La Presse Bisontine 279 - Août 2025

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La Presse Bisontine - Août 2025

Une nouvelle ère pour La City

Agnès Martin veut mettre l’accent sur l’écologie

N ous avions présenté en avant-première les contours de ce projet dès décembre 2022, cette fois il est officiellement lancé. Pour cela, 14,3 millions d’euros seront mobilisés par une société créée ad hoc, composée de J.P.R. Invest (propriétaire du bâtiment), la Banque des Ter ritoires et l’opérateur Sedia qui s’attaque d’abord au bâtiment dit BB5. Construit au début des années 2000, il abritait les locaux de l’Agence régionale de santé jusqu’en 2022. “L’opé ration de réhabilitation de ce bâtiment BB5 poursuit l’objectif d’atteindre le niveau B.B.C. Rénovation (Bâtiment Basse Consommation)” présentent les investisseurs. Plusieurs opérations sont pré vues pour soigner cette pas soire énergétique : remplace ment complet des vitrages par du double vitrage haute per

formance, installation de brise soleil extérieurs sur les façades les plus exposées, pour limiter les surchauffes estivales, rac cordement au réseau de chauf fage urbain (prévu pour 2027), remplacement du système de production d’eau glacée, et modernisation de l’éclairage avec un passage intégral en Led. L’intérieur du bâtiment sera également repris avec notam ment la réfection du hall d’en trée et des parties communes, la mise en place d’espaces mutualisés, des travaux d’adap tation du cloisonnement des cellules, de reprise des réseaux électriques, de chauffage, de ventilation et de climatisation, pour s’adapter à la nouvelle organisation. “Après réhabili tation, on pourra considérer que ce sera l’immeuble de bureaux le plus qualitatif de Besançon” confiait Paul-Émile

La construction de la City a commencé au début des années quatre-vingt dix avec des normes énergétiques beaucoup moins pointil leuses (photo archive L.P.B.).

S i l’alliance du bloc central, entre Horizons porté par Éric Dela brousse et Renaissance d’Agnès Martin, est actée pour les prochaines municipales à Besançon, la tête de liste est loin d’être encore désignée. Pour autant, le travail pro grammatique avance et la cheffe de file pour Renaissance a livré des pre mières pistes, fin juin. Agnès Martin souhaite mettre l’accent sur l’écologie : “Notre approche, c’est une écologie qui emmène les habitants. Nous avons envie que cela parte d’eux, car l’éco logie concerne tout le monde.” En sous-texte, la conseillère municipale d’opposition dénonce l’écologie d’Anne Vignot avec une “idéologie qui circule, que beaucoup de Bisontins ne comprennent pas. Ils voient les inconvénients : les nuisances, les

embouteillages, les pistes cyclables qui finalement provoquent des bou chons, etc.” Concrètement, le permis de végétaliser, déjà évoqué en 2020, est à nouveau brandi. Le concept ? Permettre à des habitants de végé taliser un petit espace public, “un engagement citoyen dans la ville.” Autre idée, reprendre le tram-train entre Mamirolle et Les Auxons dont l’objectif serait d’utiliser les voies de chemin de fer pour ajouter une cadence et donc plus de fréquence sur ce secteur-là. “Ce n’est pas uni quement la Ville qui peut le faire, mais on peut impulser” , souligne Agnès Martin. La végétalisation des par kings-relais est aussi évoquée, pour les développer et “les intégrer au pay sage de manière plus harmonieuse.” De manière globale, l’élue souhaite une ville “plus résiliente, plus végé talisée” , et avec des voies cyclables plus sécurisées : “Les Bisontins n’y sont pas en sécurité, on ne voit pas d’enfants sur les voies cyclables. Ce n’est pas le vélo pour tous.” Des iti néraires piétons ombragés sont aussi un point à envisager. Dans la même veine, Agnès Martin veut mettre un coup de projecteur sur le secteur Montrapon-Palente, qui n’a pas “été travaillé depuis des années.” Murs anti-bruit à proximité du boulevard, de la végétalisation des passerelles pour piétons et voies cyclables… Il s’agit de “rendre le quartier plus sûr pour piétons et cyclistes et protéger les habitants des nuisances.” Pour l’heure, aucun budget n’a été esquissé. ■ Agnès Martin a livré des premières pistes d’un programme, notamment sur l’écologie.

