La Presse Bisontine 279 - Août 2025
Besançon 15
La Presse Bisontine - Août 2025
ASSOCIATION Soutien à l’Ukraine Nouveau départ pour les Convois solidaires Fin juillet, les Convois solidaires prennent à nouveau la route, direction Odessa en Ukraine. Un minibus donné par Grand Besançon Métropole adapté aux personnes à mobilité réduite, participe au convoi. L’association créée il y a trois ans poursuit sa route dans l’humanitaire.
Les Convois solidaires gardent toujours un solide vivier de bénévoles (photos Convois solidaires).
L es Convois solidaires reprennent la route de l’Ukraine, fin juillet. Direction Odessa, avec à leur bord, des ordina
teurs reconditionnés par Saint Vit Informatique, des extinc teurs, du matériel médical (sondes, pansements, potences, déambulateurs, chaises rou lantes, etc.), de la nourriture entérale (injectée par tube pour les malades souffrant de pro blèmes de déglutition ou de glotte), des vélos, des bougies, des filets de camouflage, des filets anti-drone… Un minibus destiné au transport d’enfants atteints de troubles psychomo teurs à Odessa prend aussi le départ. Depuis la création des Convois solidaires en 2022, à l’initiative de Stéphane Ravacley, 275 tonnes de matériel ont été dépo sées à la frontière polonaise, 75 tonnes ont été apportées direc tement depuis août 2023. “Depuis cette date, à part deux camions qui ont été envoyés à la frontière, on va sur place pour donner de main à main, toujours
aux mêmes personnes car il y a beaucoup de corruption” , précise Daniel Federspiel, président de l’association. À titre d’exemple, mi-juillet, l’association des amis des papiers de Belleherbe a remis un chèque de 1 000 euros aux Convois solidaires. L’occa sion d’organiser une conférence débat en présence des Convois solidaires et des donateurs qui se mobilisent depuis deux ans, pour expliquer la destination des dons, en toute transparence. “Chaque don fait l’objet d’un retour sur sa destination, reprend Daniel. Depuis juin 2024, on n’a plus le droit de passer la frontière avec du matériel, sauf si c’est une demande d’associations recon nues par l’Ukraine. Les besoins, ce n’est pas nous qui les inven tons. Nous, on répond aux besoins sur place.” Ce dernier, bénévole de la pre mière heure, s’est rendu au
moins 7 fois en Ukraine. Il a conduit l’ambulance en mars 2022. “On voit des choses tellement fortes. Nous avons déjà envoyé 30 ordinateurs à l’hôpital de Lyubashivka, on en rapporte 30, fin juillet. Là-bas, ils nous ont dit : “Vous sauvez l’hôpital.” Avec 60 ordinateurs, on sauve un hôpital de 2 000 personnes, c’est géant. Aujourd’hui, l’Ukraine est en économie de guerre. Les écoles et les services médicaux n’ont plus rien, plus de subventions. Pour la nourri ture entérale, on nous a dit : “Ils n’ont plus rien à manger s’ils n'ont pas ça.” Ce que les Ukrai niens ont besoin de ressentir, c’est qu’on est avec eux. Ils disent : ne nous oubliez pas. En février, on a pu déposer au centre du pays des groupes électrogènes qu’on a pu acheter grâce à un mécène. Ils ont été distribués
dans les tranchées.” Des vélos vont également être apportés dans le centre de l’Ukraine pour les déplacés du Donbass qui se retrouvent sans rien. “L’Ukraine est pauvre comme la France l’était après guerre. Certains coins isolés n’ont pas l’eau courante, il faut faire 5, 10, 15 km pour aller chercher de l’eau dans le puits du village” , précise Daniel Federspiel. D’où la nécessité des vélos. Des filets de camouflage pour les drones ont aussi été confectionnés dans le local des Convois solidaires avec du tissu acheté au Donbass. Une collecte (parmi les 5 en cours) concerne des filets anti drone. En trois ans d’existence, l’asso ciation a beaucoup évolué. Mais elle a gardé une constante : être au contact des gens qui en ont besoin. “On fait le lien, on revient
vers les mêmes personnes” , note Daniel Federspiel. Forts de 75 adhérents, les Convois solidaires ont gardé 25 bénévoles de la première heure, 25 qui sont pré sents depuis 9 mois, et le reste se sont engagés entre juil let 2022 et septembre 2024. “Il y a eu l’engouement du premier convoi, mais l’investissement est très lourd. Certains partent, d’au tres arrivent. Sur trois mois glis sants, nous avons le même nom bre d’adhérents à + ou - 10 %. Trois nouveaux bénévoles partent avec nous fin juillet. Il faut aussi préciser que 90 % des bénévoles actifs ont plus de 65 ans.” L’association, outre les collectes en cours, recherche des dons pour payer notamment le car burant du prochain convoi. n L.P. les-convois-solidaires.org
Plus de 1 800 extincteurs ont été apportés en Ukraine
Roue de Secours Pour sa 25 ème année, EN BREF grâce à la générosité de deux installateurs francs-comtois.
