Journal C'est à dire 322 - Décembre 2025

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DOSS I ER

Secours catholique

Plus de 200 personnes soutenues par l’équipe du Val de Morteau Alors que le Secours Catholique Caritas France fête ses 80 ans en 2026, la quarantaine de bénévoles de l’équipe du Val de Morteau continue de s’investir au quotidien. Ils suivent entre 200 et 250 dossiers de familles chaque année.

S i les chiffres restent globalement stables, l’aide fournie par le Secours Catholique Caritas France dans le Val de Morteau n’en est pas moins importante. Les bénévoles suivent entre 200 et 250 dos siers chaque année, environ 130 per sonnes passent le pas de l’accueil de jour, et le vestiaire permet de vêtir entre 15 et 20 familles. “Tous les gens qui sont dans le besoin peuvent venir nous voir, précise Étienne Jeanningros, responsable de l’équipe depuis 18 ans.

Il y a beaucoup de familles monopa rentales, de personnes isolées, de per sonnes âgées qui n’arrivent plus à s’en sortir. Ça va de 18 à plus de 80 ans.” Le Secours Catholique Caritas France du Val de Morteau intervient sur plu sieurs volets. Il gère le vestiaire, des bénévoles collectent les vêtements dépo sés en dons à la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul, les trient puis les pro posent à la vente. “Le vestiaire est ouvert à tout le monde, pas seulement aux gens dans le besoin” , insistent les bénévoles.

Le vestiaire géré par le Secours catholique est ouvert à tout le monde.

L’argent des ventes est bien sûr réutilisé pour alimenter le soutien aux familles suivies. Un accueil de jour est ouvert le samedi matin de 9 heures à 11 heures. Les per sonnes qui font la démarche de franchir le seuil de ce lieu d’écoute sont accueillis par un binôme. “Ce sont souvent des dames, des mères de famille” , observe Étienne Jeanningros. Environ 16 per sonnes se déplacent chaque samedi. Des vêtements du vestiaire peuvent être donnés si besoin. L’accueil de jour en lien avec le centre médico-social octroie une aide financière aux per sonnes selon leur dossier. Pour la période de Noël, certaines familles, en priorité celles avec enfants, sont sélectionnées et reçoivent une aide supplémentaire de 50 à 100 euros. “Nous avons reçu pour la période de Noël 19 familles dont 37 enfants, l’année dernière” , reprend le responsable de l’équipe du Val de Morteau. Le Secours Catholique Caritas France

agit également pour l’hébergement d’urgence. Il réserve, en fonction de l’occupation, des lits à Espace Morteau, pour des gens de passage, ou encore des personnes forcées de quitter leur

ningros. Être bénévole, c’est être humble par rapport aux gens qu’on reçoit.” Chaque bénévole assure une mission spécifique. Le vestiaire, notamment, demande énormément de bras. Ici aussi,

domicile. Chaque nuitée coûte 21 euros et est financée par le Secours Catholique. Pour conti nuer de fonctionner, l’équipe du Val de Morteau peut compter sur le soutien d’Emmaüs, qui lui donne 4000 euros chaque année.

comme ailleurs, à Emmaüs entre autres, de plus en plus de vêtements - trop - affluent. Plus de la moitié - 4 tonnes - repart en recyclerie. Sauf que la filière étant totalement obstruée, les recycleries n’acceptent plus les

Une aide financière spécifique pour Noël.

vêtements. Le Secours Catholique stocke 1 tonne d’habits en vue de les recycler. Un binôme de bénévoles assure égale ment chaque semaine une permanence téléphonique. n L.P. Le Secours catholique Caritas France du Val de Morteau est joignable au 0681453803

En revanche, pour l’instant, le Secours Catholique ne réalise plus de soutien scolaire, faute de bénévoles pouvant assurer ce service. Si les bénévoles prennent de l’âge - comme dans toute association - l’équipe du Val de Morteau reste l’une des plus importantes, sur les 33 que compte le Doubs. Certains accusent plus de 25 ans d’ancienneté, d’autres viennent d’arriver, souvent grâce au bouche-à-oreille. “Ces gens ont ça dans le sang, constate Étienne Jean

Les bénévoles viennent de toutes les communes du Val de Morteau.

