La Presse Bisontine 176 - Mai 2016

BESANÇON 12

La Presse Bisontine n° 176 - Mai 2016

EN BREF

CLAIRS-SOLEILS

Le nouveau contrat de ville

Au rendez-vous de ces dames L’association “Réseau d’échanges réciproques de savoirs” se réunit tous les jeudis après-midi au centre Martin Luther-King des Clairs-Soleils. Une des multiples déclinaisons du contrat de ville qui finance 146 projets sur Besançon.

Livre Ancien artisan d’art exerçant dans le Haut- Doubs, Maurice Monnier s’est lancé dans l’écriture. Il a sorti son deuxième roman, “Angelo”, largement inspiré de l’histoire de sa belle-famille, originaire d’Italie. Le roman “Angelo” raconte la vie de ces gens partis sans rien, quittant leur famille pour un monde qu’ils espéraient meilleur et qui, à force de travail, se sont créés un vrai métier, voire pour nombre d’entre eux, ont fondé de prospères entreprises. Le roman navigue de la Lombardie natale du finalement embauché. Aux éditions “C cédille”. Envrionnement La Maison de l’environnement de Franche-Comté organise les mardis 7 et 14 juin, des ateliers éco-citoyens de découverte ouverts à tous, sur les thèmes : “Street art aux couleurs de la nature” et “À la recherche des papillons”. Ces deux ateliers en extérieur se dérouleront à proximité de la Maison de l’environnement (le rendez-vous est fixé au 7, rue Voirin à Besançon). Le nombre de place étant limité, l’inscription est obligatoire par téléphone au 03 81 50 25 69 ou via le site www.maison- héros aux usines Peugeot où il sera

Ç a papote, ça papote… À tel point que Monique Perchet, qui veille sur ses dames, envisage ce jour- là de constituer deux groupes dans deux salles différentes afin de limiter les bavardages. L’autre mot d’ordre de la présidente est clair : interdiction de parler de ses soucis de santé. “On laisse les emmerdes à la porte. Sinon, les dames ne viennent pas par- ticiper au groupe, elles sont pré- venues” sourit la présidente de cette association hébergée dans les locaux du centre Martin Luther-King, quartier des Clairs- Soleils. Comme plus de 140 autres initiatives et associations de Besançon, le “Réseau d’échanges réciproques de savoirs” bénéficie d’un soutien de la collectivité dans le cadre du contrat de ville (voir l’enca- dré) : 1 200 euros versés par la collectivité (Besançon et Grand Besançon), soit la bonne moitié du budget global de cette asso- ciation de quartier. “Cette aide est la bienvenue car nous avons des moyens limités et nous ne demandons aucune cotisation à nos adhérents” note Monique Perchet. Autour de la table, elles sont en

2,1 millions d’euros d’aides publiques L e nouveau contrat de ville a été élaboré à l’échelle du Grand Besançon. Cinq quartiers prioritaires ont été rete- nus sur Besançon : Planoise, Cité Brulard, Montrapon, Clairs- Soleils, Palente-Orchamps. 212 dossiers ont été déposés par des associations locales, 146 ont été retenus et financés pour un total de 2,1140 millions d’eu- ros, dont 1,5 million financés par la Ville, la C.A.G.B. et le C.C.A.S. (le reste est abondé par l’État). “Cette année, nous avons inté- gré 26 nouvelles actions dans le projet sur les 146 retenues” note Karima Rochdi, l’élue en charge de ce dossier à la C.A.G.B. Les aides aux projets vont de 500 euros à 30 000 euros pour les plus importants. n

Monique Perchet (à droite), Denise Boiteux (secrétaire) et les membres du réseau se réunissent tous les jeudis aux Clairs-Soleils.

ce jeudi d’avril une bonne ving- taine à s’activer autour de pelotes de laine et d’aiguilles. Aujour- d’hui, c’est atelier tricotage. Le principe de ce réseau d’échanges de savoirs, c’est comme son nom l’indique, de faire profiter aux autres de ses connaissances, dans n’importe quel domaine d’activité. Aujourd’hui c’est le

ajoute la présidente. Comme c’est le seul réseau d’échanges de ce type sur tou- te la ville, il attire donc des par- ticipants d’autres quartiers. Seuls bémols : comme les réunions du club ont lieu le jeu- di après-midi, on y trouve que des retraitées… au féminin, car peu d’hommes sont attirés par ces activités hebdomadaires. L’autre regret, c’est le manque de “diversité” du public : dans un quartier comme les Clairs- Soleils, on pourrait s’attendre à voir de jeunes filles d’origine étrangère venir aux réunions. Ce n’est quasiment jamais le cas. “On aimerait bien que ces jeunes femmes sortent un peu. On n’arrive pas souvent à les convaincre, c’est dommage. Un de nos objectifs est bien de fai- re de l’intégration” souffle

