Journal C'est à dire 322 - Décembre 2025

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DOSS I ER

LA SOLIDARITÉ EN ACTION DANS LE HAUT-DOUBS

Notre territoire qui passe parfois pour un eldorado où l’opulence semble la norme cache comme partout ailleurs des disparités grandissantes. Le revers du Haut-Doubs frontalier, c’est une partie de la population - jeunes, familles monoparentales, seniors - qui a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Sur le plan ins titutionnel, les centres com munaux ou intercommunaux d’action sociale suivent de près cette population aux revenus modestes voire inexistants. Mais c’est aussi et peut-être surtout sur les associations que repose la solidarité. Elles sont nom breuses à agir sur ce champ là et ce sont ses centaines de bénévoles que ce dossier a souhaité mettre en lumière pour ce dernier numéro de l’année.

Quelle boîte à outils pour répondre aux besoins des plus précaires ? Morteau

Maud Le Calvé, chargée de projet au C.C.A.S. de Morteau en

compagnie de Marie Bonnet, l’élue mortuacienne en charge du social. Il manque Léa Guillaume, la responsable du C.C.A.S.

Le C.C.A.S. de Morteau joue un rôle clef dans la prise en charge des plus démunis. Un rôle de coordination entre les services du département et les différentes asso ciations, notamment les Restos du cœur et le Secours catholique impliqués dans l’aide alimentaire et l’héber gement. Décryptage.

explique l’élue. Le C.C.A.S. gère notamment les domiciliations, au nombre d’une trentaine par an, accordées par une commission spécifique. “La domiciliation est une obligation mais un tri s’avère nécessaire en privilégiant les familles ou les personnes les plus fragiles. La domiciliation permet aussi de garder le contact avec ce public” , complète Marie Bonnet. La domi ciliation est un droit qui permet aux personnes sans domicile sta prétendre. La misère n’est pas toujours visible ou exprimée avec facilité, ce qui complexifie la tâche de ceux qui doivent alors déceler les difficultés. L’efficacité du dispositif mortua cien repose sur la complémen tarité entre les acteurs publics et associatifs. C’est par exemple le Secours catholique qui fait fonction de veille mobile. Depuis 2023, le C.C.A.S. est propriétaire d’une tiny house. “Ce mode d’hé bergement permet de pallier la carence de chambres que la paroisse mettait à disposition. La tiny house est gérée par l’A.D.D.S.E.A. et le Secours catho lique. Elle sert normalement à l’hébergement d’urgence mais on ble de disposer d’une adresse pour recevoir du courrier et bénéfi cier des aides et pres tations sociales aux quelles elles peuvent

C’est aussi une des causes de la pénurie de logements.” Plus discret mais bien réel, le public des retraités en difficulté progresse. “On a mis en place depuis six ans la carte Avantages senior. Cette année, 330 personnes ont pris cette carte qui fonctionne sensiblement comme la carte Avantage jeunes. Le dispositif regroupe 40 commerçants.” Pour souder les acteurs de la pauvreté, le C.C.A.S. organise une fois par trimestre le P’tit déj du social. Cette rencontre ras semble une vingtaine de parte naires. L’occasion d’échanger, de trouver des solutions dans cette cellule de veille qui mise sur la proximité des acteurs. n F.C. La C.A.F. dans le paysage mortuacien 900 allocataires sont identifiés à Morteau avec : l 128 bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé l 420 bénéficiaires des allocations logement l 352 bénéficiaires des allocations familiales

constate à l’usage que les gens restent plus longtemps. Trois ou quatre personnes sont logées chaque année dans la tiny house” , détaille Maud Le Calvé. À défaut de tiny house, les per sonnes sont orientées vers le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale qui comprend

le R.S.A. à Morteau ? En 2023, on recensait 90 allocataires dans la cité horlogère. Le C.C.A.S. intervient aussi auprès des plus indigents en distribuant des bons alimentaires. “On a connu une forte hausse après le Covid avec 715 bénéficiaires puis le nombre a évolué à la baisse pour se sta biliser autour de 370.” Ce qui pourrait être un signe encoura geant correspond en fait à un transfert du public demandeur vers les Restos du cœur dont les stocks de denrées alimentaires ont progressé. “Les bons alimen taires du C.C.A.S. fonctionnent dans un seul commerce mortua cien. Par souci de transparence, on demande aussi aux gens de nous rapporter les factures” , sou ligne Maud Le Calvé. En réponse aux sollicitations du C.C.A.S., les associations béné ficient aussi de subventions inci tatives. “On a parfois tendance à considérer qu’il n’y a que des gens aisés à Morteau. C’est faux, la ville n’est pas épargnée par la précarité. On voit pas mal de per sonnes venues tenter leur chance en Suisse et qui échouent. Cer taines rentrent chez elles et d’au tres restent sur place pour se retrouver très vite en difficulté.

À Morteau comme ail leurs, le centre com munal d’action sociale (C.C.A.S.) a pour mis sion d’accueillir et d’accompagner les personnes en situation de précarité. Ce service emploie deux personnes : Léa Guillaume et Maud Le Calvé qui travaillent

en étroite collaboration avec Marie Bonnet, conseillère muni cipale déléguée affaires sociales, santé, seniors, services à la popu lation et C.C.A.S. “On propose un premier accueil pour orienter, déterminer le parcours de prise en charge. On sert aussi de point de repère pour les sans-abri” ,

deux logements. “Le C.H.R.S. s’adresse plu tôt à des personnes en grande précarité qui ont besoin d’un accom pagnement renforcé.”

90 allocataires du R.S.A. dans la cité horlogère.

Les boîtes du cœur Ce dispositif est géré par le col lège et le lycée de Morteau. L’ob jectif consiste à récupérer des boîtes auprès des particuliers qui auront pris soin de les remplir en y intégrant de la nourriture, un vêtement chaud, un objet loi sir, un produit d’hygiène et d’en tretien et un mot doux.

Autre alternative d’hébergement proposée sur le Val de Morteau avec le dispositif de Logement Temporaire Accompagné destiné à un public mieux inséré notam ment sur le plan professionnel. “On dispose aussi d’un logement de mise à l’abri comprenant deux chambres pour accueillir des femmes ou hommes victimes de violences conjugales. Quand toutes ses solutions sont épuisées, on sollicite alors Espace Morteau pour mettre à disposition une chambre” , annonce Marie Bonnet en précisant que cette offre s’ap plique à l’échelle intercommunale et pas uniquement aux Mortua ciens et Mortuaciennes. Combien de personnes touchent

Les boîtes sont ensuite déposées au C.C.A.S. qui les redistribue aux associations. “Cela repré sente entre 40 et 50 boîtes chaque année”, note Maud Le Calvé, chargée de projet au C.C.A.S. de Morteau. n

Chaque année, le C.C.A.S. récupère entre 40 et 50 boîtes du cœur qui iront égayer le Noël des plus démunis.

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