La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025

28 Le dossier

Septembre 2025

l Franche-Comté Enseignement privé L’enseignement catholique en ordre de marche

Depuis six ans, l’enseignement catho lique a par ailleurs entamé une “démarche prospective” sur leur “raison d’être.” Quatre valeurs ressortent et nourrissent le projet éducatif : “accueil de tous quelles que soient la religion et la condition sociale, la protection de la maison commune et de l’environnement, la fraternité et l’alliance et le regard sur l’espérance” , énumère Mireille Bes seyre. Cette dernière n’élude pas pour autant la question des abus dans les établis sements privés. Si elle assure “qu’il n’y a pas de Bétharram en Franche-Comté, il n’empêche qu’on est à l’écoute, nous restons en alerte. La priorité est de faire en sorte que la victime puisse parler et recevoir une reconnaissance.” Les éta blissements ont reçu une formation collective sur les violences et le harcè lement. Un plan Boussole (équivalent du programme pHARe pour le public) ainsi que le plan Brisons le silence sont mis en place depuis plusieurs années. “Certains établissements ont eu des contrôles financiers et administratifs précipités par la commission parlemen taire (N.D.L.R., sur le contrôle par l’État des violences à l’école). Ce sont des points de rencontre qui rassurent sur le fonc tionnement qui répond à toutes les obli gations et aux attentes de l’État” , observe Mireille Besseyre. L’enseignement catholique de Franche-Comté se décline dans 115 unités pédagogiques 54 écoles, 35 collèges, 8 lycées général et techno logique, 11 lycées professionnels, 4 lycées agricoles ainsi que un I.M.P., un CMPro et un E.R.E.A. Ces trois der nières structures sont dédiées aux enfants porteurs de handicap. n L.P.

Avec des effectifs stables, la rentrée de l’enseignement catholique de Franche-Comté a été sereine. Plus que celle de l’année dernière, en tout cas, émaillée de la question problématique des transports scolaires qui n’étaient plus pris en charge par la Région. Cette mesure, réajustée, entre en vigueur cette rentrée.

élèves du privé, ni les détours effectués. Le coût pour l’enseignement privé, qui se serait répercuté sur les familles, était énorme, plus de 700 000 euros. La mesure a été repoussée à cette ren trée 2025, mesure qui selon Mireille Besseyre a été largement ajustée. Reste que face à l’incertitude sur le transport, certaines familles n’ont pas inscrit leurs enfants dans un établissement privé. Pour autant, les effectifs restent stables. L’enseignement catholique de Franche Comté compte 25 000 élèves dont 900 dans l’enseignement agricole. Une baisse de 180 élèves est constatée, liée, comme dans le secteur public, à la déprise démographique. Les écoles per dent le plus d’élèves (164), les collèges 54. “Il a une baisse à l’entrée en 6 ème , relève Mireille Besseyre. Les effectifs dans les lycées généraux et professionnels sont stables en marge haute, c’est une belle satisfaction.” Le recrutement est lui aussi positif. Dans le premier degré, tous les postes

D e toute évidence, le sujet crispe moins, voire plus du tout, la direction de l’Ensei gnement catholique. Preuve en est, la question - épineuse l’année dernière - du transport scolaire des élèves du privé, n’est évoquée qu’à la fin de la conférence de presse. “Nous avons fait tout un travail avec la Région

certaines familles, en raison de l’isole ment des établissements. “Nous tra vaillons encore sur ce sujet pour que la liberté des familles de faire le choix entre privé et public puisse être exercée” , souligne la directrice de l’enseignement catholique. Pour rappel, à l’été 2024, la Région avait annoncé ne plus financer les cars affrétés spécialement pour les

sur les lignes et les dessertes, on a procédé à des ajustements. La Région a fait un énorme pas par rapport à ce qui a été annoncé” , se réjouit Mireille Besseyre, directrice de l’enseignement catholique en Franche-Comté. Dans le Doubs, le transport scolaire reste gratuit. En Haute-Saône, le coût s’élèverait à 50 euros par mois pour

sont pourvus. Il reste 12 postes à pouvoir dans le second degré, notam ment en maths, alle mand, lettres et sciences. “Les postes non pourvus sont ceux qui ne sont pas à temps plein, un peu iso lés” , convient Mireille Besseyre. 2 000 ensei gnants travaillent dans le privé. Parmi eux, entre 350 et 400 sont vaca taires.

