La Presse Bisontine 283 - Décembre 2025
Mensuel d'informations de Besançon et du Grand Besançon
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Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon - www.presse-bisontine.fr
Le commerce traditionnel en pleine mutation Les centres commerciaux jouent leur avenir
Contamination de l’eau : le débat toujours aussi vif P. 4 Malgré les appels à l’union, la gauche bisontine est toujours éparpillée à quatre mois des municipales. Besançon P. 20 50 nuances de gauche à Besançon Politique
Le débat entre le biologiste Grégorio Crini et l’élu bisontin en charge de l’eau autour de la contamina tion de l’eau bisontine aux P.F.A.S. ne s’apaise pas. Un projet de collaboration du scientifique a été retoqué.
P. 22
Besançon
La pauvreté n’est pas une fatalité à Besançon Ils sont toujours plus nombreux à venir frapper à la porte du Secours catholique de Besançon, notam ment des étrangers en plus grand nombre. Le revenu moyen des bénéficiaires ne dépasse pas les 435 euros mensuels. Plus bas qu’ailleurs en France.
La zone de Châteaufarine avec son nouveau centre commercial prépare les fêtes. Ici, la directrice de la galerie Marie-Adeline Guignard.
À lire en P. 6 et 7
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La Presse Bisontine - Décembre 2025
Le secteur Cassin va faire peau neuve
Les maires s’engagent dans la lutte contre les violences faites aux femmes
L e secteur Cassin va bientôt faire l’objet de grands aménagements pour améliorer l’espace public : végétalisation des places, amélioration des che minements, nouveaux équipe ments… La place Cassin, l’ave nue du Parc, l’arrière de l’immeuble Jean-de-Vienne 1, la place de l’Europe, le terrain vide le long de l’îlot Van Gogh appelé à devenir un parc urbain, les abords du C.C.A.S. sont notamment concernés. Mi-novembre, les habitants du quartier étaient invités à décou vrir les changements à venir, qui s’étaleront jusqu’en 2028. Une petite dizaine était réunie le midi. La plupart étaient des
habitants anciens du quartier qu’ils connaissent comme leur poche. Très vite, leur inquiétude s’est tournée sur le stationne ment, la circulation et ses nui sances dans la zone piétonne. “On demande à avoir les mêmes règles qu’au centre ville, remarque une dame par rapport au système de bornes. Que les usagers justifient de leur domicile ou qu’il y ait des horaires de livraison.” L’amé lioration des cheminements, comme la requalification de la rue Picasso pour la rendre accessible aux P.M.R., entraî nera des modifications de cir culation et la suppression de quelques places de stationne ment. Une solution est avancée
L e 25 novembre, la signature de 3 ème plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes a eu une résonance parti culière, quelques jours après le fémi nicide de Laure Zygmaniak à Besan çon. Une minute de silence a été observée en mémoire de cet agent de l’État. Ce plan regroupe 15 par tenaires dont plusieurs nouveaux. Et notamment l’association des maires du Doubs et l’association des maires ruraux du Doubs, tout comme l’Édu cation nationale. Ce plan s’articule autour de trois axes : la prévention, l’accompagnement, l’écoute, l’hé bergement et la sanction. Le D.A.S.E.N. du Doubs Samuel Rouzet s’est ému “d’enfin rentrer dans ce plan. L’école est un lieu où l’on repère des souffrances. L’année dernière, 58 informations préoccupantes pour des enfants victimes de violences
ont été recensées.” Les deux associations de maires du Doubs, l’une représentée par Sarah Faivre, maire de Quingey, l’autre par Charles Piquard, président des maires ruraux du Doubs, ont mis en avant le rôle essentiel des élus dans l’écoute et l’accompagnement des victimes de violences. Mais également les dif ficultés d’accès aux dispositifs pour certains. L’objectif est de sensibiliser et former les élus à la lutte contre les violences. Dans le Doubs, 1 880 plaintes ont été déposées, un chiffre minoré quand on sait qu’une femme sur 6 porte plainte. Le Doubs compte une aug mentation de 20 % du nombre de faits identifiés. L’année précédente accusait la même augmentation. Des chiffres rappelés par le préfet du Doubs Rémi Bastille qui a appelé à “rester humble et déterminé.” ■
Les habitants étaient invités à découvrir les futurs changements et ont pu partager leurs inquiétudes.
par les habitants : utiliser le parking souterrain Cassin, fort de 200 places. Le problème ? Le parking est fermé la nuit.
L’ouvrir 24 heures sur 24, ce qui nécessite une surveillance, n’est pour l’instant pas dans les priorités municipales. ■
La chapelle Notre-Dame du Refuge à Pirey
A près plusieurs mois de tra vaux, la chapelle Notre Dame du Refuge, un des éléments discrets du patrimoine religieux de la commune de Pirey, a été inaugurée par le maire Patrick Ayache. “Cette cérémonie n’est pas seulement l’aboutissement d’un chantier de restauration : elle symbolise avant tout l’attachement profond des Piroulets et de leurs élus à la préservation de notre patrimoine local” commente le maire. Construite en 1760, dédiée à la Vierge noire d’Einsiedeln, cette petite chapelle porte sur sa façade cette devise latine : Refugium pec catorum (le refuge des pécheurs). Elle fait partie du patrimoine com munal depuis que les propriétaires, la famille Labet-Jeannot en avait
fait don à la commune. Les descendants des donateurs étaient présents le 15 novembre, jour de l’inauguration. Ce projet de réfection représente un investisse ment total de 37 510,60 euros (tra vaux de restauration et réalisation des vitraux). Les collectivités locales ont amplement participé, et le bud get a pu être bouclé grâce à des dons à hauteur de 11 280 euros. L’association Patrimoine Insertion (A.P.I. 25) a mené les travaux, les nouveaux vitraux sont l’œuvre de Madame Jos, maître-verrier, “qui a réussi à préserver la mémoire reli gieuse du lieu tout en affirmant sa nouvelle appartenance au domaine public, par essence laïc. Un exercice délicat, mené ici avec justesse, sen sibilité et respect” selon le maire de Pirey. ■
Le D.A.S.E.N. du Doubs Samuel Rouzet, Sarah Faivre de l’associa tion des maires du Doubs, et Charles Piquard de l’association des maires ruraux, ont signé pour la première fois le plan dépar temental de lutte contre les violences faites aux femmes.
La chapelle restaurée a été inaugurée mi-novembre à Pirey.
