La Presse Bisontine 280 - Septembre 2025

12 L’événement

Septembre 2025

l Haut-Doubs L’état de santé du P.-S. “Si je pars, il n’y aura plus personne pour représenter le P.-S.” La section du P.-S. du Haut-Doubs ne compte plus que huit adhérents comme le regrette amèrement Gérard Guinot, le secrétaire de la section et membre du conseil fédéral qui souhaite que la gauche s’engage dans les élections municipales de Pontarlier sans étiquette de parti. Entretien.

L e Haut-Doubs n’a jamais été un bastion de gauche et encore moins du P.-S. ! Gérard Guinot : Historiquement, c’est avant tout une terre de la droite catholique. Le seul véri table îlot de gauche se situait à Pontarlier qui a connu deux maires socialistes depuis cin quante ans : Denis Blondeau élu de 1977 à 1983 et Yves Lagier de 1989 à 1995. Son équipe était formée principale ment d’ouvriers et de fonction naires, des catégories qui reflé taient aussi la physionomie d’une ville ouvrière avec de nom breux emplois dans le public : établissements scolaires, hôpital, centre des impôts, commune… On peut aussi rappeler que Christian Bopuday, l’ancien maire de La Rivière-Drugeon, a été élu conseiller général du canton de Pontarlier pendant deux mandats de 2004 à 2015.

l’association Aigles qui regroupe des représentants locaux de tous les partis du Front de gauche. On se réunit tous les deux mois rue Vannolles dans l’ancien local de L’Esperluète. L’objet de cette association : constituer une force de propositions politiques et notamment pour les différentes échéances électorales dans la 5 ème circonscription. Êtes-vous impliqué dans la préparation des élections municipales à Pontar lier ? G.G. : On participe à la constitu tion de la liste “Haut-Doubs col lectif, écologique et solidaire” qui porte le même nom que celle présente au précédent mandat. On organise une réunion publique par mois pour débattre sur différentes thématiques : le plan de circulation, les mobilités, le logement… Entre 15 et 25 personnes assistent aux séances qui ont pour but de faire émerger les actions prioritaires pour bâtir

G.G. : Je suis arrivé à Pontarlier en 1983 pour occuper un poste de cadre à la C.I.T. Alcatel. J’avais alors 37 ans. J’ai adhéré en 1989 à la section locale du P.-S. qui s’étendait à l’échelle de Pontarlier et du Haut-Doubs forestier. Aujourd’hui je suis secrétaire d’une section élargie à tout le Haut-Doubs. Avez-vous exercé des mandats élec tifs ? G.G. : J’étais conseiller municipal

le conseil.

Combien y a-t-il d’adhérents au sein de la section P.-S. du Haut-Doubs ? G.G. : L’effectif ne cesse de dimi nuer. On était 55 en 2008 et plus que 8 en 2025. On peut quand même signaler deux nouvelles adhésions cette année. Deux militantes P.-S. en provenance de Besançon et Charmoille ont rejoint la section P.-S. du Haut Doubs. Plusieurs membres ont des soucis de santé. On a très peu d’actifs. Pour le vote du secrétaire fédéral, sur huit votants, on a enregistré 7 abs tentions et j’étais le seul présent au vote… Pourquoi rester ? G.G. : Si je pars, il n’y aura plus personne pour reprendre le flam beau. Comment participez-vous à la vie poli tique locale ? G.G. : Le 15 avril 2023, on a créé

dans la minorité actuelle mais j’ai dû démissionner pour rester Délé gué Départemen tal de l’Éducation Nationale. Les deux fonctions ne sont pas compati bles. Il fallait faire un choix et comme personne ne vou lait être D.D.E.N., j’ai préféré quitter

“L’effectif ne cesse de diminuer.”

“Tout n’est pas encore décidé sur la constitution de la liste et la façon de la présenter”, annonce Gérard Guinot, le secrétaire de la section P.-S. du Haut-Doubs au sujet de l’élection municipale à Pontarlier.

Moyse et Cédric Laithier, mais rien n’est acté. On tient surtout à présenter une liste de gauche sans affichage des partis. n Propos recueillis par F.C.

une liste et un programme.

