La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025
4 Besançon ÉDITIONS COXIGRUE
La Presse Bisontine - Septembre 2025
Le roman La Camille Une plongée fascinante dans le XIX e siècle bisontin
B ien que vivant à 10 000 kilomètres de Besançon, Ivan Torréadrado n’a pas coupé ses racines bison tines, elles qui nourrissent sa plume. L’ancien pilote profes sionnel d’aviation, habitant à Pékin, vient de publier son pre mier roman. Et il a choisi de travailler avec une maison d'édi tion bisontine, les Éditions Coxi grue. “Je me suis rapproché des éditions Coxigrue pour compter sur la qualité et la confiance” , souligne l’auteur. Si Ivan Tor réadrado a déjà écrit plusieurs romans - le premier à l’âge de 8 ans - il n’avait encore jamais osé les soumettre à un éditeur. “La Camille est une histoire que j’avais envie de partager, c’est la première qui est publiée.” De fait, la première partie du livre, qui se situe à l’époque contemporaine, s’inspire pro fondément de son histoire per sonnelle. “L’idée de La Camille est née en 2007. L’histoire découle des années que j’ai vécues dans la Vallée de la Loue, à Scey-Mai sières, Cléron, Ornans, la haute vallée. Comme le personnage de l’écrivain, j’ai découvert une dame noyée dans la Loue…” Ins piré par des endroits et des ren contres, Ivan a laissé “mûrir ces impressions avant de me mettre
Bisontin d’origine, Ivan Torréadrado a publié un premier roman, La Camille, aux éditions Coxigrue. L’histoire de Camille, le personnage principal, plonge le lecteur dans le XIX e siècle entre vallée de la Loue et Besançon, entre nature et transformation de la ville. L’auteur est présent au festival Livres dans la Boucle.
ainsi l’ouverture du Trou aux Loups ou encore la “nouvelle” Brasserie du commerce. Quant au personnage, cartésien, comme son père, Camille découvre peu à peu la foi jusqu’à prendre le voile. “Le personnage de Camille est janusien, il change de visage au cours du roman. Je voulais faire vivre Camille dans des pas sions, au sens premier du terme, c'est-à-dire de douleur. Elle fait face à des sentiments assez pro fonds et complexes.” À la religion s’ajoute une touche de mystère et de spiritualité mâtinée d’un brin de fantas tique. La jeune femme, comme ses aïeux, se découvre le don de voir et parler aux morts, don qui lui vaut ses ennuis judi ciaires alors qu’elle découvre le corps d’un nourrisson. “Mes recherches les plus abouties se sont concentrées sur les pro blèmes de suppression d’enfants à la fin du XIX e siècle, resitue Ivan. À l’époque, le nombre de suppressions ou d’abandons d’enfants augmente. Le gouver nement réagit et demande aux juges d’être plus vigilants face à ce problème.” Grand cartésien lui aussi, l’au teur n’en aime pas moins les
histoires parapsychologiques. “Je m’y suis toujours intéressé sans prendre partie. Je reste per suadé que, pour des raisons qui m’échappent, des gens sortent de l’habituel et ont des capacités qu’on n’explique pas. Cela m’a semblé naturel de faire vivre Camille de cette façon-là” , observe Ivan. Ce dernier tient salon à Livres dans la Boucle pour présenter La Camille. S’il a déjà en tête une seconde partie au roman, il attend de voir comment le livre est reçu par le public. “L'histoire n’est pas terminée, elle commence quand Camille entre au couvent” , tease Ivan Torréadrado. Grâce à une écriture fluide, pre nante et toute en finesse, des personnages bien dessinés ins pirés de ceux de Stendhal ou Chateaubriand, on se laisse faci lement emporter par la vie de Camille sur ses flots à la fois réalistes et mystiques. L’on retrouve non sans plaisir les paysages urbains et campa gnards de Besançon et de la val lée de Loue qui restent les témoins immuables du temps qui passe. n L.P.
à l’écriture.” Une écriture nar rative, sans fioritures, truffée de quelques mots de patois com tois que l’on utilise encore aujourd’hui tels que “croquenots” ou encore dans l’expression bien comtoise La Camille. Le roman suit donc l’histoire de Camille, une jeune femme de 18 ans, vivant à Montgesoye au XIX e siècle. Sa famille, les Goriot, cultive aussi bien l’esprit que la terre. Le quotidien bascule le jour où Camille est accusée du meurtre d’un nourrisson. Emprisonnée à Besançon, jugée, la jeune femme prend finale ment le voile et se retire au cou vent des Minimes à Besançon. Les vignes familiales tout comme la Loue, cette rivière qui témoignait alors d’une eau claire et poissonneuse, font figure de mères nourricières qui façonnent la vie de Camille. Le lien avec la nature, même distendu pen dant le séjour bisontin, reste prégnant. La nature, encore, demeure le témoin silencieux de l’évolution du personnage, profondément liée à celle de la société du XIX e siècle. Le phyl loxéra fait sa première appari tion, Besançon se transforme en profondeur. Ivan Torréadrado, passionné de l’histoire bisontine, mentionne
Ivan Torréadrado, ancien pilote professionnel, publie son premier roman La Camille.