Éditorial Médias
tiques de lecture, malmenés par l’accapa rement des recettes publicitaires aux mains des géants du numérique souffrent jusqu’à disparaître dans certains secteurs (le nord de la France en est uns illustration) qui deviennent ainsi des déserts média tiques dans lesquels les citoyens n’ont donc plus accès à une information de proxi mité fiable. La vaste enquête menée par la Fondation Jean-Jaurès a donc permis d’évaluer l’impact d’une baisse de la consommation des médias sur la vitalité démocratique locale et l’engagement des citoyens à l’échelle de leurs territoires. Souvent vilipendée, parfois à juste titre, la presse locale continue pourtant à jouer un rôle fondamental dans la stimulation du sens critique et citoyen. D’autant plus capital au moment où déferlent sur les écrans des butineurs de l’information des fake news issue des réseaux sociaux ou générées par l’I.A., et souvent relayées par la sphère complotiste. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser
plus les citoeyns de ce même territoire exercent par exemple leur droit de vote. “Par leur proximité géographique et sociale avec les citoyens, ces médias reflètent les préoccupations locales, donnent de la visi bilité aux enjeux territoriaux et ra&content des histoires souvent ignorées à une échelle plus large” explique ainsi la Fondation. C’est ce quà sa modeste échelle, La Presse Bisontine et ses confrères de la presse locale tentent de faire à l’échelle du Grand Besançon dans un contexte pourtant peu favorable à la pluralité des opinions et où la tendance est plus à la binarité des débats qu’au foisonnement d’idées et aux confron tations de points de vue sereines. L’infor mation tient en effet un vrai rôle citoyen quand elle sait éclairer le débat pour ainsi, à son échelle, aider les citoyens dans leurs prises de position ou de décision. Ce schéma vertueux est pourtant à la peine là où la présence des médias s’effiloche. Ces der niers, tiraillés par l’atomisation des pra
Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. est éditée par la société “Publipresse Médias” S.I.R.E.N. : 424 896 645 Rédaction et publicité: 0381679080 E-mail: redaction@publipresse.fr
S e dirige-t-on vers l’instauration de déserts médiatiques en France? C’est-à-dire de zones où les médias locaux disparaissent l’un après l’autre, un phénomène qu’on constate dans certains secteurs des États-Unis, où l’opinion publique n’est ainsi plus informée que par les réseaux sociaux et les chaînes d’infor mation nationales. Une enquête passion nante est consacrée à ce délicat sujet par la Fondation Jean-Jaurès, un think tank français reconnu d’utilité publique, qui s’interroge sur cette question fondamen tale: “La démocratie peut-elle survivre sans médias ?” Les enseignements de cette vaste étude sont nombreux. Elle tend notamment à dépontrer qu’aux écosys tèmes médiatiques riches et indépendants sont associés à des démocraties en bonne santé. Plus les médias locaux sont nom breux et diversifiés sur un territoire et
Directeur artistique : Olivier Chevalier.
Conception pubs : Éloïse Perrot.
Crédits photos : La Presse Bisontine, A.E.R. B.F.C., David Cesbron, Marc Jardot, S.G. Arts équestres, Région B.F.C. Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod.
Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1623-7641 Dépôt légal : Décembre 2025 Commission paritaire : 0230 D 80130
4 Besançon
La Presse Bisontine - Décembre 2025
EAU
La question des P.F.A.S. Eau contaminée : la réponse du scientifique au politique Accusée de vouloir faire peur à la population suite à la publication de certaines de ses études, le scientifique bisontin Grégorio Crini souhaite rétablir certaines vérités.
I ngénieur-chimiste de l’eau, le Bison tin Grégorio Crini est une des réfé rences internationales souvent citées parmi les scientifiques les plus influents dans sa spécialité. Ne le serait-il pas à l’échelle locale ? C’est une question qu’il pourrait légitime ment se poser depuis que ses études ont été rendues publiques, notamment la dernière d’entre elles en octobre qui pointait la présence massive de P.F.A.S., autrement appelés les polluants éter nels, dans l’eau du robinet à Besançon. Il a notamment étudié la présence de T.F.A. (acide trifluoroacétique) dans l’eau du robinet bisontine. Son étude fournit les premières données publiées sur la contamination de cet acide tri fluoroacétique dans l’eau du robinet et en bouteille en Europe. “T.F.A. a été détecté dans 100 % des échantillons d’eau du robinet de Besançon avec des concentrations allant jusqu’à 3800 ng/l, indiquant une concentration éle vée.” Ainsi conclut l’étude de M. Crini, sans en dire plus sur l’éventuelle dan gerosité de l’eau du robinet locale. Mais assez pour susciter l’inquiétude légitime de nombreux consommateurs d’eau municipale et surtout provoquer l’ire de l’élu bisontin en charge de ces ques
tions, Christophe Lime (voir plus bas). “L’objectif n’est pas de faire peur aux consommateurs, mais les résultats de mes études, reconnues par les revues scientifiques, devraient justement alerter les élus en charge de cette question. Et ce n’est pas à moi de dire si on peut boire l’eau du robinet ou pas, il y a des instances officielles pour cela. Et ce n’est pas moi non plus qui ai reconnu que la source d’Arcier a eu récemment de mau vaises analyses, c’est bien la Ville et l’A.R.S.” commente Grégorio Crini, sans doute piqué par la position des élus bisontins qui ont ouvertement critiqué sa démarche.
M. Crini évite de boire l’eau du robinet, “à cause d’une turbidité liée à des soucis de canalisation” précise-t-il. Le scientifique bisontin travaille depuis près de trente ans sur ces fameux P.F.A.S., ces substances chimiques extrêmement persistants qui se retrou vent dans tous les compartiments de l’environnement (air, alimentation, eau)… et qui s’accumulent ainsi dans l’organisme. Leur nombre serait offi ciellement de 17000 solutions diffé rentes. “Je pense plutôt qu’ils pourraient être au moins 1 million” avance M. Crini. Certaines sortes ont été interdites en 2009 en France (les P.F.O.S.), d’autres plus récemment comme les P.F.O.A. depuis 2020, reconnus cancérogènes à haute dose. “Encore plus récemment, en 2022, une nouvelle structure appelée P.F.H.X.S. a également été bannie.” À partir du 12 janvier prochain, la législation obligera les collectivités en charge de la distribution de l’eau (ici Grand Besançon Métropole) de suivre 20 de ces P.F.A.S. et la somme de ces 20 substances ne pourra pas dépasser 0,1 mg par litre. L’étude que Grégorio Crini a rendue publique il y a quelques semaines est sans appel: partout dans les échan
Grégorio Crini dans son laboratoire de l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon-la Bouloie.