Robinet, le discret patron de J.P.R. Invest. Ce bâtiment dis pose de 122 places de parking. Cette opération marque le démarrage d’un projet plus ambitieux pour G.B.M. Ensuite, ce sera au tour des bâtiments BB1 et BB3 de faire l’objet d’une grosse opération de réha bilitation. Une fois les bâtiments BB1 et BB3 entièrement acquis (ce n’est pas encore le cas), l’objectif de G.B.M. est de les

relier entre eux (ils sont pour l’instant indépendants) et d’en faire son futur siège central en rapatriant des services à ce jour disséminés en ville. G.B.M. disposera ainsi de plus de 11 000 m2 de surface de bureaux. Au rez-de-chaussée de ce futur ensemble, G.B.M. envisage de créer sa future salle du conseil communautaire, un amphithéâtre de 150 places environ. ■

La statue de Victor Hugo par Rodin dans un nouvel écrin

E n décembre 2022, elle avait pris place - temporairement - dans le hall du musée des beaux-arts. Début juillet, la statue de Victor Hugo nu debout, d’après un moule de Rodin, est installée dans l’es pace public, dans le futur quartier Saint Jacques. Si l’aura n’est pas la même qu’au sein du musée, la statue a su garder toute sa magnificence. C’est une promesse tenue par Anne Vignot qui s’était engagée auprès du généreux donateur, Léonard Gianadda décédé en décembre 2023. En 2019, un moule inédit conçu par Rodin d’un Victor Hugo, nu et

vieillissant, est retrouvé à Meudon, dans le musée Rodin. Léonard Gianadda, via sa fondation suisse, se voit autorisé à fabriquer trois exemplaires sur les 10 possibles. Il destine l'exemplaire numéro 2 à Besançon, ville natale de Victor Hugo. Si au départ, Léonard Gianadda souhaitait que la statue soit implantée en entrée de ville sur un rond point, la municipalité d’Anne Vignot lui pro pose le quartier Saint-Jacques, à proximité de la future grande bibliothèque. La magis trale statue de Victor Hugo nu debout par Rodin s’offre désormais au regard de tous dans son nouvel écrin. ■

La magistrale statue de Victor Hugo est désormais installée à l’angle de la rue de l’Orme de Chamars et de l’avenue du 8-Mai, dans le futur quartier Saint-Jacques.

Éditorial I.A.

quelques minutes après l’avoir rédigé. Une autre étude, de Stanford cette fois ci, est arrivée à cette autre conclusion que plus on utilise l’I.A., plus notre champ lexical s’appauvrit. L’I.A. ne fait finalement rien d’autre que de prolonger un processus entamé depuis longtemps : l’externalisation de nos facultés cognitives au profit des outils technologiques (les G.P.S., les moteurs de recherche, les assistants vocaux…). Alors plus cons ou pas depuis ChatGPT ? Une chose est sûre : nous sommes devenus beaucoup moins sensibles au monde qui nous entoure et avons perdu une réelle connexion avec notre environ nement. En plus d’être un gouffre éner gétique, l’I.A. est bien en train de ramollir les capacités de réflexion des individus. Pour stimuler le cerveau, en cet été où nous consacrons un dossier au tourisme d’itinérance, cette petite suggestion : la marche à pied. Rien de tel pour reconnecter ses sens et ses neurones ! ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser

“cobayes” assistés par l’intelligence arti ficielle avaient une activité cérébrale proche de zéro. “Moins de connexions inter régionales, moins d’ondes alpha (celles de la créativité), moins d’ondes thêta (celles de la mémoire de travail), moins de tout, en somme. L’intelligence artificielle réduit la complexité à une synthèse molle où tout le monde finit par dire à peu près la même chose” résume l’étude. Le M.I.T. a ainsi illustré sur plus de 200 pages de synthèse scientifique ce qu’on pressentait naturel lement : le fait que l’I.A. ne crée strictement rien. Elle peut certes s’avérer une aide précieuse à celui qui attend une réponse rapide à une question, elle peut surtout s’avérer pernicieuse à toute tentative de pensée. Les chercheurs ont également analysé la capacité des participants à se souvenir de leur production écrite. Résultat sans appel : plus de 83, % des utilisateurs de ChatGPT sont incapables de citer un seul passage de leur propre essai, même

Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. est éditée par la société “Publipresse Médias” S.I.R.E.N. : 424 896 645 Rédaction et publicité: 0381679080 E-mail: redaction@publipresse.fr

C e n’est pas un devoir de philosophie, quoique, mais juste un exercice de réflexion pour cet été : l’I.A. nous rend-elle plus cons ? Une question très sérieuse sur laquelle s’est penché récemment le Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) et qui a dégagé des conclusions scientifiques, sur la base d’ex périences consistant à comparer l’activité cérébrale de plusieurs groupes d’individus chargés de rédiger un devoir. Le premier devait faire appel à ses propres ressources cognitives et ses connaissances. Le deuxième était autorisé à solliciter les moteurs de recherche pour aller à la pêche aux informations. Le troisième pouvait adopter la solution la plus rapide : faire appel à ChatGPT. Le bilan de cette expé rience est sans appel : tandis que le premier groupe se creusait les méninges, les

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