La Presse Bisontine 279 - Août 2025

Besançon 19

La Presse Bisontine - Août 2025

HÉBERGEMENT

Le coup de gueule de Michel Vautrot Le C.I.S. craint de devoir siffler la fin de la partie

Voilà près de vingt ans que le président du Centre International de Séjour Michel Vautrot et son conseil d’administration réclament des travaux pour ce centre d’hébergement dont les locaux appartiennent à la Ville.

Michel Vautrot (4 ème en partant de la gauche) entouré de son conseil d’administra tion et du directeur du C.I.S. Frédéric Girard (2ème en partant de la gauche).

O n sait depuis longtemps que Michel Vautrot, l’an cien arbitre international de football, n’a ni son sif flet ni sa langue dans sa poche. En ce début d’été, il a tenu à faire entendre sa voix et celle de son conseil d’administration, en tant que président du Centre International de Séjour (C.I.S.), rebaptisé Éthic Étapes depuis quelques années, face à l’inaction de la Ville propriétaire des bâti ments concernant des travaux que l’association attend depuis des années, pour ne pas dire des décennies… “Voilà près de 20 ans, depuis que je suis le prési dent de cette association, que la Ville nous amuse ! On ne peut plus rester comme ça dans l’in certitude avec des chambres où il fait 35 °C et des cuisines qui ne sont plus du tout aux normes !” s’emporte Michel Vau trot. Quelques travaux sur la partie hébergement avaient bien été réalisés entre 2008 et 2009, mais largement insuffisants et seu lement sur une partie des bâti

ments. La plupart des chambres sont mal isolées, pas climatisées, vieillissantes, souffrent de pro blèmes d’infiltrations. Ajoutons à cela une cuisine où la chaleur estivale est étouffante, une salle à manger pas tempérée et un réseau électrique qui n’est plus aux normes !… Les travaux d’amélioration avaient été chif frés dans un premier temps à 885 000 euros par la Ville pro priétaire des lieux, avant d’être réévalués à 1,2 million d’euros. “On nous avait annoncé des tra

qui suit ce dossier, tempère les accusations. “Le problème élec trique, il sera réglé en septem bre. ? Quant aux travaux de l’es pace restauration, ils sont en effet chiffrés entre 1 million et 1,2 million d’euros car il faut tout remettre aux normes. Ils sont toujours inscrits au plan pluriannuel d’investissements de la Ville pour 2026-2027. Et je tiens à rappeler que la Ville a toujours été aux côtés du C.I.S. quand il a traversé des difficultés. Nous lui versons chaque année une subvention de 114 000 euros se défend l’élu. Il est donc faux de dire qu’on abandonne le C.I.S. !” Le C.I.S., créé au début des années soixante dans la mou vance des hébergements sociaux d’après-guerre souffre aussi d’un manque de notoriété notoire. Il dispose pourtant de 103 cou chages (pour 55 chambres), de salles de réunion, d’un restau rant, le tout au cœur du quartier universitaire et sportif des Mont boucons, mais il est loin de faire le plein. Notamment lors des

vaux en 2026, puis on a ensuite évo qué 2027. Il faut que la Ville arrête de nous amuser !” poursuit le prési dent Vautrot qui déplore que la Ville ne vienne même plus aux assemblées géné rales du C.I.S. depuis plusieurs années. Abdel Ghezali, l’adjoint bisontin

grandes manifestations que Besançon organise. “Le Trail des Forts attire 10 000 personnes, on a dû avoir deux chambres réservées à cette occasion. Pas mieux pour la récente compéti tion de B.M.X. On n’est même pas référencés dans les docu ments de promotion du tourisme” déplore le directeur Frédéric Girard. Le C.I.S. Éthic Étapes emplie 12 salariés, plus 5 autres à la restauration gérée par le groupe Calitéo. Si ses finances sont

saines grâce à une gestion rigou reuse, la survie du C.I.S. n’est pas assurée à long terme. “Si les travaux ne sont pas engagés rapidement, l’attractivité du C.I.S. va inévitablement se dégra der et son avenir est plus qu’in certain” pointe Jean-Noël Mar guier, le trésorier de l’association. “C’est peut-être ce que la Ville souhaite, que le C.I.S. disparaisse de sa belle mort…” note avec amertume Michel Vautrot. Malgré la nécessité d’engager des travaux, le centre d’héber

gement bisontin offre pourtant des solutions d’hébergement et de restauration idéales pour les gens de passage à Besançon, à des prix défiant toute concur rence. Il reçoit beaucoup de sco laires, des compagnons du devoir en semaine, également des mineurs non accompagnés envoyés par le Département. Le public individuel représente à peine 20 % des nuitées. Bien insuffisant aux yeux de l’asso ciation gestionnaire. n J.-F.H.

“Voilà près de 20 ans que la Ville nous amuse !”

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