Il se veut pour autant rassurant quant à ces récentes mesures prises à la source d’Arcier. “Les limites de qualité noti fiées par l’A.R.S. sont des valeurs guides sani taires, des limites de qua lité, ça ne signifie pas que l’eau n’est pas buva ble. Personnellement, chez moi, je vois toujours de l’eau du robinet!” Dans son laboratoire de la Bouloie en revanche,
tillons d’eau que son laboratoire a ana lysés il y a des traces de P.F.A.S. “Il y en a aussi dans les eaux en bouteille !” ajoute M. Crini. Mais à chaque fois, dans les eaux du secteur de Besançon que son laboratoire a analysées, les taux sont bien en dessous des limites de qualité autorisées. “Cette étude n’est donc en rien alarmiste !” se défend Gré gorio Crini qui fait la nuance entre la contamination des eaux aux P.F.A.S. (très généralisée) et la pollution des eaux. Afin de partager ses travaux avec les décideurs politiques, M. Crini a répondu à un appel à manifestation
d’intérêt déposé par G.B.M. C’était l’oc casion peut-être de lever tous les malen tendus entre lui et les gestionnaires de l’eau dans le Grand Besançon. Hélas, il l’a appris il y a quelques jours, “ce projet sur le T.F.A. dans les eaux du robinet du Grand Besançon déposé dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt “Construire ensemble une ges tion innovante et durable des ressources en eau du territoire” de G.B.M. n’a pas été retenu” déplore le scientifique. “Je paye sans doute les pots cassés de mes récentes interventions…” n J.-F.H.
Partout dans les échantillons
il y a des traces de P.F.A.S.
EN BREF
RÉACTION
Un coût de traitement exorbitant
“S i son objectif était de faire peur à tout le monde, c’est réussi !” lâche Christophe Lime, vice-président de Grand Besançon Métropole Le responsable de l’eau se veut rassurant Christophe Lime, élu communautaire chargé de l’eau et de l’assainissement, a été passablement énervé contre le scientifique Grégorio Crini qu’il accuse de faire peur aux consommateurs.
Municipales Un nouveau candidat a déclaré son intention de se présenter aux élections municipales de mars prochain à Besançon: Rodolphe Oppenheimer-Faure, petit-fils d’Edgar Faure. Il annonce également la création de “la Ronde fauriste”, un projet citoyen où, selon lui, “tout un chacun en sort gagnant.” ll promet de présenter dans les prochaines semaines les grandes lignes de son programme. Finances publiques L’accueil du centre des Finances publiques de Besançon Chamars (boulevard Charles de Gaulle) est en travaux de rénovation jusqu’au 31 mars 2026. Durant toute la durée du chantier, le service des impôts des particuliers (S.I.P.) de Besançon continue d’accueillir le public à l’arrière du bâtiment, accès par le portail du parking situé rue Charles Nodier. Pendant cette période, l’encaissement des amendes sera délocalisé au service de gestion comptable de Besançon, 16, place Cassin à Besançon Planoise.
en charge de l’eau et de l’assai nissement. Alors que la collec tivité a déboursé près de 150000 euros pour mener ses propres études sur la qualité des eaux de la source d’Arcier - provisoirement fermée par l’A.R.S. au début de l’automne -, l’élu bisontin déplore que le scientifique Grégorio Crini (voir plus haut) ait rendu publique son étude sur les P.F.A.S., et plus particulièrement les T.F.A. pré sentes dans l’eau bisontine. “La France n’a aucune donnée sur les normes à respecter en ce qui concerne les T.F.A. qui sont hors du champ de la vingtaine de P.F.A.S. que les autorités sani taires ont ciblé pour les analyses. Et si on doit prendre en compte l’intégralité des recommanda tions des autorités sanitaires, alors on arrête de boire !” s’énerve M. Lime, alors que G.B.M. tente depuis des années de promouvoir la consommation de son eau du robinet dont elle a même fait une marque, “La Bisontine”. L’élu à l’eau tient à rassurer la population en indiquant, par rapport aux analyses officielles préconisées par l’Agence régio nale de santé que “nous sommes constamment sous surveillance et nous sommes en dessous des
recommandations de l’A.R.S. sur les substances ciblées par les contrôles.” Les derniers contrôles effectués sur la source d’Arcier sont également rassurants selon M. Lime : “Les six dernières ana lyses étaient négatives.” Christophe Lime se refuse éga lement à faire assumer aux Bisontins la facture d’un trai tement de l’eau contre les P.F.A.S. dont le coût serait totalement exorbitant. “Une usine à osmose inversée comme il s’en installe quatre dans la région parisienne, c’est une facture totale d’1,5 mil liard d’euros. Nous ne sommes évidemment pas dans cette logique” ajoute l’élu bisontin, prêt à porter plainte contre l’État sur cette question des polluants éternels. Pour tenter d’apaiser le débat entre scientifiques et politiques, Anne Vignot a récemment sol licité le préfet du Doubs pour que les ministères de la Recherche et de la Santé finan cent pour G.B.M. “une étude approfondie sur la présence de ces P.F.A.S. dans l’eau bisontine, sur quelques molécules. Oui, nous voulons aller plus loin sur cette question” affirme la présidente de G.B.M. n J.-F.H.
Christophe Lime dans l’usine de traitement des eaux de la Malate (photo archive L.P.B.).
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Dans son magasin bisontin, Marc Durand veut promouvoir au maximum les jouets produits en France.
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6 L’interview du mois
Décembre 2025
CONSOMMATION
Galerie Chateaufarine
“Avec une fréquentation à la hausse, la galerie se porte bien”
La galerie commerciale Châteaufarine à Besançon se transforme. Quand plusieurs cellules commerciales affichent des vitrines vides depuis quelques semaines, pour la plupart dues à la mauvaise santé financière de grands groupes de prêt-à-porter, d’autres enseignes ont rouvert. Le centre de Châteaufarine se porte bien, assure sa directrice Marie-Adeline Guignard.