La pauvreté progresse en zone rurale Social

Le Secours catholique constate une évolution des profils de ses bénéficiaires toujours plus nombreux à venir frapper à la porte de toutes ses antennes dans le Doubs.

bénévoles à se relayer auprès des bénéficiaires du Secours catholique. Ces derniers sont d’ailleurs toujours plus nom breux. “Nous avons accueilli 16 000 personnes en un an à l’échelle de la région. 26 % d’entre eux n’ont aucune ressource. Et 28 % d’entre eux ont un C.D.I., ce sont des travailleurs pauvres que leur emploi souvent à temps partiel ne suffit pas à faire vivre” observe Christophe Gilles, le président du Secours catholique de Franche-Comté. “Nous notons plusieurs phénomènes assez

C oiffeuse bénévole au Secours catholique, Annie Abraham coupe les cheveux et refait une beauté tous les vendredis matin à des bénéficiaires du Secours catholique au siège de l’association à Besançon. Entre elle et les personnes qui passent entre ses mains dans le petit salon aménagé dans les locaux, le courant passe forcément tou jours bien. Et pour cause, Annie a connu comme eux les galères, l’errance et le dénuement. “J’ai connu la rue à 15 ans, sans parents, sans famille, sans revenu” raconte celle qui a éga lement vécu le traumatisme d’un abandon à l’âge de 9 mois et qui a passé son enfance de foyers en institutions. À force d’abnégation et d’efforts, Annie a fini par décrocher son C.A.P. de coiffure jusqu’à ouvrir

son propre salon. Aujourd’hui, elle a décidé de redonner ce que la vie lui avait finalement apporté. “En proposant des séances de coiffure à ces per sonnes, j’ai voulu leur redonner un peu de bien-être et des sourires. Parfois, ces simples gestes suffi sent à les remettre debout. Quand je les reçois, je ne veux pas de visite, je suis seule avec eux, on

Antoine Aumonier,

délégué général

du Secours catholique (à gauche) et Christophe Gilles, le président.

discute, on échange, ils se confient et quand ils veulent me remercier avec une petite pièce ou un chocolat quand ils n’ont même pas une

récents également : 32 % des ménages que l’on aide se situent en zones rurales, cette proportion a doublé depuis que nous tenons des statis

Un revenu médian d’à peine 435 euros par mois.

notre région, les pauvres sont plus encore plus pauvres qu’ail leurs. Le niveau de vie médian des personnes accueillies au Secours catholique dans notre région est d’à peine 435 euros, contre 656 euros sur le plan national. La part des personnes seules augmente aussi. Alors que les antennes du Secours catholique

dans le Doubs accueillaient 19 % d’hommes seuls en 2014, ils sont désormais 45 %, dont 37 % qui n’ont aucune ressource. Face à une situation de plus en plus tendue, et “de plus en plus de gens aux abois qui viennent nous voir” ajoute un autre béné vole, le Secours catholique réclame que la pauvreté soit à nouveau grande cause nationale

en 2027, année électorale. “Quand on prend ce sujet en main, ça a de l’effet note Chris tophe Gilles. Entre 1997 et 2001, à une époque où l’État avait décidé d’en faire une grande cause nationale, 800 000 per sonnes étaient sorties de la pau vreté en France. La pauvreté n’est pas une fatalité !” n J.-F.H.

pièce, je leur dis gardez tout. Tous les gens qui passent dans mon salon sont respectables. Ce qui leur est arrivé, ça m’est arrivé aussi, forcément on se comprend” témoigne la bénévole. Ils sont au total 850 à l’échelle de la délégation régionale, ces

tiques. Et on constate aussi que 70 % des personnes sans aucune ressource sont des étrangers au statut administratif instable” ajoute Antoine Aumonier, le délé gué général du Secours catho lique. Autre particularisme local : dans

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