CENTRE-VILLE
Pas de réaction de la mairie
Les manifestations du samedi exaspèrent les commerçants Ils sont plusieurs à crier leur ras-le-bol des défilés pro-palestiniens et de l’appel au boycott de certaines enseignes du centre-ville par les manifestants. Et déplorent la passivité des élus bisontins.
l’association bisontine La Roue de Secours basée 13, rue Krug a aidé environ près de 1 000 bénéficiaires du territoire à surmonter leurs freins à l’insertion sociale et professionnelle en facilitant leur mobilité. 972 personnes ont été accompagnées en 2024, pour 800 personnes en 2023, soit une augmentation de 21,5 %. La Roue de Secours propose de la location solidaire de véhicules 2 et 4 roues, des garages solidaires et des conseils en mobilité. Pour continuer à aider les personnes en situation de précarité, l’association a besoin de dons de Le giratoire de la R.D. 108 à Devecey qui fait partie intégrante de l’échangeur de la R.N. 57 desservant les communes de Châtillon-le-Duc, Devecey et celles du val de la Dame Blanche nécessite une réhabilitation lourde. Ces travaux de réhabilitation ont démarré le 15 juillet, ils s’étaleront jusqu’au 29 août. Des itinéraires de déviations sont fléchés. véhicules encore fonctionnels. Pus d’informations au 03 81 83 13 28. Giratoire
C atherine Bourgeois, à la tête du magasin Petit Bateau, Grande rue à Besançon, évite désormais de venir dans sa boutique le samedi après-midi. Depuis quelques semaines, elle sait qu’elle y verra moins de clients et avoue ne plus supporter les vociférations des manifestants dans leur mégaphone. Et elle n’est pas la seule. Comme elle, une vingtaine de commerçants de cette partie de la Grande rue sont las de devoir sup porter, désormais chaque samedi, des rassemblements revendicatifs. C’est notamment le cas des tenanciers du petit magasin d’alimentation Car refour Express. Devant cette enseigne - les pro-palestiniens accusent Carrefour et ses filiales de participer à la coloni sation des territoires palestiniens -, les manifestants font régulièrement une longue halte en scandant “Boycott à Carrefour !” Un comportement qui hor ripile les commerçants de ce périmètre. “Comment peut-on laisser des manifes tants agir comme ça! s’insurge Cath
gerine Bourgeois. Entre 14 heures et 15 h 30 le samedi, ça devient insuppor table. Comment la police qui encadre ces manifestations peut-elle laisser faire cela à des gens dont beaucoup ont le visage masqué?” Les différentes sollicitations aux élus bisontins, tous comme aux candidats aux prochaines municipales, n’y ont rien changé. “On a bien vu une délégation
Le rituel du samedi des manifestations pro-palesti niennes exaspère certains commerçants de la Grande rue.
de la mairie, mais ils n’ont strictement rien fait” ajoute Catherine Bour geois qui en appelle dés ormais au préfet du Doubs pour inciter les manifes tants à changer l’itiné raire de leurs défilés. Ces manifestations sont pour tant bien “toutes déclarées et autorisées par la pré fecture” confirment les services préfectoraux. Ces défilés sont déclarés par plusieurs organisations locales: Collectif Pales
“Les élus seraient mieux
inspirés de défendre la cause du commerce.”
tine, Palestine Amitié, F.S.U. et Solidaire 25. L’appel au boycott ne se limite pas à l’enseigne Carrefour. Les manifestants ont incité au même sort par exemple pour le magasin de photo Iris Galerie via des appels au boycott sur les réseaux sociaux. “C’est inadmissible !” ajoute la patronne de Petit Bateau qui craint que
ces manifestations et ce sujet inflam mable relayé par certains élus bisontins finissent par dégénérer. “Et avec l’état actuel de l’économie locale, on n’a vrai ment pas besoin de ça ! Les élus de cette ville seraient bien inspirés de défendre également la cause du commerce de cen tre-ville…” soupire la commerçante. n J.-F.H.
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