A lors que la période de Noël, primordiale, débute, le centre commercial de Châteaufarine affiche plusieurs vitrines vides. Notamment plusieurs d’affilée avec les Stocks Américains, Naf Naf, Pimkie, Jennyfer ou encore IKKS Juniors qui ont fermé. Doit-on s’in quiéter de cette vacance ? Marie-Adeline Guignard : En réalité, il n’y a plus beaucoup de cellules vides. Il reste celle de Jennyfer, des Stocks Américains - fermés pour cause de retraite - et IKKS Junior. Elles sont soit en travaux soit en négociation. Dans l’an cienne boutique Pimkie, nous avons installé la boutique éphé mère Lego pour les fêtes de fin d’année. On avait fait une pre mière édition l’année dernière qui avait vraiment bien plu aux clients. Ensuite, c’est l’enseigne ID Kids, actuellement à l’une des entrées de la galerie, qui va démé nager dans cette cellule, reprendre le bail commercial pour devenir Okaïdi +. La marque se recentre sur le prêt-à-porter. Et nous avons comme beau projet de transférer la pharmacie, qui est historique mais un peu à l’étroit actuelle ment, dans la cellule ID Kids qui
est très grande. C’est notre gros projet de l’année prochaine. L’au tre gros défi est la commerciali sation de la cellule de Jennyfer. C’est un espace énorme de 750 m 2 . Nous sommes dans la négociation et les travaux devraient attaquer en début d’année. Ce sont deux défis majeurs car les deux cellules sont chacune situées aux entrées de la galerie. Enfin, la cellule qui abritait Naf Naf va à terme être divisée en deux pour accueillir deux boutiques. En attendant les travaux, un indépendant installe
du prêt-à-porter éphémère. C’est pour cette raison que finalement, nous avons très peu de vacance. Il faut noter que nous avons 7 ouvertures d’enseignes, comme Kiko Milano, Kraft, La Chaise longue, Balaboosté… Mis à part à Dijon, cette marque de bijoux et d’accessoires pos sède un seul maga sin dédié, et il est à Châteaufarine.
“On est la destination shopping de Besançon.”
Marie-Adeline Guignard a pris la direction du centre de Châteaufarine en septembre 2024.
Le centre compte combien de commerces et y a-t-il plus de franchises que d’in dépendants ? M-A.G. : Nous avons plus de 100 boutiques. Il y a beaucoup de fran chises et on a la chance d’avoir des indépendants. Je peux citer
ET DANS LE HAUT-DOUBS ?
Tour d’horizon
Météo commerciale : beau temps avec quelques nuages en cours de dissipation Comment se porte l’activité commerciale sur le bassin pontissalien ? D’une zone à l’autre, élé ments de réponses avec Denis Gérôme, le président de la fédération Commerce Grand Pontarlier.
nouvelle distillerie devrait s’installer dans le bâtiment abritant Espace seven, Rima et Grain de malice. La zone des Gravilliers est envahie par les panneaux de permis de construire. “Ici, ça explose. Tout est vendu, tout va démarrer ou sur le point de démarrer, ce qui n’empêche pas non plus que cer tains projets n’aboutissent pas. On sent quand même une grande dynamique sur cette zone.” Une tendance moins évidente à mesurer ou à voir au centre-ville où l’on dénombre une bonne vingtaine de pas-de-porte vides. Ce n’est pas toujours par manque d’attractivité. Il y a aussi la probléma tique des baux commerciaux parfois exorbitants au regard de la taille et de la modernité des locaux. Il y a toujours de renouvellement à l’instar d’Anne Laure Soth, la jeune influenceuse qui a ouvert sa boutique de bijoux et vête ments “Solor avenue” rue de la Répu blique. “Je pense qu’on est au bout des difficultés qu’on a vécues depuis trois ans malgré la fermeture de Naf Naf et
Casa qui ont laissé un vide.” D’un naturel optimiste, Denis Gérôme se montre quand même assez circonspect sur le timing de remplissage de la zone de l’Ambouchi située vers les Rosiers sur la commune de La Cluse-et-Mijoux. “Deux nouvelles enseignes à forte attrac tivité sont venues s’implanter, il s’agit d’Action et de la boulangerie Ange. On
ne conteste pas ces arrivées mais cela aurait été sans doute plus opportun après les aménagements routiers qui sont pro grammés sur la R.N. 57 dans le cadre du franchissement de la ville. Car aujourd’hui, cela génère un trafic supplémentaire qui amplifie encore l’effet bouchon si décrié en arrivant sur Pontar lier.” n F.C.
La problématique des baux commerciaux parfois exorbitants.
I l suffit de circuler le samedi autour des zones commerciales pour consta ter qu’elles génèrent toujours beau coup de mouvements au regard du trafic routier souvent très dense en fin de semaine dans et autour de la cité pontissalienne. Notamment sur la zone Hyper U qui reste une référence en termes d’attractivité et de remplis sage au niveau des enseignes. “Tout est occupé sur cette zone dynamique qui manque peut-être de diversité dans l’offre. On ne trouve pas, par exemple,
d’enseigne de meubles ou un restaurant digne de ce nom. Au niveau de l’extension, c’est aussi limité car il n’y a plus de fon cier disponible” , indique Denis Gérôme. À Houtaud, le climat s’est nettement amélioré dans cette zone qui a retrouvé un dynamisme nettement supérieur à ce qu’il était il y a dix ans. L’offre globale reste stable. “On observe un bon renou vellement dans les cellules à l’intérieur de la grande surface. On note aussi le développement d’une petite zone en face de l’hôtel d’entreprise la Belle Vie sur
la route allant à Dommartin. Comme à Doubs, les possibilités d’agrandisse ment de la zone autour de Leclerc sont contraintes par le foncier.” La zone des Grands-Planchants affiche aussi une belle activité commerciale avec l’offre sans doute la plus diversifiée. Peu de vacance à signaler dans les locaux. Au centre commercial des Grands Bois, l’enseigne Jennyfer a été remplacée par Célio. De nouveaux occu pants sont attendus à la place de Bois et Massif et de Nature et Parquets. Une
L’interview du mois 7
Décembre 2025
vrai atout de proposer des services aux clients, parce que c’est un confort d’achat. Et puis, nous souhaitons proposer un lieu de vie. Aujourd’hui, il existe un projet de retravailler la galerie et le parcours client, la signalétique, les zones de repos et enfant. La galerie est belle, très simple, on aimerait lui appor ter un peu de chaleur et en faire un lieu de vie. Cette ambition de faire de la galerie un lieu de vie est-elle une façon de contrer le e-commerce ? M-A.G. : Oui car c’est avoir une expérience unique et différen ciante. Que les clients passent un bon moment, qu’ils trouvent leur offre commerciale mais qu’ils pro fitent aussi de jeux pour les enfants, d’un bon repas en ter rasse, qu’ils aient le temps de s’installer et de se reposer avec des bornes de recharge, etc. La Galerie Châteaufarine change aussi d’identité pour devenir un shop park. Le G affiché sur la façade va disparaître. Qu’est-ce que ça change concrètement pour le consommateur ? M-A.G. : Nous repositionnons nos centres commerciaux sur des cen tres de proximité. Nous ne sommes pas des immenses centres commerciaux mais nous ne sommes pas non plus en centre ville. Nous sommes des centres de proximité, accessibles, où l’on trouve de tout. En parlant d’accessibilité, les fréquents bouchons qui encombrent les alentours de la galerie freinent les clients. Quelle marge de manœuvre avez-vous pour améliorer cet état de fait ? M-A.G. : On collabore avec les ser vices d'urbanisme sur les sujets d’accessibilité du site et de la voi rie. C’est important et primordial pour nous, pour les clients de la zone complète et les habitants. Nous avons par ailleurs près de 1500 places de parking, il en manque encore un peu. À certains moments, comme les fêtes de fin d’année, il peut être saturé. On voudrait également travailler la facilité du parking et l’optimiser car il y a encore quelques espaces où l’on peut recréer des places. La période de Noël débute, importante pour tous les commerces. Quelle est la part de la consommation sur cette période par rapport aux restes de l’année ? M-A.G. : La consommation sur les mois de novembre et décembre est effectivement très significative par rapport au reste de l’année. En revanche, il m’est difficile de fournir un pourcentage précis, les variations étant très fortes selon les secteurs d’activité. La période de Noël débute vraiment vers le 25 novembre après le Black Friday qui est aussi une grosse opération commerciale. Plusieurs animations sont programmées, comme une balade en petit train dans la galerie les 15 premiers jours de décembre, des ateliers pour les enfants, des parades, etc. n Propos recueillis par L.P.
