La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025
L’interview du mois 9
Septembre 2025
France, le parc automobile global n’est pas pensé. Nous luttons donc actuelle ment pour que les pouvoirs publics ne soient pas les fossoyeurs de l’industrie automobile. Sinon, dans les trois ou qua tre ans à venir, ce sera Waterloo pour l’automobile française ! Il n’est pas encore trop tard. Nos jeunes ingénieurs ont encore la possibilité d’inventer la mobilité de demain. Mais pour cela, il faut impé rativement sauvegarder les savoir-faire sur nos territoires. Comment sont reçues vos alertes et préconisations par les pouvoirs publics ? J.-L.P. : Elles sont toujours très bien reçues, mais c’est tout ! De suites, il n’y en a pas et j’ai le sentiment que nos politiques refusent de voir que le pays s’enfonce dans la crise et qu’il faudra bien travailler un peu plus pour s’en sortir. Le temps des cigales en France, c’est fini. À un moment donné, il faudra bien passer en mode fourmi ! n Propos recueillis par J.-F.H. en Bourgogne- Franche-Comté l 366 établissements l 37 286 salariés et 4 722 intérimaires l Représente environ 25 % de l’emploi industriel Zoom La filière automobile
Quelles mesures concrètes pour redresser cette compétitivité ? J.-L.P. : Il faut d’abord un vaste plan d’in vestissement à l’échelle européenne, ins piré de ce qu’ont fait les États-Unis. Il faut également un mécanisme permet tant de garantir la disponibilité et des prix d’énergies décarbonées compétitifs. Et en parallèle, des mesures de simpli fication. 108 nouvelles réglementations vont s’appliquer au secteur automobile d’ici 2030. On ne fait que réglementer et ça ralentit évidemment notre compé titivité. Et au plan national ? J.-L.P. : Ce n’est pas nouveau mais le coût du travail nous plombe. Pour un salaire de 80 nets versé au salarié, soit 100 bruts, cela coûte 140 à l’employeur. Contre
120 en Allemagne par exemple. Et tenter de garder un prix d’électri cité plus stable grâce au nucléaire plutôt que de subventionner des éner gies (éolienne par exem ple) qui enrichissent la Chine. Bien sûr, nous ne sommes pas contre les plans de décarbonation, mais il faut une vraie incitation fiscale, une vraie politique de parc, et ne pas subventionner des véhicules destinés à des enfants de familles qui auraient les moyens de s’en payer un. En
“Les pouvoirs publics, fossoyeurs de l’industrie automobile.”
Jean-Louis Pech est le président de la F.I.E.V., la
fédération qui représente la plupart des équipementiers automobiles français.
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