“Il n’y a pas de Bétharram en Franche Comté.”

Mireille Besseyre, directrice de l’enseignement catholique de Franche-Comté.

l Enseignement agricole 420 élèves Le bonheur est dans le pré au lycée LaSalle de Levier La rentrée s’annonce sereine au lycée de Levier qui affiche pratiquement complet dans ses formations générales ou agricoles. Le point avec Xavier Kasper, le directeur d’un lycée accueillant 420 élèves.

L es 7 et 8 novembre pro chains seront célébrés les 75 ans des cours agri coles dispensés à Levier. Autant dire que des générations de jeunes agriculteurs sont déjà passées par ici et d’autres devraient également apprendre les bases de leurs métiers dans cet établissement. Lequel fait partie d’un Organisme de Ges tion de l’Enseignement Catho lique comprenant aussi une école maternelle et primaire, et un collège. “L’effectif global avoisine 850 élèves et chaque établisse ment à sa propre direction” , explique Xavier Kasper. Le lycée LaSalle accueille des apprenants de la 4ème au B.T.S. “On a été contraint de refuser des candidats en 4 ème et 3 ème . Ces deux classes bénéficient d’un pro gramme adapté à la découverte des métiers de l’agriculture. Il reste encore quelques places en Bac général et en B.T.S. en for

mation initiale. Environ 420 élèves seront scolarisés au lycée. On suit une courbe assez stable depuis deux ans.” Le gros des effectifs se concentre encore dans la filière agricole qui reste le moteur de l’établis sement. Assez logique quand on se situe au cœur des A.O.P. fro magères jurassiennes. L’aire de recrutement sur la partie agricole s’étend dans un rayon de 60 à 70 km autour de Levier. Elle est

gnement général s’articule autour d’un Bac à dominante scientifique. Pas de nouvelles formations à signaler à la rentrée 2025. “On réfléchit sur l’oppor tunité de proposer un bachelor, soit un Bac + 3. La seule inno vation à mentionner concerne le B.T.S. qui sera organisé en semes trialisation. C’est plutôt une bonne chose car cela est plus adapté aux besoins des profes sionnels. Ce changement a été validé par la D.R.A.A.F. Bour gogne-Franche-Comté en juin dernier.” L’un des atouts du lycée réside dans son internat moderne qui offre 250 places. “C’est un équi pement très attractif notamment au niveau de la filière hippique.” Le lycée LaSalle, c’est aussi une ferme d’application de 35 hec tares qui abrite une centaine d’animaux : chevaux, moutons, vaches allaitantes. “On n’a pas d’atelier laitier car il y a plein

“On compte une quinzaine d’enseignants qui exercent une activité agricole. C’est très intéressant car cela permet de ramener des cas concrets”, apprécie Xavier Kasper, le directeur du lycée LaSalle à Levier.

un peu plus large sur l’autre filière liée aux métiers du che val. “On attire des jeunes qui viennent du grand Est. Cette année, on aura même une jeune Martiniquaise qui a choisi de se former à Levier car elle a de la famille dans le Doubs.” La filière d’ensei

recrutement des enseignants reste toujours un souci dans un lycée qui emploie une centaine de salariés dont la moitié sont des professeurs. “Une quinzaine exerce aussi une activité agricole. Pour nous, ces profils sont très intéressants car cela permet de ramener du concret dans la péda gogie. Cette pluriactivité est une chance dans l’enseignement agri cole.” L’agenda du lycée LaSsalle sera

d’exploitations aux alentours avec lesquelles on collabore régu lièrement pour des visites, l’ac cueil de stagiaires… La ferme du lycée est plus dédiée à la diver sification. On a aussi la chance d’avoir une forge et une menui serie au lycée. Cela permet d’ini tier les élèves qui seront parfois amenés à faire de la soudure ou à travailler le bois dans le cadre de leurs activités à la ferme.” Xavier Kasper reconnaît que le

marqué par des demi-journées d’informations programmées en novembre, janvier et mai. Sans oublier en mars les tradition nelles journées portes ouvertes. Bien conscient du contexte actuel, Xavier Kasper rappelle toute la vigilance portée sur le volet sanitaire. “Si le Super Comice de Pontarlier avait lieu en octobre, on serait présent sur cet événement.” n F.C.

“On a été contraint de refuser des candidats en 4 ème et 3 ème .”

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