Monique Perchet. Les ateliers du jeudi ne sont pas les seules activités de l’asso- ciation “Réseau d’échanges réci- proques de savoirs”. Un ven- dredi matin sur deux, il y a atelier cuisine. Un mardi matin sur deux, les dames se rendent à la médiathèque Aimé-Césai- re, quelques mètres plus haut, animer des ateliers lecture à destination des enfants. “Et régu- lièrement, nous organisons des sorties-découvertes dans le Grand Besançon, voire dans d’autres régions.” Au final, bien plus que des réa- lisations en tricot, c’est un véri- table lien social que tissent semaine après semaine ces “dames du jeudi”. Cela vaut bien un petit coup de pouce de la col- lectivité. n J.-F.H.

tricot, une autre fois ce peut être le bricolage, la fabrication de bijoux ou le maniement de la pâte Fimo. “Tout le monde sait fai- re quelque chose, même les plus timides. On les incite à venir partager leurs connaissances”

1 200 euros de subvention.

environnement- franchecomte.fr

SOLIDARITÉ

dant sur place, regarde où l’enfant dor- mira, mangera, et vérifie qu’il sera bien respecté. La famille Pierre qui demeure dans le Grand Besançon a accueilli Louise et Marine (4 et 5 ans) en vacances. Elle en sort grandie. Les filles également qui ont pu participer aux activités. “On ne demande pas d’animations extra- ordinaires : une balade, du jardinage, préparer une tarte…” dit l’association financée par la C.A.F., le Conseil dépar- temental du Doubs, la Ville de Besan- çon. Deux salariés préparent les séjours. Une véritable logistique. Parfois, il faut Contact : Association des familles de Besançon, 12, rue de la Famille à Besançon. Tél. : 03 81 88 47 38 http://afb-besancon.fr

L’appel d’une association

À la recherche de familles d’accueil

B eaucoup d’enfants de Besançon ou du Grand Besançon ne par- tent pas en vacances. Tout sim- plement parce que leurs parents n’ont pas les moyens de leur en offrir. Alors depuis 45 ans, l’Association des Familles de Besançon propose un sys- tème unique en France (par son ampleur) : elle organise et propose des séjours aux enfants dans des familles franc-comtoises dont la plupart sont situées dans le Doubs. En 2015, 509 séjours ont été proposés à 350 enfants âgés de 3 à 17 ans. Preu- ve que la demande est là. Problème, l’A.F.B. est victime du son succès. Les demandes augmentent alors que le nombre de familles d’accueil diminue. “Elles étaient 120 il y a encore quelques années. Elles sont 80 aujourd’hui. Une centaine serait l’idéale car cela permet de répondre de façon intelligente à la demande. Si un enfant souhaite être en vacances à la campagne, ou là où il y a une piscine, ou des animaux, on peut alors proposer à ses parents un panel” explique Jean-Michel Toinard, référent “familles” au sein de l’asso- ciation. Les arguments varient : peur de la responsabilité,manque de temps… Bref, c’est l’inquiétude, d’où l’appel lan- cé par l’association avant l’été. Ces séjours durant les vacances scolaires

L’Association des Familles de Besançon propose à des enfants privés de vacances des séjours dans des familles franc-comtoises. Problème : elle manque de familles d’accueil. Inquiétude.

(ou le week-end) répondent à un triple objectif : “Inviter un enfant à se détendre, à vivre le quotidien d’une famille et à s’ouvrir au monde extérieur, permettre à un parent d’offrir un temps de vacances à son enfant et proposer à la famille accueillante de vivre une aven- ture enrichissante” poursuit le béné- vole. Chacun y trouverait son compte. “Je précise que ce ne sont pas des enfants qui ont des difficultés de comportement mais dont les parents ont des soucis financiers” ajoute le bénévole, éduca- teur spécialisé à la retraite. Les familles d’accueil sont dédomma- gées (16 euros par jour pour enfant de plus de 11 ans et 14 euros en dessous). Ce n’est pas un salaire. La plupart ne le font pas pour l’argent. Il n’y a pas besoin d’avoir de formation d’assis- tante maternelle. Une (légère) contre- partie financière est demandée aux parents. “On recherche des familles susceptibles de partager une histoire, de donner une attention, une protec- tion et une sécurité à un ou plusieurs enfants. On a effectivement reçu des demandes farfelues auxquelles nous n’avons pas donné suite car la famil- le ne pouvait par exemple proposer une chambre à l’enfant” poursuit Jean- Michel Toinard qui vérifie à chaque fois les conditions d’accueil en se ren-

savoir recadrer des parents trop envahis- sants : “La séparation a souvent du bon pour l’en- fant comme pour le parent” relate un professionnel. Bref, ce service a tout son sens. Confrontée à de futures baisses de dotations (de la C.A.F. notamment), l’A.F.B. se démène. Elle espère que la solidarité des familles - qui a fonc- tionné jusque-là - perdu- re. C’est dans l’A.D.N. de la Franche-Comté. n E.Ch.

16 euros par jour d’indem- nités.

Jean-Michel Toinard, bénévole à l’A.F.B., est inquiet face à la baisse du nombre de familles d’accueil. Il lance un appel.

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