centre commercial en centre com mercial. Nous avons des boutiques vacantes qui permettent de l’ac cueillir. On profite du turnover pour accompagner ces concepts qui sont nouveaux et fonctionnent très bien. Nous avons aussi des commerçants spécialisés dans l’éphémère stand. Quel impact a eu l’installation d’Inter marché en lieu et place de Géant Casino, qui a été inauguré le 10 novembre der nier ? M-A.G. : Un impact positif. Inter marché a été inauguré le 10 novembre, les travaux engagés depuis janvier 2025 se terminent. Dès le lendemain, Intermarché a eu une belle croissance sur ces chiffres et nous faisons une très belle semaine à + 5 % de trafic dans la galerie. Intermarché pro pose une offre ultra-moderne avec beaucoup de fait maison. La sur face de vente a été diminuée pour installer plus de laboratoires. M-A.G. : On est la destination shop ping de Besançon, de par une offre hyper-variée avec plus de 100 boutiques, et un parcours shop ping très simple. Et les animations mises en place pendant les périodes de vacances fonctionnent. Les gens ne viennent pas que pour faire du shopping. À la Tous saint, l’escape game Spider Inva sion a été très apprécié par les enfants, il y avait tous les jours des files d’attente. On a un beau volume de trafic, en progression. Nous sommes ultra-ancrés loca lement. Tous les Bisontins vien nent au moins une fois consom mer à la galerie, on a une clientèle très fidèle. On a aussi une clientèle qui vient du Haut-Doubs et de la Suisse. Quelle est la zone de chalandise ? M-A.G. : On a une zone de chalan dise de moins de 10 minutes où tout le monde consomme chez nous, ou en tout cas, on a un taux très élevé. Après, il y a le Grand Besançon. On attire également des clients de la Haute-Saône parce qu’il n’y a pas de centres commerciaux, que des retail parks (une succession de magasins sans parties communes, N.D.L.R.). Et des gens du Haut-Doubs. Et la fréquentation ? M-A.G. : Je ne peux pas donner de valeur précise mais ce que je peux dire, c’est que la galerie est en progression de + 0,8 % depuis le début de l’année. On est ravis parce qu’on peut entendre depuis le Covid que les centres commer ciaux vont mal. Ici, on se porte bien. Qu’est-ce qui manque dans la galerie ? M-A.G. : On aimerait développer la partie services. On peut ima giner des pressings, un service de retouche couture, un cordon nier. Il ne faut pas oublier qu’on a un cabinet médical avec deux généralistes. Avec l’agrandisse ment de la pharmacie, ce sera un Qu’est-ce qui rend la galerie de Châ teaufarine attractive ?
Le G va bientôt disparaître de la façade, en lien avec le changement d’identité de la galerie.
Hafnium qui est très local. La propriétaire de la marque a fait plusieurs boutiques éphémères ici avant de prendre un bail com mercial. Hafnium a ouvert en mai dernier dans la cellule occupée précédemment par San Marina.
M-A.G. : Effectivement, nous avons de plus en plus de concepts éphé mères, ou plutôt des concept stores qui permettent aux com merçants d’être plus agiles par rapport aux tendances qui vont très vite. Par exemple, on a fait
On est ravis parce que cette bou tique de prêt-à-porter homme premium sur mesure nous permet de créer la différence. Les boutiques éphémères sont-elles de plus en nombreuses ?
une opération Sneakers corner en octobre en même temps que la braderie. Il s’agit d’un concept store avec du streetwear et essen tiellement de la basket vintage, unique qu’on ne trouve pas dans les franchises. Il se déplace de Le chiffre 850 commerces et artisans sur le Grand Pontarlier La Fédération Commerce Grand Pontarlier a identifié 850 commerces et artisans sur le bassin pontissalien, soit une progression d’environ 30 % sur 10 ans du nombre d’établisse ments, preuve de l’attractivité tou jours forte du Haut-Doubs pontis salien. n “Aujourd’hui les quatre zones commerciales du Grand Pontarlier sont à peu près remplies”, constate Denis Gérôme, le président de la fédération Commerce Grand Pontarlier.
8 L’ÉVÉNEMENT
Décembre 2025
La littérature régionale séduit toujours
Les prix Marcel-Aymé et Lucien-Febvre remis le 8 décembre, respectivement à Noham Selcer et Sébastien Freidig par l’A.L.A.C., l’association du livre et des auteurs comtois. Un exemple qui illustre que la littérature et les auteurs régionaux continuent à bien se porter, malgré une petite morosité des libraires. Rencontres.
l Livres régionaux Quel état du marché ? Les livres et auteurs régionaux ont la
Les auteurs régionaux plaisent-ils toujours autant ? Alors que les maisons d’édition reçoivent toujours de nombreux manuscrits d’auteurs, les lecteurs restent fidèles aux livres régionaux. Seul bémol : une petite morosité du côté des libraires.
