ils devront à partir de février prochain pas- ser en horaires d’équipe dans le cadre de l’arrivée de la nou- velle usine dont les travaux seront terminés début 2015. En tout cas pour ceux qui l’acceptent. Les “récalcitrants” seront, eux, licenciés. Rien d’illégal là-dedans, c’est “même tout à fait transparent” se défend Dominique Legros, directeur général de Maillefer-Dentsply qui rappelle que la situation conjoncturelle “est bonne mais qu’il est nécessaire de revoir une organisation qui n’a pas chan- gé depuis 20 ans dans l’usine.” La société leader mondial dans le dentaire - dont l’effectif a crû chaque année - dit être moins compétitive : “Nous avons 700 machines dont la majorité ne travaillent que 8 heures par jour. Cela coûte cher” témoigne le

directeur, un Français. Cette nouvelle structure qui a coûté 35 millions de francs suisses a permis de créer trois lignes de productions (Endo-Chirurgie- Niti) que la direction annonce “flexibles”. Cette “transparen- ce” n’est pas de l’avis des employés, pour la plupart fron- taliers. Dominique (N.D.L.R. : le prénom a été modifié) en fait partie. L’homme, comme 170 autres

donc licencié comme 16 autres personnes qui n’acceptent pas le nouveau plan de la direction, ou pour des raisons personnelles ou familiales. “Normalement, nous devrions toucher les indem- nités chômage sauf ni nous n’acceptions pas leurs condi- tions. On n’en sait pas plus” témoigne un employé, inquiet. “Je suis conscient que cette déci- sion peut interpeller mais nous allons tenter de résoudre des cas particuliers en lien avec la com- mission du personne, argumente le directeur. Ma responsabilité, c’est la pérennité de l’entreprise

et nous prenons une décision que nous n’aurions pas pu prendre en France.” Les salariés frontaliers estiment que ce n’est ni plus ni moins que des licenciements déguisés. “Je touche 3 500 francs suisses par mois en faisant les 2 X 8 (une semaine 5 h 15 à 13 h 15 et une autre 13 h 15 à 21 h 15), dit une personne à la production. Les augmentations ne vont pas aux frontaliers mais aux Suisses. Maillefer est une des sociétés qui paye le moins et qui ne possède pas de convention collective.” Un constat qui n’est pas partagé par

personnes, a été convoqué fin octobre par la direction pour savoir s’il était prêt ou non à tra- vailler à 100 % et de nuit. Actuelle- ment, pour des raisons de santé, il ne peut assurer un emploi en équipe de nuit. Il a donc décliné l’offre. Courant 2015, sans doute à la fin du second semestre, il sera

“Maillefer est une des sociétés qui paye le moins.”

Ce que dit la loi D es adhérents de lʼAmicale des Frontaliers salariés de Maillefer sont venus chercher des informations. “Cet- te procédure se nomme “congés modification” , explique la juriste de lʼAmicale. Cette procédure est tout à fait légale en droit du travail suisse. Lʼemployeur propose une modification sur un élément essentiel du contrat de travail qui le lie avec le sala- rié. Il lʼinforme que sʼil y a refus de sa part concernant cette modi- fication, il entreprendra une procédure de résiliation ordinaire du contrat de travail.” Lʼemployeur doit respecter le délai de congés en fonction de lʼancienneté du salarié : il varie de 1 à 2 mois, voire 3 mois. La résiliation du contrat ne se fait pas systémati- quement au moment du refus de la modification par le salarié : elle peut être différée dans le temps si le salarié en est claire- ment informé.

L’usine s’étend. La nouvelle unité de production fonctionnera au début du premier semestre 2015.

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