La Presse Pontissalienne 181 - Novembre 2014

MONTBENOÎT ET LE SAUGEAIS

La Presse Pontissalienne n° 181 - Novembre 2014

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HAUTERIVE-LA-FRESSE Recherche Des G.P.S. pour comprendre l’activité sismique du Jura

Six stations permanentes mettent le Jura sous couverture G.P.S. pour observer la déformation tectonique de la chaîne. Ce projet est mené par des chercheurs bisontins. Une borne est placée à la Perdrix, sur la commune d’Hauterive-la-Fresse.

rement enregistrés et des failles fracturent la croûte terrestre sur l’ensemble de l’Arc juras- sien. C’est la compression alpi- ne qui a donné au Jura sa for- me de croissant et sa morphologie caractéristique en plis et chevauchements. L’observation G.P.S. en continu permettra de mesurer les moindresmouvements demaniè- re très précise, de l’ordre du mil- limètre, voire du dixième de mil- limètre par an, une échelle apparemment infime mais signi- ficative pour ce type de chaîne tectonique lente. Le Jura rejoin- dra donc les Alpes et le Bassin rhénan dans le réseau R.E.N.A.G. (Réseau national G.P.S. permanent) qui, consti- tué de laboratoires de recherche et d’organismes publics, a pour tâche la mesure et l’exploitation des données G.P.S. en continu. De la qualité de l’antenne dépend bien sûr celle de mesures cap- tées à haute fréquence (30 secondes) pour une réelle obser- vation en continu. Ce projet G.P.S.-Jura est mené avec le concours de la Région Franche-Comté, dont le finan- cement de 84 000 euros sur deux ans a permis l’achat et l’installation des stations mais aussi le financement d’un pos- te d’ingénieur géodésien en C.D.D.

S avoir de quelle façon et dans quelle mesu- re se déforme le mas- sif du Jura aujourd’hui sera bientôt possible grâce à l’installation de stations G.P.S. à des endroits stratégiques de la chaîne. Six stations ont été posées sur des terrains très stables à Hauterive-la-Fresse, au Morond, à Belvoir, Flagey, Chapelle-de-Joux, Fied (Jura). Piloté par le labora-

toire Chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté et l’observatoire TheTa, ce pro- jet d’observation géophysique devrait donner ses premières conclusions dans une dizaine d’années. “On pourra par exemple observer une augmen- tation de 0,5 mm de certains points du massif” émet Chris- tophe Sue, enseignant-chercheur en géosciences à l’Université de

Franche-Comté. Ces données seront précieuses notamment pour comprendre

l’activité sis- mique de la région, qui, bien qu’elle soit rela- tivement faible, nécessite d’être suivie : des trem- blements de ter- re sont réguliè-

Une précision de l’ordre du millimètre.

Les stations télétransmettent les données par 3G sont installées sur

des terrains très stables.

Les bornes G.P.S. pour comprendre l’activité sismique. Ici, Hauterive-la-Fresse.

Le P.S.I.G. recentré au cœur de son territoire d’action MONTBENOÎT Des hommes d’action

Cette unité polyvalente de la gendarmerie a été transférée le 1 er septembre dans l’ancienne brigade de Montbenoît. Un recentrage logique qui donne déjà satisfaction.

“D epuis ce transfert, on constate déjà un impact positif. On gagne en effi- cacité” , observe le capitaine Petit, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Pontarlier. En quittant Mouthe pourMontbenoît, le P.S.I.G. (Pelo- ton de Surveillance et d’Intervention de la Gendar- merie) peut prêter main-forte plus rapidement aux collègues de Morteau et Valdahon qui représentent les secteurs où il y a le plus d’activité dans l’arrondissement en zone gen- darmerie. À quoi ça sert au fait le Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendar- merie ? Cette unité de 11 hommes vient en renfort des brigades territo- riales au sein de la compagnie. Placé sous l’autorité du com- mandant de compagnie, le P.S.I.G. effectue des missions de surveillance générale ou parti- culière. “On peut le solliciter pour compléter les effectifs char- gés de surveiller les agissements d’individus suspects ou quand on constate par exemple la recru- descence de vols ou de cam-

briolages sur un secteur. Il s’agit le plus souvent de missions noc- turnes. Il travaille parfois en complément de la brigade de recherche” , poursuit l’officier. Le P.S.I.G. est disponible pour toute sorte d’intervention : sécu- risation d’accident, escorte ou transfert de délinquants au tri- bunal, coup de main sur des arrestations sensibles… Les gendarmes du P.S.I.G. ont les habilitations judiciaires qui les autorisent à procéder à des inter- pellations ou des gardes à vue. “C’est le renfort dans la polyva-

Une partie de l’effectif du P.S.I.G. de Montbenoît sous le com- mandement de l’adjudant Henriot.

lence” , résume le capitaine Petit. Mieux vaut apprécier l’action quand on incor- pore ce peloton. Il faut d’ailleurs réussir un cer- tain nombre de tests physiques avant d’être recruté. Ce n’est pas non plus le G.I.G.N., mais un ton au-dessus d’une brigade normale. À titre indicatif, le can-

Les habitants de Montbenoît sont les grands gagnants.

didat doit courir le 3 000 mètres en 14minutes contre 15minutes habituellement requises. Le sport, comme le tir, fait d’ailleurs partie des entraînements de base au P.S.I.G. “Ces hommes sont équipés pour intervenir dans toutes les conditions. La force du P.S.I.G. réside dans sa capa- cité à intervenir vite en sécuri- té et si possible préventivement.” Le transfert à Montbenoît marque l’aboutissement d’un dossier engagé depuis de nom-

breuses d’années. À l’origine, le P.S.I.G. a remplacé le peloton de gendarmerie de montagne basé à Mouthe et qui a été sup- primé il y a une vingtaine d’années. La localisation à Mouthe posait déjà problème sur les délais d’intervention. Il était donc prévu dans un pre- mier temps de le rapatrier sur la nouvelle gendarmerie de Pon- tarlier qui n’a pas vu le jour. L’option saugette a finalement été retenue quand la brigade de

Montbenoît a été transférée sur Morteau. La population de Mouthe a perdu, si ce n’est un service, du moins une présence des forces de l’ordre toujours sécurisante. Les habitants de Montbenoît sont les grands gagnants. “L’effectif de gen- darmes a triplé par rapport à la brigade partie sur Morteau. Le P.S.I.G. effectue chaque soir des brigades de surveillance dans les alentours. On propose toujours deux après-midi de per-

manence pour le public, le mer- credi et le vendredi de 14 heures à 17 heures.” Placé sous les ordres de l’adjudant Henriot, le P.S.I.G. de Montbenoît compte autant de sous-officiers que de gen- darmes adjoints volontaires (G.A.V.). “La gendarmerie est toujours en recrutement” , sou- ligne le capitaine Petit. Pour plus d’informations, se rensei- gner auprès de votre brigade locale. F.C.

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