La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025

26 Le dossier

Septembre 2025

l Les enseignants Manque de formations et de moyens Les syndicats restent inquiets

Face à l’instabilité politique, et le défilé des ministres de l’Éducation ces dernières années, les enseignants, de manière générale, sont fatigués. Les syndicats dénoncent une mésestime du travail d’enseignant et un manque de formation alors que de nouveaux programmes sont mis en place dans le premier degré.

réforme de la formation initiale. Faire des études en trois ans puis deux ans supplémentaires lui semble pertinent pour les besoins du métier. En revanche, elle déplore une marginalisation de certaines disciplines au profit des maths et du français. “D’au tres aspects ne sont pas pris en compte pour la polyvalence du professeur des écoles. On doit enseigner toutes les disciplines. Toutes les autres facettes du métier comme la connaissance du système éducatif, la gestion des conflits, etc. sont reléguées.” De la même manière, elle dénonce un manque de forma tions pour lesquelles il “va falloir passer la seconde. On arrive en cours sans avoir eu aucune for mation sur les nouveaux pro grammes.” Ces derniers sont controversés dans la manière dont ils ont été construits. “Ils sont construits pour un élève modèle qui n’existe pas, la pro gression sur l’année est très ser rée, ça ne prend pas en compte le rythme des élèves, nous sommes très inquiets.” Si Amélie Lapprand se félicite de l’arrivée du programme Évar (éducation à la vie affective et

Le métier d’enseignant se paupérise, faute de revalorisation du salaire (photo d’illustration).

A liette, Mélissa et Léa sont professeures depuis bien tôt dix ans. Quand on leur demande ce qu’elles pensent de la réforme du métier d’ensei gnant, à la lumière de leur expé rience, elles avouent ne pas avoir trop suivi le sujet. “Je trouve que c’est assez révélateur, observe Aliette, professeure documen taliste. On change tellement de ministres et d’axes qu’on est perdu. Ils n’ont qu’à augmenter les salaires, ça marchera mieux pour l’attractivité.” Ce phénomène de ras-le-bol et de fatigue, François Batlog, secrétaire académique adjoint U.N.S.A. Éducation, et principal de collège par ailleurs, le ressent bien. “Toutes les craintes qui avaient été émises l’année der nière lors de la réforme de la voie professionnelle se sont réa lisées. En juin, il y a eu un gros absentéisme parce que le diplôme a été passé en mai. Globalement, on déconstruit ce qui a été

imposé. Il y a un phénomène de ras-le-bol. On a besoin de stabi lité, de vision à moyen terme, on ne peut pas gérer au gré des vents, ça fatigue. Il y a un sen timent de mésestime, le travail n’est pas reconnu. Mais c’est une question de politique nationale, ce n’est pas au niveau de l’aca démie.” S’il reconnaît l’énorme travail effectué pour recruter le plus de professeurs possible pour cette rentrée, “on paie une situa

plus rapidement. “Mais avec un master, commencer sa carrière à 1 400 euros, ça pique un peu. Les métiers de l’Éducation natio nale se paupérisent.” François Batlog soulève aussi une augmentation des agres sions des enseignants de 20 à 30 %, de la part des élèves et des parents. Le principal de col lège s’inquiète aussi de la ques tion de l’interdiction des télé phones portables dans l’établissement. “Nous n’avons pas eu de dotation en matériel et en moyens humains pour col lecter des centaines de téléphones. Ni en termes de responsabilité. Si un téléphone est cassé, l’éta blissement doit payer la répa ration. D’un point de vue régle mentaire, le téléphone est interdit dans le règlement intérieur. Mais la question se pose sur les moda lités d’application.” Pour le premier degré, Amélie Lapprand, du Snuipp-F.S.U. du Doubs, est partagée sur la

tion de non attractivité des métiers de l’Édu cation natio nale.” Pour le syndicaliste, la réforme de la formation ini tiale est intéres sante car les étu diants sont payés plus tôt, et la formation de terrain arrive

relationnelle), elle s’inquiète aussi du manque de formation. “On va lancer des enseignants sur des sujets sensibles qui peu vent susciter des questionne ments. En moyenne, deux enfants par classe sont victimes de vio lences incestuelles. Quand on parle de consentement, ça peut susciter des choses chez les enfants donc il faut être prêt. Le F.S.U. a commencé à proposer des formations sur le sujet dans les stages syndicaux. Une soixan

taine de collègues étaient pré sents, donc il y a une demande et des attentes. Mais ce n’est pas aux syndicats de pallier le manque de formation.” Cette année, la rentrée scolaire dans l’académie a déjà été enta chée par un drame. À Montbé liard, lors de la pré-rentrée, une enseignante a tenté de se sui cider dans son lycée, secourue par ses collègues. Ses jours ne sont plus en danger. n L.P.

Une mésestime du métier d’enseignant.

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