La Camille, Ivan Torréadrado, aux Éditions Coxigrue, 18€
EN BREF
ARMÉE
Portes ouvertes les 20 et 21 septembre
Le 6 ème régiment du matériel se dévoile au public Pour célébrer ses 40 ans, le 6 ème régiment du matériel ouvre pour la première fois ses portes au public. Au-delà de la fête, le régiment souhaite attirer de nouvelles recrues.
Terrasses L’association Terrasses des collines bisontines et d’ailleurs reprend ses prochains chantiers pierre sèche, les 3èmes dimanches de chaque mois, soit les 21 septembre, 19 octobre, 16 novembre et 21 décembre. Colline de Bregille-Prés-de Vaux. Inscription obligatoire par mail (places limitées) sur terrasses.bisontines@g mail.com. Plus d’infos au 0670065543. L’association organise son assemblée générale samedi 20 septembre à 9h30 chemin Fourchu à Besançon. Mario Morisi L’auteur bisontin sort son 25ème opus le 23 septembre prochain à l’occasion de Livres dans la Boucle. Une fantasy entre science fiction et uchronie intitulée Kalevalo contre la machine, aux éditions Melmac Cat de Marseille. Un livre que Mario Morisi qualifie “d’acte de résistance poétique au péril de l’I.A. et des algocraties.” L’Italo Bisontin Mario Morisi est un habitué des objets littéraires non identifiés.
C’ est une grande première. En quarante ans d’existence, le 6 ème régiment du matériel dont l’un des sites se trouve à Besan çon, ouvre ses portes au public. “Par nature, on est concentré sur notre cœur de métier. Les 40 ans du régiment est l’oc casion de rayonner” , relève le colonel Philippe Le Bot, commandant le 6 R.M.A.T. Ce dernier a d’ailleurs planché, aux côtés d’un historien, sur un livre - le premier là aussi - qui retrace l’histoire de ce régi ment fort de 1 000 hommes et réparti sur trois sites (Besançon, Woippy en Moselle et Gresswiller en Alsace). Le quartier Brun-Lyautey à Besançon compte 411 postes. 361 sont actuellement occupés. “Nous avons un déficit en termes de recrutement” , souligne le colonel Le Bot. Ces portes ouvertes permettent ainsi au régiment de gagner en visibilité et de déclencher des vocations chez les jeunes. Si le 6 R.M.A.T. peut recruter sans diplôme, le personnel porte une
double casquette de militaire et méca nicien. “On demande de l’expertise. Au départ, les jeunes ne s’engagent pas for cément dans l’armée pour être mécanicien, ça ne va pas forcément de soi. La plupart veulent être dans un char ou en groupes d’infanterie. Le 6 R.M.A.T. peut apparaître moins attractif au premier abord mais nous faisons beaucoup de réengagement de militaires qui cherchent un métier en plus de leur vocation de soldat.” Expositions, démonstrations,
Pour célébrer ses 40 ans, le 6 ème régiment du matériel dévoile ses métiers et ses savoir-faire le temps d’un week-end.
tions avec les lycées professionnels. On propose des immersions successives et une allocation financière pour inciter les futurs Bacs pro à nous rejoindre” , souligne le colonel Le Bot. Concrètement, le 6 R.M.A.T. soutient un tiers de régiments et un quart des équi pements de l’Armée de terre. Il assure entre autres “l’ensemble des opérations complexes de réparation des véhicules blindés de combat d’infanterie et des matériels type Griffon ou serval, du déta chement d’ouverture d’itinéraires piégés, des porte-engins blindés, des grues Lieb herr. Il est également centre expert pour la maintenance des matériels d’appui et de guerre électronique.” Autant de savoir-faire et d’équipements que le public est invité à découvrir lors des portes ouvertes. “Ces portes ouvertes sont vraiment pour les familles, pour tous
les âges” , souligne le colonel. Expositions, démonstrations, présentation de véhi cules, parcours sportifs, échanges avec les soldats, ateliers ludiques pour une plongée interactive dans l’univers mili taire, balade en poney dans le régiment, tir airsoft, détourellage des véhicules blindés… Le 6 R.M.A.T. se dévoile le temps d’un week-end. Il fait d’ailleurs partie de la liste des monuments à visiter lors des journées du patrimoine, qui ont lieu ce même week-end. n L.P. Portes ouvertes les 20 et 21 septembre de 10 à 18 heures, quartier Brun-Lyautey à Besançon, 69, avenue Clemenceau. Entrée libre.
En l’espèce, le régi ment ne compte pas moins d’une dizaine de métiers : conduc teur approvisionneur, logisticien-mainte nancier, dans l’admi nistratif et les res sources humaines. “On recrute tout le monde mais aussi de manière privilégiée par le biais de conven
présentation de véhicules.
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