F ortes de leurs 50 ans d’exis tence et d’expérience, les Édi tions Cêtre ont vu évoluer le marché et l’intérêt des livres et auteurs régionaux. Un constat d’abord : le roman de terroir a perdu un peu d’intérêt aux yeux des lec teurs. Les incontournables livres d’André Besson ou encore de Marie-Thérèse Boi teux se vendent moins. “Les auteurs sont moins actifs, relève Évelyne Cêtre. Et on marche beaucoup à la nouveauté.” A contrario, de jeunes auteurs, très actifs sur les réseaux sociaux, attirent les lec teurs. “On sent bien un public pour les auteurs régionaux, le lectorat les suit.” Les Éditions Cêtre, spécialisées dans les ouvrages sur le Franche-Comté, éditent entre 400 et 1 000 exemplaires, selon le type de livre. Le nouveau livre de Billy Fumey, engagé sur la défense des langues régionales, a été édité à 400 exemplaires. Quand celui d’Anthony Soares sur la Franche-Comté dans le monde a été imprimé à 700 exemplaires. Il faut dire que son précédent ouvrage Le Top 50 des pires gags et gaffes de nos ancêtres
Philippe Koeberlé, des éditions Coxigrue, spécialisée dans les romans de la nature.
francs-comtois a été un gros succès, les 1 000 exemplaires ont été vendus. “Les lecteurs ont un intérêt plus accentué sur les documents que les romans, remet Évelyne Cêtre. Tout ce qui a trait à la Seconde Guerre mondiale plaît énormé ment.” Enfin, la petite collection Poche
des éditions Cêtre, qui comprend des ouvrages intemporels, séduit toujours autant : Recettes de la table franc-com toise, le best-seller Cartes et légendes de Franche-Comté, Proverbes et dictons francs-comtois, La Franche-Comté mys térieuse et miraculeuse de Brigitte Roche
L’événement 9
Décembre 2025
l Haut-Doubs Édition la Belle Terre “Dehors” récompensé aux
Zoom “L'édition régionale, c’est très compliqué”
“Rendez-Vous du carnet de voyage”
P as vraiment un récit chrono logique, pas vraiment une série de croquis sur un voyage par ticulier, “Dehors” sort des sen tiers battus. Ce livre d’aquarelles et de textes poétiques offre la particularité le cadre des 25 èmes Rendez vous du carnet de voyage. Ce carnet de voyage illustré par Corinne Salvi sur des textes de Christian Begin a remporté le Grand prix de la fondation d’entreprise Michelin discerné le 15 novembre dans
de se lire dans les deux sens avec une version estivale de périple à vélo et son pendant hivernal à skis de randonnée. La destination est la même en mettant le cap sur des contrées scandinaves, à la rencontre de terres encore préservées du brouhaha urbain et où l’hiver est encore recouvert de son blanc manteau même si son épaisseur souffre aussi du réchauffement climatique. Chaque été depuis des années, Corinne Salvi et son mari Stéphane voyagent à vélo. Ils partent plusieurs semaines souvent dans le nord de l’Europe : Dane mark, Pays Baltes, Angleterre… “On
allait avec les enfants quand ils étaient petits, en couple ou avec des amis” , explique Corinne Salvi, graphiste et illustratrice indépendante. Accompa gnateur en moyenne montagne, Chris tian Begin partage aussi ce goût de l’iti nérance dans une nature authentique et inspirante. “On se connaît depuis très longtemps. On voyage de la même manière. Je lui ai demandé s’il accep terait d’écrire sur mes dessins” , poursuit l'illustratrice qui ne part jamais sans ses crayons et son appareil photo. De quoi offrir de la matière pour réaliser cet ouvrage à double entrée sur l’art de nomadiser. Tout tient sur le vélo ou dans la pulka. Comme un retour aux sources de l’humanité au temps des chasseurs-cueilleurs qui s’encombraient du minimum pour se déplacer au rythme des saisons, des migrations. S’orienter, chercher de l’eau, choisir sa place de bivouac, déplier la tente, accepter la sobriété et l’inconfort, improviser, s’adap ter, savourer les rencontres… De pages en pages défilent les aquarelles et les photographies accompagnées des textes, le tout mis en page par Corinne Salvi. De belles rencontres humaines, végétales et animales. De la contem plation, de l’introspection. Du froid, des aurores boréales, des pannes méca niques. Des souvenirs à gogo. “On voulait faire rentrer les gens dans les émotions et les sensations qu’on éprouve quand
on voyage de cette manière. C’est une forme d’éloge de la lenteur. Comme on n’a pas d’autre choix que de prendre son temps, on entend tout, on sent tout. En hiver, on part souvent deux semaines en Scandinavie. On se déplace avec les skis et la pulka de cabane en cabane. Les conditions climatiques imposent alors de se mettre à l’abri, de se maintenir au chaud, de refaire la provision de bois en pensant à ceux qui viendront après nous.” Sans trop y croire, les deux auteurs ont inscrit “Dehors” au concours des Ren dez-vous du carnet de voyage. Cet évé nement est organisé par l’association
Graphiste de formation, Corinne Salvi a toujours vécu de ses travaux pour illustrer ses projets ou ceux d’autres auteurs. Elle a géré pendant une dizaine d’années sa propre maison d’édition “La cabane sur le chien”. Une expérience enrichissante mais finalement pas assez rentable pour en vivre. “L’édition régio nale, c’est très compliqué, surtout quand on veut faire travailler les gens du coin”, estime celle qui effectue aussi beaucoup d’interventions en milieu scolaire, en cours d’arts plastiques. n Dehors Textes Christian Begin, illustra tions et photos de Corinne Salvi Éditions La Belle Terre Corinne Salvi illustre, met en page pour elle ou pour les autres des livres et toutes sortes de supports graphiques.
Il Faut Aller Voir qui défend une forme de voyage privilégiant l’au tonomie et l’indépendance en permettant de s’éloi gner du tourisme de masse au profit d’une approche très centrée sur l’homme, la découverte et le respect des différences. 85 ouvrages étaient inscrits au Grand prix de la fon dation d’entreprise Miche lin. “On a été retenu parmi les cinq nommés. C’est une très bonne surprise” , appré cie Corinne Salvi, ravie de ce coup de projecteur. n F.C.
Un ouvrage sur l’art de nomadiser.
