Journal C'est à dire 322 - Décembre 2025
16
VAL DE MORTEAU
Sécurité
Risques de feux de forêt : la coopération se précise
Pompiers, gestionnaires forestiers et scientifiques français et suisses étaient réunis fin novembre à Morteau dans le cadre de l’Agglomération urbaine du Doubs pour évoquer l’avenir de la forêt jurassienne face au changement climatique et la prévention du risque incendie. Où en est aujourd’hui la coopération dans ce domaine ? Éléments de réponse.
F.D.F. 3 au F.D.F. 5, tout se passe à l’école d’application de la sécu rité civile basée à Bardane en Provence. Les pompiers suisses viennent aussi se former en France qui a malheureusement développé une vraie expertise dans ce domaine avec la multi plication des feux en été, explique le capitaine mortuacien très satisfait de cette formation unique. S i un feu se déclenche en Suisse, on parlera le même langage et on utilisera les mêmes méthodes.” Les incendies de l’été 2022 dans les Landes ont agi comme un électrochoc et sont à l’origine d’une politique feux de forêt ren forcée dans tout l’Hexagone. Cela s’est traduit par des gros investissements en formation et dans les moyens techniques notamment avec des camions spécifiques des drones et des logiciels d’opération. Avec la récurrence des canicules et sécheresses, le risque incendie se propage jusque dans les mon tagnes du Jura. D’où l’impor tance de former les pompiers, et de sensibiliser la population en été à l’utilisation des barbe cues dans la nature. “À part quelques départs de feux de broussailles, il n’y a encore jamais eu de gros incendies de forêts dans le Haut-Doubs mais il faut s’y préparer” , poursuit le capitaine en rappelant la règle des 3 x 30 sur les conditions pro pices au départ de feu : taux d’hygrométrie inférieur à 30 %, une température supérieure à 30 °C et vent de vent supérieur
E n mai dernier à Orchamps-Vennes, lors de l’exercice grandeur nature organisé par le S.D.I.S. du Doubs pour tester la réponse de la sécurité civile face à un feu de forêt, les pompiers du canton de Vaud avaient été conviés à participer à cette opé ration en tant qu’observateurs. Cette action s’inscrit ainsi dans le cadre d’une coopération trans frontalière de défense incendie qui existe depuis fort longtemps. Les pompiers du Doubs suivent depuis plusieurs années la For mation Défense Incendie qui se décline en cinq niveaux : de l’opé
rateur sur le terrain au com mandement global d’une opé ration impliquant des centaines de pompiers et des dizaines de véhicules. En 2014 déjà, 150 pompiers du S.D.I.S. du Doubs étaient habi lités à intervenir sur des feux de forêts. Ils sont aujourd’hui 450. Sur les 60 pompiers du cen tre de secours renforcé de Mor teau, 20 ont suivi la formation dont le Capitaine Clément Rivoire qui est à la tête de la caserne. “Je suis en train de pas ser le quatrième niveau. Les deux premiers niveaux sont dispensés à l’échelle du département. Du
Sur les 60 pompiers du centre de secours renforcé de Morteau, 20 ont suivi la formation Défense Incendie dont le Capitaine Clément Rivoire qui commande cette caserne.
à 30 km/h. L’exercice d’Orchamps-Vennes a donné une autre dimension à cette coopération incendie en permettant aux pompiers des deux pays de se rencontrer, d’éta
piscines-tampons montées au plus près du sinistre dans les quelles les pompiers puisent l’eau pour combattre l’incendie. “En parallèle des formations, on vient aussi en renfort en enga geant les moyens du S.D.I.S. 25. Cet été, trois pompiers de Morteau sont partis pour une semaine dans le sud de la France. Ces interven tions permettent d’ac quérir une vraie expérience des feux de forêt.” La coopération est moins avan cée chez les gestionnaires fores tiers. “À part l’exercice d’Or champs-Vennes, on n’a pas encore eu vraiment l’occasion de tra vailler ensemble” , explique Benoît Locatelli, le responsable de l’unité territoriale O.N.F. Pon tarlier-Morteau. Des groupes de surveillance D.F.C.I. sont mis
en place aux périodes les plus critiques sur l’agence O.N.F. de Besançon. Dans le Haut-Doubs, la gestion du risque incendie se vérifie dans l’évolution des techniques de sylviculture. “On favorise les irrégularités au niveau des strates et le mélange des essences. Les méthodes de travail chan gent. Un feu de forêt dans le Haut-Doubs est tout à fait envi sageable, surtout avec les dégâts liés aux attaques de scolytes qui accentuent le dépérissement. On a aussi tout un travail de sen sibilisation à mener auprès du grand public.” Les services de l’O.N.F. sont éga lement de plus en plus sollicités par les communes pour aider à mettre en place des pistes fores tières adaptées aux déplace ments des camions de défense incendie. n F.C.
