La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025

24 LE DOSSIER

Septembre 2025

Rentrée scolaire : les grands enjeux

Sur fond d’instabilité politique nationale, les 194 000 élèves de l’académie de Besançon ont repris le chemin de l’école. Perte d’élèves tant dans le public que le privé, nouveaux programmes axés sur le français et les maths, programme Évars(s), réforme de la formation des enseignants… On revient sur les grands enjeux et problématiques de cette rentrée (photo archive L.P.B. - Ville de Besançon).

l Rentrée scolaire

Académie de Besançon

Près de 2 700 élèves en moins dans l’académie

Les 194 673 élèves que compte l’académie de Besançon ont fait leur rentrée dès le 1er septembre. Malgré une baisse d’élèves importante liée à la déprise démographique, la rentrée s’annonce sereine pour le rectorat.

La situation dans le Doubs Le Doubs compte environ 96 000 élèves dont 43 462 élèves dans le public et 4 760 dans le privé. Le collège compte 26 210 élèves dont 5 134 en établissement privé. 15 107 lycéens fréquentent des établis sements publics pour 2 213 dans le privé. 2 500 élèves sont en post-Bac. “La part public-privé reste stable même s’il y a une légère diminution dans le privé, précise le D.A.S.E.N. Samuel Rouzet. Globale ment, nous ne sommes pas une académie où il y a une forte proportion de privé.” Le Doubs comme les autres départements perd aussi des élèves, notamment dans les écoles (- 2,5 %) et les collèges (- 1,3 %) quand les lycées restent stables (+ 0,7 %). “Nous sommes attractifs en lycée sur des spécialités et des formations spécifiques”, explique le D.A.S.E.N. Pour ce dernier, le problème principal est de construire un réseau scolaire sur une vision à 3-4 ans, qui intègre la déprise démographique. Il est estimé à moins 1 000 élèves dans le premier degré sur les trois prochaines années. n

l Un enseignant devant chaque élève C’est le cas pour le 1 er degré. Chacun des 98 852 écoliers dans le public et le privé ont un enseignant. Dans le second degré, certains postes ne sont pas encore pour vus, notamment en lettres, et dans des disciplines pointues de la voie profes sionnelle. Certaines zones dans le Jura et la Haute-Saône peinent aussi à attirer les enseignants. “Les conditions sont plu tôt favorables pour des conditions les plus sereines de la rentrée” , avance pru demment Alma Lopes, secrétaire générale de l’académie de Besançon. Reste que les métiers de l’enseignement ne sédui sent plus. Pour pallier ce manque d’attractivité, une réforme de la formation initiale des enseignants entre en vigueur à la rentrée 2026. Le concours se passera à la fin d’une licence dédiée au professorat. Le master sera rémunéré. Certains, et notamment les syndicats, s’interrogent sur certains aspects de cette réforme (voir ci-contre). “Nous avons une politique de gestion de nos process et de notre ges tion R.H. qui permet d’améliorer les condi tions de travail de nos personnels, souligne

Alma Lopes. Plus de 10 000 personnes ont eu une formation continue, soit 27 000 jours, 2 500 modules proposés, pour 1,4 million d’euros. Nous avons aussi la formation des contractuels au fur et à mesure de leur entrée dans le métier, l’ob jectif étant qu’ils réussissent le concours.” Par ailleurs, le rectorat loue un taux d’encadrement qui s’améliore. Le premier degré compte 20,53 élèves par classe en moyenne, 25,30 au collège, 32,07 au lycée et 17,58 en lycée professionnel. Alors que l’académie fait face à des pertes

l De nouveaux dispositifs U.L.I.S. Au niveau national, l’U.N.A.P.E.I., un réseau d’associations de personnes por teuses de handicaps, dénonce un manque d’accompagnement adapté pour des mil liers d’enfants handicapés. Au niveau académique, le rectorat défend un ren forcement et un développement des dis positifs. Quatre unités localisées pour l’inclusion scolaire (U.L.I.S.) ont été créées ainsi qu’une unité pédagogique pour élèves allophones nouvellement arrivés (UPE2A). “Dans le premier degré, deux emplois ont été créés dans le cadre de la stratégie autisme et quatre postes en U.L.I.S. dans le second degré” , précise la secrétaire générale de l’académie. Une demi-U.L.I.S. ouvre au collège Grenier

Rouzet, D.A.S.E.N. du Doubs (directeur académique des services de l’Éducation nationale). Donc on continue à diminuer le taux d’encadrement.” l Quid des remplacements ? Dans le premier degré, 87 % des ensei gnants absents sur la longue durée sont remplacés. Un taux qui monte à 96,5 % dans le second degré. En revanche, le rapport s’inverse sur les remplacements en courte durée. Le taux tombe à 16,7 % (tous niveaux confondus). “Mais nous comblons les absences par d’autres dis positifs, justifie le rectorat. Nous sommes la 4 ème académie de France en taux de remplacement longue durée, et 7 ème pour la courte durée.”

d’élèves, dues à la déprise démographique. L’académie compte près de 2 700 élèves en moins, tous niveaux confondus. Le Doubs a perdu plus de 1 000 éco liers. Conséquence, 12 postes dans le premier degré ont été rendus. “Si on fait le ratio par rap port au nombre d’élèves en moins, on devrait per dre cinq fois plus de postes, calcule Samuel

Préoccupation sur la santé mentale des élèves.

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