La tête de liste est déjà désignée ? G.G. : Pour l’instant, on a deux candidats présumés avec Xavier

Vous adhérez au P.-S. depuis quand ?

l Pontarlier Un seul socialiste Les points communs plus

l National Les heures glorieuses du P.-S.

forts que les différences

A vec quatre adhérents, La France Insoumise est la mieux repré sentée dans ce groupe des encar tés qui compte aussi un socia liste et un écologiste. “Il n’y a pas de communiste, explique Xavier Moyse qui a toujours été sympathisant vert. J’étais sans étiquette la première fois quand je me suis présenté en 2021 aux élections départementales. Avec Karine Grosjean, compte six candidats adhérents à un parti politique. En quoi cela peut-il interférer dans l’équilibre des forces ? Éléments de réponse avec Xavier Moyse, tête de liste potentielle. La future liste d’union de la gauche qui se présentera en mars prochain aux élections municipales de Pontarlier

L e temps est loin où le Parti socialiste du Doubs s’enor gueillissait d’avoir près de 3 000 adhérents. C’était au temps béni de la social-démocratie, l’époque Mitterrand dont les deux candidatures à la présidentielle en 1974 et 1981 avaient fait explo ser les effectifs, jusqu’à 214 000 adhérents en 1981 au plan natio nal. Plusieurs désillusions plus tard (législatives de 1988 et pire, celles de 1993), puis en 1995 la défaite de Lionel Jospin à la présidentielle face à Jacques Chirac font fondre les effectifs. À la fin des années quatre-vingt dix, le Parti socialiste chutait à moins de 120 000 adhérents. Petit rebond ensuite en 2002, le parti remonte à près de 150 000 adhé sions, avant d’atteindre sont record en 2006 quelque mois avant la présidentielle, avec 280 000

adhérents. La désillusion de la défaite entraîne une nouvelle fonte des effectifs et entre 2007 et 2012, le P.-S. perd trois quarts de ses effectifs. Avant la fin du mandat Hollande, en 2016, le parti ne compte plus que 111 000 adhé rents. La chute est ensuite inexo rable, jusqu’à ne plus compter que 41 000 adhérents à jour de cotisation en 2023. Quelques départements en France font de la résistance et comptent encore plus d’un millier d’adhé rents, comme dans les bastions historiques du Nord, la fédération de Paris ou encore la Seine-Mari time. Et à l’inverse, une vingtaine de départements comptent aujourd’hui moins de 100 adhé rents, comme dans le Haut-Rhin, le Cantal ou les Deux-Sèvres. Avec 250 adhérents revendiqués, le Doubs tire à peine son épingle du jeu. n

“Le choix de la tête de liste est encore en négociation”, confie Xavier Moyse, l’écologiste en lice pour cette place avec l’insoumis Cédric Laitier.

on formait déjà un binôme d’Union de la Gauche. C’est en entrant au conseil muni cipal de Pontarlier en 2022 que j’ai décidé d’adhérer à Europe Écologie-Les Verts. Ce parti compte très peu d'adhé rents en France.” S’il est farouchement opposé au nucléaire, Xavier Moyse sait que cette position n’est pas aussi unanime chez les autres partis de gauche. Pas

“On se rejoint sur plein d’autres choses.”

Le siège du P.-S. à Besançon, dont la section compte 150

de quoi, pour autant, en faire une pierre d’achoppement dans le cadre des élections pontissaliennes. “On se rejoint sur plein d’autres choses. Les différences sont minimes par rapport à nos points com muns. Les combats nationaux n’ont pas lieu d’être dans ce scrutin communal.” Il espère que la liste d’union de la gauche

sera soit annoncée officiellement fin octo bre ou début novembre. Un autre candidat, Cédric Laithier, est susceptible aussi de conduire cette liste. “On est toujours en négociation. Cela se fera en génération spontanée, c’est-à-dire à l’issue d’une pro chaine réunion” , explique le candidat vert âgé de 55 ans. n

adhérents selon son secrétaire.

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