blir aussi un contact. “Le 25 novembre, on a découvert qu’on a des méthodes de gestion très différentes entre les deux pays.” Le centre de Morteau est équipé d’un camion
“Les pompiers suisses viennent aussi se former en France.”
spécialement conçu et équipé pour les feux de forêt avec une réserve d’eau de 4 000 litres et des capacités de franchissement supérieures aux autres véhicules d’intervention. Les casernes de Damprichard, Pierrefontaine, Levier disposent quant à elles de camions-citernes de grande capacité contenant entre 12 000 et 16 000 litres. Ces engins servent à ravitailler des
Le centre de secours renforcé de Morteau est équipé d’un camion adapté aux feux de forêt.
L’Almanach Vermot : 140 ans d’humour, de savoir et de traditions Édition Le célèbre Almanach rouge qui résiste à toutes les modes est né dans le Haut-Doubs. Pour ses 140 ans, La Poste lui dédie un timbre. Histoire d’un phénomène.
Un timbre à l’effigie du Vermot le 5 janvier À l’occasion des 140 ans du célèbre alma nach rouge, La Poste émet un timbre à son effigie. Pour les passionnés, ce timbre sera vendu en avant-première les ven dredi 2 et samedi 3 janvier à Paris au Carré d’Encre 13 bis rue des Mathurins. Et à partir du 5 janvier, il sera vendu dans de nombreux bureaux de poste, par abonnement ou par correspondance
nateurs talentueux y contribuent, ainsi que de grands noms de la caricature française du XX ème siècle - mention particulière pour Claude Turier et Jacques Faure, rédacteurs en chef suc cessifs jusqu’en 2014. Aujourd’hui, d’autres perpétuent le ton Vermot, entre satire sociale et regard critique. L’Almanach s’adapte aux sensibilités, révélant les formes d’humour acceptées ou contestées, et se fait l’écho des grandes causes qui animent la société française. n J.-F.H. à Philaposte Service Clients Commercial Z.I. Avenue Benoît Frachon, B.P. 10 106 Boulazac, 24051 Périgueux Cedex 09, par téléphone au 05 53 03 19 26, ou par mail sav-phila.philaposte@laposte.fr, ou encore au Musée de La Poste à Paris, sur réservation auprès des buralistes (du Haut-Doubs également) et sur le site Internet www.laposte.fr n
L’ Almanach Vermot, témoin de l’évolution des mentalités et de la culture populaire, est une institution. Les spécia
Un timbre à effigie de l’Almanach créé par le Haut-Doubiste Joseph Vermot va sortie en début d’année.
portage se développe grâce à l’essor des routes commerciales. Le catalogue de la “Bibliothèque bleue” de Troyes en est un exemple notoire. “Bleue” en
lecteurs chaque jour de l’année, four millant d’anecdotes, de conseils et astuces pour le quotidien, de pro verbes… et surtout de blagues. Ce mélange de savoir utile et de légè reté continue à faire le succès de l’Al manach Vermot. Après la mort de Joseph en 1893, son fils Maurice en reprend l’édition et en développe considérablement la diffu sion. Preuve de son ancrage, sous la direction de Georges Ventillard, l’Al manach atteint un tirage d’1 million d’exemplaires par an ! Seule la Seconde
Guerre mondiale interrompt sa publi cation. Depuis, il est édité chaque année - aujourd’hui par les éditions Hachette. Vermot transmet un autre héritage, celui de la caricature, de l’image sati rique et du dessin de presse. Dans la seconde moitié du XIX ème siècle, la presse illustrée connaît un essor ful gurant grâce aux progrès techniques. La mise en page des journaux change au profit de colonnes de texte dans lesquelles s’insèrent des images. L’iden tité visuelle de l’Almanach s’adapte. Dès les premières éditions, des dessi
listes de la paralittérature se sont penchés sur son cas avec le plus grand sérieux. Créé en 1886 par Joseph Ver mot, originaire du Russey, il s’inspire des almanachs ruraux nés après les guerres napoléoniennes, comme Le Grand Messager boiteux de
référence à la couleur de ses couvertures. On y trouve aussi bien de la poésie, des fables et des contes, des romans courts, que des éphé mérides et des guides pra tiques. Le Vermot quant à lui est reconnaissable à sa couleur
Vermot transmet un autre héritage,
celui de la caricature.
rouge et à son logotype, un phylactère tournoyant en corne d’abondance. Ce volume de 384 pages accompagne les
Strasbourg. Mais les origines du genre remontent au XVI ème siècle : des villes aux campagnes, une littérature de col
Made with FlippingBook. PDF to flipbook with ease