Christian Begin et Corinne Salvi ont reçu le prix de la fondation d’entreprise Michelin aux Rendez-vous du carnet de voyage.
l Zoom Les nouveautés des deux maisons d’édition
cote
L es éditions Coxigrue viennent de sortir le nouveau roman du Franc-Comtois Olivier Del bard. Le pays d’avant retrace la vie de Ziad, jeune étudiant en médecine libanais, déchiré entre la France et le Liban. Il quitte son pays natal en pleine guerre pour un exil sans doute sans retour. Frappé par un drame familial, il tente de se reconstruire au contact de la nature du Haut-Jura et de celle de l’île d’Ouessant. L’auteur a été retenu pour le salon de littérature franco
phone de Beyrouth, son der nier livre Le Pays d’avant a été sélectionné pour le prix de littérature franco-libanais 2025. Aux éditions Cêtre, ce sont deux nouveaux livres qui vien nent compléter la collection. Anthony Soares, doctorant en histoire à l’Université Marie et Louis Pasteur, sort un ouvrage sur les Francs-Com tois à l’étranger, La Franche Comté dans le monde - Le rayonnement d’une région à l’étranger. Au fil des 130 pages, l’historien raconte les œuvres du Jurassien Auguste Poin telin conservées au Japon, aux limonades Rième vendues dans le monde entier, en pas sant par une fabrication arti sanale de cancoillotte au Mexique. L’occasion de décou vrir la Franche-Comté sous un autre angle. Enfin, Billy Fumey, connu pour sa traduc tion en patois comtois du Petit Prince de Saint-Exupéry, signe un ouvrage engagé sur la défense et la mise en valeur des langues régionales, Com prendre les langues régionales de Franche-Comté, le franc comtois et l’arpitan. Un guide des 850 prénoms francs-com tois clôt l’ouvrage. n
morosité par rapport aux années pré cédentes. Les librairies commandent moins. Au lieu de prendre 20 exemplaires, elles n’en prennent plus que la moitié” , relève Évelyne Cêtre. Philippe Koeberlé, des Éditions Coxi grue, fait le même constat. Toutefois, si les librairies dans le Doubs jouent très bien le jeu et commandent plusieurs ouvrages aux éditions Coxigrue, c’est loin d’être le cas à Dijon et en Côte d’Or. Et ce malgré la publication d’ou vrages d’auteurs bourguignons. “On a un lectorat, apprécie l’auteur de la série Séverin Ménigoz. Les gens ne connaissent pas l’auteur mais achètent parce que c’est un livre Coxigrue.” Spécialisée dans le roman nature, la maison d’édition bisontine inscrit son 17 ème livre dans sa collection, Le Pays d’avant, d’Olivier Delbard. Sur 8 prix littéraires, 6 ont primé un roman Coxi grue. Depuis 2011, et la parution de son premier livre Autopsie d’une truite, Philippe Koeberlé continue d’en vendre. “C’est incroyable” , commente l’auteur. Participant à plusieurs salons littéraires, ce dernier sent bien l’attachement des lecteurs et la notoriété des auteurs régionaux. Présents dans les librairies de la région mais également partout en France grâce à une plateforme de vente, les livres Coxigrue s’exportent hors les frontières régionales. Entre 200 et 300 livres sont vendus hors B.F.C. n L.P.
Évelyne Cêtre, des éditions Cêtre, qui fêtent leurs 50 ans.
landet… Si la littérature régionale plaît, en témoigne les beaux succès des salons littéraires, en premier lieu celui de Gellin qui affiche toujours plus que complet, le frein vient un peu plus du côté des librairies. “On sent une petite
La couverture du livre d’Olivier Delbard, Le pays d’avant, reprend une illus tration de l’explosion du port de Beyrouth en 2020.
Anthony Soares a sorti le livre La Franche-Comté dans le monde - le rayonnement d’une région à l’étranger.
10 L’événement l Roman policier
Décembre 2025
l Haut-Doubs Houtaud, Vuillecin, Dommar tin Un petit tour Au détour du Drugeon… Écrit par Frédéric Delgrandi, Laurent Favre, et Arlette Felder, le livre raconte de façon originale, simple et drôle l’histoire des trois villages qui composaient jadis une seule et même seigneurie.
Michel Deniset
À l’ombre des fruitières Après Nuit funeste au château de Braville, le Haut-Doubiste Michel Deniset sort un second roman
policier dont l’intrigue se déroule sous le règne de Napoléon III au sein des fruitières jurassiennes.
“J’ ai toujours été attiré par les films et les romans poli ciers” , justifie l’ancien pro viseur revenu vivre dans son village de Brey-et-Maison-du-Bois. De sa for mation scientifique, il a gardé le l’esprit rationnel qui alimente son plaisir de construire des intrigues, de mener le lecteur sur des fausses pistes. Son pre mier roman mettait en scène des dis ciples de Charles Fourier. Cette organisation sociale est toujours d’actualité dans ce polar qui plonge le lecteur au cœur du système coopératif faisant l’originalité des fruitières juras siennes. L’histoire se passe près de Poligny au moment des élections légis latives. La campagne bat son plein et le candidat de l’opposition démocratique a de fortes chances d’être élu. Or un matin, son adversaire, favori de l’Em pereur, est retrouvé mort devant la fromagerie qu’il vient de faire construire. Arsène Aubry, chef de la
toute nouvelle brigade de gendarmerie est aussitôt chargé de l’enquête. Mais, entre querelles paysannes et conflit politique, saura-t-il dénouer les fils d’une affaire qui, à deux mois du scru tin, tombe très mal pour le pouvoir en place ? “Je suis parti de faits réels en m’inspirant par exemple de Wladimir Gagneur, ce riche propriétaire qui avait mis sa fromagerie à disposition des agriculteurs locaux. J’ai visité plusieurs fois ces villages pour m’en imprégner.”
