La Presse Bisontine 74 - Février 2007

DOSSIER

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COMMUNES Revalorisation des actes de 4 % “Un curiste consomme

1 500 à 2 000 euros par séjour” Président de l’association nationale des maires des communes thermales, le maire de Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells, est satisfait par la revalorisation des tarifs accordée en 2006. Mais pour lui, le thermalisme n’est pas l’eldorado.

L a Presse Bisontine : Quelle est la situa- tion économique des stations thermales actuellement ? Rolland Castells : Si on regarde le niveau d’activité, en 2006, les stations fran- çaises ont enregistré une baisse de l’ordre de 2 %. Mais c’est une tendan- ce moyenne générale avec des stations qui sont en progression. Ce qu’il est important de noter, c’est que cette année a finalement été plutôt favo- rable au thermalisme. On a réussi à renouer les fils du dialogue avec les autorités de tutelle. Il n’est plus du tout question de déremboursement des soins thermaux, comme cela avait été évoqué par l’Assurance maladie. Ce n’est plus du tout à l’ordre du jour, ce qui est très satisfaisant. L.P.B. : Le 30 mai dernier, votre association avait appelé à un rassemblement des maires devant Matignon. Vous avez été entendus ? R.C. : Oui. La Sécurité Sociale a pro- cédé à actualisation des tarifs de + 4 % qu’on n’espérait plus, à condition que nous abandonnions les frais de dos- siers de 10 euros que nous avions mis en place depuis deux ans. Surtout,

“De petites stations risquent probablement de disparaître”,

nous sommes rentrés dans une logique nouvelle puisqu’à partir de début 2007, les tarifs de cures devraient être rééva- lués de + 2 %, alors qu’ils étaient gelés depuis cinq ans. Cette évolution du dialogue est aussi la contrepartie du travail mené par les exploitants et les municipalités pour financer la recherche thermale depuis trois ans et démon- trer de façon scientifique l’impact du thermalisme. Désormais, au niveau le plus haut de l’État, on se rend comp- te que les cures thermales permettent d’apporter des réponses sur le plan des pathologies du vieillissement. Nos structures coûtent moins cher qu’un long séjour médicalisé. Il y a des voies nouvelles à explorer. Le thermalisme s’inscrit dans la prévention. L.P.B. : La diversification des activités, avec la balnéothérapie, est-elle indispensable pour survivre ? R.C. : Pour nous, la clientèle qui vient dans les centres de balnéo-détente est jeune. C’est un pari sur l’avenir. Plus tard, ils pourront à leur tour venir en cure et renouveler la population des curistes. À Bagnères-de-Bigorre, nous

avons créé à côté des thermes un centre de détente depuis trois ans, nous avons enregistré + 30 % d’activité cette année. Et nous pourrions faire encore mieux si l’hôtellerie suivait. L.P.B. : Quel est l’impact du thermalisme sur l’économie locale d’une station ? R.C. : On considère, au niveau natio- nal, que l’activité thermale représen- te environ 100 000 emplois directs, indirects et induits. Un curiste consom- me à peu près 1 500 à 2 000 euros dans

regrette Rolland Castells.

la ville thermale, pen- dant son séjour, en héber- gement, loisirs, restau- rants… Si je prends l’exemple de ma ville, sans les thermes, un cer- tain nombre d’hôtels ne pourraient pas fonction- ner, faute de clientèle suf- fisante. Cela permet de maintenir de l’activité. Alors bien sûr, de l’autre côté, il y a des coûts. Quelque part, pour une ville de 9 000 habitants, j’ai une fiscalité deux fois

bablement de disparaître, cela peut laisser de la place. Ce sont les plus petites les plus fragiles. Quand vous n’avez que 400 ou même 1 000 curistes chaque année, c’est dur de rentabili- ser des investissements lourds. Il y a des opportunités, mais je ne crois pas à de grands volumes dans le therma- lisme. C’est vrai que nous sommes un peu en retard en nombre de curistes par rapport à nos voisins européens, comme l’Allemagne. Mais ce n’est pas un eldorado. On assiste plus à une nou- velle répartition qu’à une augmenta- tion du nombre de curistes. Propos recueillis par S.D.

plus importante et deux fois plus de personnel pour s’occuper des espaces verts, tenir un office de tourisme, fai- re de l’animation… qu’une commune de même taille, qui n’aurait pas le ther- malisme. Mais au final, on est quand même dans le positif. L.P.B. : Y a-t-il de la place pour une ou plu- sieurs nouvelles stations thermales ? R.C. : Je ne peux pas dire non. Il peut y avoir des opportunités, en fonction de la qualité de l’eau et des patholo- gies concernées. Des petites stations qui ne réussiront pas à suivre lamoder- nisation des équipements risquent pro-

“Reprise du dialogue avec la

Sécurité Sociale.”

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