La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025
30 Le dossier
Septembre 2025
l Labergement-Sainte-Marie
l Pontarlier Complémentarité privé-public Le collège-lycée Habitué à figurer sur le podium des meilleurs lycées régionaux, l’établissement souffre davantage d’un manque de place que de soucis de recrutement. Il accueille par exemple pour cette rentrée 40 élèves supplémentaires en seconde
Effectif stable depuis 10 ans
L’école-collège Sainte-Jeanne Antide en ordre de marche La croissance démographique observée depuis quelques années sur le Haut-Doubs profite à la plupart des établissements scolaires qu’ils soient publics et privés, en ville comme à la campagne. Exemple à Labergement-Sainte-Marie.
du monde” , explique Pascal Thomet qui a pris la succession de Michel Vermot à la tête de l’Organisme de Gestion de l’En seignement Catholique. (O.G.E.C.). La dynamique démographique du Haut Doubs dopée depuis plusieurs années par l’arrivée des nouveaux habitants attirés par la Suisse se répercute à tous les étages de la scolarité. On n’y compte plus les extensions d’école ou la création de péris colaires. L’effectif de l’école-collège de Sainte-Jeanne Antide varie entre 240 et 250 élèves depuis une dizaine d’années. “Il y a 127 enfants au primaire et 32 en maternelle, le tout réparti sur cinq classes” , détaille Pascal Thomet. Même configuration au collège qui compte 115 élèves sur quatre classes, de la 6 ème à la 3 ème . Même s’il ne participe en aucun cas à la gestion scolaire, le président de l’O.G.E.C. rappelle le fondement même du projet éducatif de l’école-collège de Sainte Jeanne Antide : accueillir chacun avec ses diffé rences. Cette école à taille humaine mobilise une équipe de 29 salariés placée sous la direction de Myriam Michel-Amadry : 12 enseignants au collège, 7 professeurs des écoles, 7 agents A.G.E.C. dont un A.T.S.E.M. et 3 A.E.S.H. qui accompagnent les élèves en difficulté. Beaucoup d’enseignants tra vaillent dans d’autres établissements. “On fonctionne avec le service de restauration du lycée des Augustins à Pontarlier qui nous livre les repas le midi.” La plupart des élèves sont en demi-pension. Le président souligne aussi qu’il n’y a aucune rivalité avec l’école communale publique. Il y voit même l’opportunité de pouvoir proposer un choix aux familles. n F.C.
R econstruite à neuf en 2019 pour 3 millions d’euros, l’école collège Sainte Jeanne-Antide ne manque pas d’attraits visuels. Parmi les derniers aménagements en date, la plan tation de plusieurs érables laisse présager d’ici quelques années des îlots de fraîcheur qui seront bienvenus pour protéger les futures générations d’écoliers. À défaut
de connaître les hivers d’antan, elles auront sans doute à vivre avec des conditions cli matiques beaucoup plus chaudes. Pas question pour l’instant d’envisager de nouveaux projets d’envergure. L’heure est plutôt à la temporisation. Sûr que cette coûteuse rénovation a permis de conforter l’attractivité de l’établissement. “Actuel lement, on aurait plutôt tendance à refuser
Actuellement, on aurait plutôt tendance à refuser du monde”,
“Comme on n’a pas de pression sur les effectifs, on s’entend plutôt bien avec les établissements publics sur Pontarlier”, admet Daniel Boissenin, le chef d'établissement au lycée-collège des Augustins.
explique Pascal Thomet, le président de l’O.G.E.C.
l Haut-Doubs 95 élèves Le lycée des Fontenelles a définitivement fermé ses portes C’est une page de plus d’un siècle d’histoire qui se referme avec la fermeture du lycée privé des Fontenelles, un petit village du Haut-Doubs. Effectifs en baisse et manque d’attractivité des formations ont eu raison de l’institution.
L a décision a été un crève cœur pour tous les mem bres du conseil d’admi nistration du lycée mais l’établissement était au pied du mur et n’a eu d’autre choix que de fermer définitivement ses portes en juin, après une dernière année scolaire. En 2019 déjà, l’ins titution s’était résolue à fermer l’école élémentaire déjà en proie à des difficultés financières, l’éta blissement cumulant alors un passif de 300 000 euros. “Depuis de nombreuses années déjà, l’éta blissement accusait un déficit financier important, confirme Flo rian Gaiffe, le président du conseil d’administration des Fontenelles. Même si ces dernières années on avait réussi à redresser les comptes et limiter les pertes, les perspectives n’étaient pas encourageantes, nous
Le lycée-collège des Fontenelles a définitivement fermé ses portes au début de l’été.
avons donc pris la décision de fer mer l’établissement d’enseigne ment. On s’y attendait, mais c’est toujours difficile d’avoir à prendre ce genre de décision” poursuit M. Gaiffe. La baisse régulière des effectifs
l’an dernier. Une formation ouverte en 2020 au moment de la crise sanitaire mais qui n’avait jamais vraiment décollé. 95 élèves étaient encore scolarisés aux Fontenelles, 45 collégiens et une cinquantaine de lycéens. “Un tel effectif n’est plus viable pour un établissement de cette taille” ajoute Florian Gaiffe. Les élèves originaires du secteur se redé ploieront sur d’autres établisse ments proches, ceux venant d’au tres régions ont regagné leurs pénates. C’était souvent des jeunes en rupture familiale ou en difficulté scolaire. Une psy chologue scolaire travaillait d’ail leurs aux Fontenelles. Les élèves encore en cours de for mations ont été redirigés pour cette nouvelle année scolaire au lycée Jeanne-d’Arc à Pontarlier
scolaires a été fatale au lycée. Des formations comme le service à la per sonne dispensées ici n’attiraient plus grand monde. Le relatif isolement géographique du collège et lycée des Fontenelles était aussi un frein à son développement. La formation de C.A.P. jardinier-paysagiste avait été gelée dès
pour poursuivre leur cursus. “On a essayé d’accompagner du mieux possible les élèves et les parents” poursuit le président. Un ancien chef d’établissement était d’ail leurs revenu exprès dès décembre pour assurer cet accompagne ment. Tout le monde a donc quitté les lieux en juillet. L’intégralité des enseignants - une quinzaine - a été reclassée dans d’autres éta blissements d’enseignement, et le reste du personnel (une dizaine entre les cuisines, l’administratif,
l’entretien) a également trouvé une solution, à Maîche ou dans d’autres communes proches. Les bâtiments d’enseignement revien nent à la congrégation religieuse voisine propriétaire des murs qui resteront pour l’instant vides. “La communauté de communes du Plateau du Russey a inscrit dans son budget le financement d’une étude d’opportunité sur l’avenir du site” précise Gilles Robert, le président de l’intercommunalité. L’idée d’un partenariat avec le Département du Doubs pour
requalifier le site autour du thème de l’inclusion numérique a com mencé à être évoquée. Dans leur bâtiment voisin, la petite dizaine de religieuses encore présente continue l’accueil de groupes. La vocation éducative des Fon tenelles remontait au XIX ème siècle avec une première école religieuse. Fermé un temps, l’établissement avait rouvert ses portes en 1928, les actuels bâtiments du lycée agricole avaient été construits en 1967. n J.-F.H.
“C’est difficile d’avoir à prendre ce genre de décision.”
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