T rois auteurs pour trois villages, c’est la logique qui a prévalu pour mettre en place ce projet. “Laurent Favre qui est aussi le maire de Dommartin était partant, tout comme Arlette Felder d’Houtaud nous a rejoints. On peut aussi associer au projet la biographe et prête-plume Sylvie Lemblé qui nous a bien aidés sur le volet écriture” , précise Frédéric Delgrandi passionné par l’histoire et les histoires de Dommartin. Assez logiquement, les trois auteurs ont décidé de suivre la trame chro nologique pour raconter leur village depuis les dernières glaciations jusqu’à aujourd’hui et même demain. “On tenait beaucoup à faire un livre d’histoire qui soit assez ludique et accessible en s’appuyant sur un nar rateur original qui est le Drugeon.” Une frise historique, de nombreuses photos, des petites rubriques Le
Autre souvenir cocasse avec l’annonce d’un attentat en 1950 sur la ligne du tacot qui n’était en fait que l’œuvre d’une bande de gamins ayant déposé des traverses au milieu de la voie. Un dernier pour la route avec ces odeurs persistantes de comté qui par fumaient la salle d’école située juste sous les caves d’affinage de la froma gerie voisine. À voir aussi les dessins de Yuriy Plakhty, artiste local qui a réalisé notamment la couverture et d’autres bâtiments et fontaines à partir de cartes postales. Une place importante est consacrée à l’histoire contemporaine dans ce livre de 196 pages. Fêtes villageoises, faits divers, arrivée du tacot, deuxième guerre mondiale, travaux de rectifi cation du Drugeon, l’histoire des fro mageries, des clubs, des marchands ambulants, la Saint-cochon… “On est allé recueillir le témoignage des anciens pour qu’ils nous racontent les choses avec leurs mots à eux.” Autodidacte, passionné d’histoire, Frédéric Delgrandi écrit pour le plaisir de garder une trace du passé. “Mon ambition première, c’est de transmettre à ceux qui nous succéderont.” Ce jeune cinquantenaire, cheminot de profes sion s’est lancé assez récemment dans l'écriture avec le livre “Pontarlier, ma gare d’attache”. Un vrai succès. “Ce projet m’a donné confiance. Ce livre sur les trois communes, j’en rêvais depuis très longtemps. Il a aussi fait l’objet d’une souscription. Pour moi, cela restera une aventure humaine et drugeonesque.” n
Passionné par l’histoire et l’analyse des faits sociaux, Michel Deniset vient d’écrire son second polar.
gresser. J’ai reçu des retours très positifs sur ce nouveau roman.” Ouvert sur la musique, l’histoire, Michel Deniset s’épanouit pleinement dans l’écriture. “C’est une richesse culturelle. À travers l’écriture, je ressens aussi une envie de gratification comme un artiste qui monte sur scène apprécie qu’on l’ap plaudisse.” Publié en auto-édition, son livre est vendu dans deux librairies pontissa liennes : la librairie Rousseau et le Temps d’un livre. On le trouve aussi à l’Intranquille à Besançon. n
“Je suis parti de faits réels.”
S’il se sent à l’aise dans la construction de son enquête, il admet qu’il avait encore du mal à don ner de l’épaisseur à ses personnages. “Comme dans le premier roman, je me suis fait accompa gner par Christiane Del phin. Cette spécialiste de l’écriture m’a aidé à pro
“Une aventure humaine et drugeonesque.”
l Pontarlier
Éditions Maïa
saviez-vous ? ou Le petit dico appor tent une touche dynamique et aérée à l’ouvrage. L’anecdote a toute sa place. L’histoire des cochons qui ont été embarqués par une inondation du Drugeon et qui ont été retrouvés quelques kilomè tres en aval tran quillement en train de manger au bord de la rivière.
Chamonice, et si on se mettait en marche Enseignant au lycée professionnel Toussaint Louverture à Pontarlier, Laurent Nourdin, montagnard sensible aux enjeux environne mentaux a effectué en 2024 une traversée pédestre des Alpes hors des sentiers battus. Cette expérience s’est avérée si enrichissante qu’il a décidé de la partager dans ce livre publié aux Éditions Maïa. Témoignage.
Chamonice ou le récit d’une aventure humaine de 400 km de long effectuée en 21 jours.
monix car cette région est très impactée par la fonte des gla ciers. Pourquoi arriver à Nice ? Dans le même ordre d’idée, mais en se référant alors aux sécheresses et à leurs conséquences sur le milieu : manque d’eau, risques d’incendie…” Ce péri ple pourrait s’apparenter à une sorte de marche du cli mat. “J’en profite pour signa ler que l’on vient de concevoir la fresque de la montagne jurassienne.” Parti le 6 juillet 2024, le mar cheur écologique arrivera à bon port 21 jours plus tard en ayant parcouru 400 km et 26 000 m de dénivelé posi tif. Soit des étapes quoti diennes d’environ 20 km par jour. “Je tenais beaucoup à me reconnecter à la nature avec l’envie de découvrir la montagne profonde, authen tique, loin des grands itiné raires de randonnée. La façon d’organiser mon parcours
m’a permis de passer par des vallées aussi perdues que somptueuses.” Laurent Nourdin opte pour l’autonomie complète, privi légiant le bivouac et prépa rant lui-même ses repas. “ Au départ, je n’étais pas parti pour écrire un livre mais au cours de ce voyage, j’ai eu la chance de rencontrer des familles italiennes d’une rare hospitalité. Ils m’ont accueilli avec bienveillance et c’est un peu dans ce cadre-là qu’a germé l’idée de témoigner, de faire partager. C’était comme une évidence.” Un chemin de Compostelle montagnard avec une dimension quasi spirituelle. “Je me suis aussi reconnecté à moi” , explique celui qui a refait l’été dernier une autre traversée alpine en partant cette fois du Jura. Comme quoi il n’est pas for cément nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour s’épanouir. n
L e sport, la montagne, occupent une grande partie de ses loisirs. “J’ai commencé par accom pagner mes enfants quand ils allaient s’initier à l’esca lade au C.A.F. de Pontarlier. Je m’y suis mis également, la montagne est devenue une passion. J’ai passé mon diplôme d’initiateur en alpi nisme pour accompagner des groupes” , explique Laurent Nourdin. Ingénieur de formation, cet enseignant dans le technique est aussi devenu un fervent défenseur des causes envi ronnementales comme le réchauffement climatique, la biodiversité, la sobriété énergétique… “Je fais partie de plusieurs associations : le C.A.F., Selle vous plaît, Dura ble et Doubs qui anime la
fresque du climat… Pour sen sibiliser les gens, j’animais aussi des conférences sur le thème “Enrichissons nous, économisons…” Pour son plus grand malheur ou son plus grand bonheur, il a été victime d’un grave accident de vélo qui l’a contraint à l’immobilité pen dant plusieurs semaines. “J’ai vécu cette épreuve très positivement. Comme je rêvais depuis des années de faire la traversée des Alpes, cette pause m’a convaincu de concrétiser ce projet.” Sou cieux de rester en phase avec ses convictions, il décide alors de tracer une ligne droite entre Chamonix et Nice avec l’idée de respecter au mieux ce trait en s’appuyant sur le réseau de chemins existants. “J’ai choisi de partir de Cha
Toute l’équipe qui a participé à la réalisation de l’ouvrage avec debout de gauche à droite : Laurent Favre, Isabelle Cuynet, Sylvie Lemblé, Frédéric Delgrandi, Arlette Felder et, assis, Yuriy Plakhty. Au détour du Drugeon, si Dommartin - Houtaud - Vuillecin vous étaient contés… Édition D.H.V.
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