Journal C'est à dire 322 - Décembre 2025

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VAL DE MORTEAU

“J’étais sûr depuis le début que ma maman avait été empoisonnée” Justice À quelques jours du verdict dans l’affaire Péchier, les proches des victimes retiennent leur souffle. Comme les autres familles, celle de la Haut-Doubienne Laurence Nicod, décédée en 2016 d’un empoisonnement pendant son opération, attend le verdict avec fébrilité. Notamment sa fille, Charlotte Grosjean, 17 ans à l’époque des faits.

Zoom Les derniers jours du procès Le procès hors normes de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier aura duré plus de trois mois et demi, tenant en haleine de nombreuses personnes. Après les plaidoiries et les réquisitoires de l’avocate générale, les dernières plaidoiries des avocats de la défense notam ment doivent avoir lieu le 15 décembre, avant de laisser les jurés délibérer. Ils ont jusqu’au 19 décembre au plus tard pour rendre leur verdict. Frédéric Péchier encourt la réclusion criminelle à per pétuité. n

C’ est à dire: L’au dience concernant le cas de votre maman Laurence Nicod a eu lieu les 20, 21 et 24 novem bre. Comment avez-vous vécu ces moments?

Charlotte Grosjean: Nous sommes venus nombreux assis ter à l’audience: mes grands parents, ma tante, les cousines de ma maman, ma cousine, etc. J’ai réussi à témoigner longue ment sans m’écrouler, en tenant

C.G. : Je lui accorde encore le bénéfice du doute jusqu’au juge ment même si en effet on pense intimement que c’est bien lui qui a fait ça. Mais si le jugement lui est défavorable, il semblerait qu’il veuille faire appel. Parce que selon lui, selon sa famille, pourquoi devrait-il aller en pri son puisqu’il n’a rien fait ?… Et s’il faisait appel, c’est reparti pour un ou deux ans d’attente avant un nouveau procès. Càd: Vous avez eu assez de réponses pour pouvoir dés ormais faire votre deuil? C.G. : Est-ce que je pourrai faire le deuil un jour? Ce n’est pas certain. Des gens me disent que ça fait neuf ans, que j’ai pu faire mon deuil. Ce n’est pas comme ça que ça marche. J’avais 17 ans quand je l’ai perdue, je l’appelais tous les jours. Il m’arrive souvent d’avoir des difficultés à la sortir des rêves que je fais au moment de me réveiller… n Propos recueillis par J.-F.H.

bon et en regardant Frédéric Péchier en face. Ce dernier a reconnu que pour ma maman, ça a bien été un empoisonne ment, même s’il continue à nier que c’est lui l’auteur. Cet élément a confirmé ce dont nous nous

doutions déjà. Des produits comme le Tramadol ont été injec tés sciemment dans le corps de ma maman alors que ce genre de produits n’avait rien à faire dans cette his toire. Elle a bien été empoisonnée, nous avons donc eu seule ment un début de réponse à nos ques tions. Au fond de moi, j’étais sûr depuis le début que ma maman avait bien été empoisonnée. Càd : Avez-vous pu vous faire une conviction sur la respon sabilité de Frédéric Péchier au moment où vous avez témoigné à la barre? C.G. : Je sais que mon témoi gnage a été poignant, je crois que j’ai fait pleurer la présidente et certains membres du jury. Le fait de témoigner m’a beaucoup soulagée, j’ai pu parler d’une traite sans interruption, j’ai pu dire tout ce que j’avais à dire, y

compris à M. Péchier. Il paraît qu’il était plutôt mal après mon intervention et je n’ai pas hésité à le remettre en place quand il

parlait de ma maman en disant “l’autre.” “L’autre, elle a un nom et un prénom!” je lui ai répondu. Elle était une maman, une tata, une marraine, une cou sine. Et pour moi, ma maman, c’était mon

“S’il faisait appel, c’est reparti pour un ou deux ans d’attente.”

jardin secret. Aujourd’hui encore, j’essaie de me raccrocher à ça. Càd: Vous retournerez au tribunal avant le verdict? C.G. : Oui, j’y retourne dès ce lundi et jusqu’à la fin de la semaine, je veux assister aux plaidoiries des avocats, et à l’énoncé du verdict. Càd : Vous ne doutez plus de la culpabilité de Frédéric Péchier dans ces empoison nements et notamment celui de votre maman?

Laurence Nicod était la joie de vivre incarnée. Ici au début des

années 2010 avec ses deux enfants

Charlotte et Lucas.

La maison Rième et la distillerie Guy dans la boucle du réemploi du verre Consommation Il est désormais possible de réutiliser les bouteilles de Pontarlier Anis et de Limonade Rième en les portant dans une machine de déconsignation. La première a été installée au Leclerc à Houtaud, en espérant que d’autres suivent dans le reste du Haut-Doubs.

“On a juste investi dans un nouvel étique tage avec une explication de la démarche au verso. La Mortuacienne est notre produit phare. Elle représente 50 % de nos volumes dans une entre prise où l’on produit 6 millions de cols par an”, indique Benoît Rième.

“L a consigne, on l’a connue, puis on l’a perdue” , s’en sou vient encore Claude Gindre, le président du syndicat Préval en évoquant ce mode de récupération qui s’est complètement délité au fil de l’avènement du plastique, contraignant les opérateurs du

tri à dépenser alors beaucoup d’argent pour recycler le verre. “Sur le territoire de Préval, cela représente un volume de 7 000 tonnes à traiter chaque année” , complète l’élu. La mise en place d’une filière locale de réemploi de bouteilles de verre marque l’aboutissement d’un travail intense de coopéra

tion entre producteurs, metteurs en marché, syndicats de déchets et experts. Lauréat de l’appel à projets “Encore plus de réemploi” porté par Citéo et Adelphe, ce projet bénéficie d’un soutien financier majeur. Ce financement permet d’accompagner les pro ducteurs dans l’évolution de leurs emballages et de leurs procédés industriels, d’équiper les maga sins en solutions de déconsigna tion et de structurer la logistique du tri. “Ce projet correspond plei nement à nos valeurs. Nous tra vaillons avec des ressources natu relles et c’est donc important de s’inscrire dans une démarche écologique sur l’ensemble de notre process” explique Laurent Ferry, le président de la distillerie Guy. Même discours chez Benoît Rième qui a choisi de s’associer au projet. “La consigne, on connaît ça depuis la création de l’entreprise. Cela nous semblait tout à fait logique de s’engager

dans cette démarche avec tous les partenaires. Pour l’instant, nous sommes deux producteurs mais l’objectif est de développer la filière en multipliant les points de collecte et de déconsignation. Il faut que cela devienne un projet collectif. On n’a pas été contraint d’adapter notre bouteille. On a juste retravaillé l’étiquetage.”

bouteille l’aigle de la distillerie Guy. Pour l’étiquetage, on a opté pour la sérigraphie. Aujourd’hui, on part sur une base de 35 000 bouteilles consignées.” Ces bouteilles de Pont et de limo nade sont facilement identifia bles grâce à un pictogramme. Le premier point de collecte a été installé dans la galerie du centre

déposer leurs bouteilles dans la machine de déconsignation. Ils recevront un bon d’achat de 20 centimes par bouteille, utilisable en magasin. La collecte des bouteilles sera ensuite effectuée en partenariat avec Préval Haut-Doubs et l’opé rateur de réemploi Yaka. Tout sera transféré dans un local à Vercel où Yaka gérera le tri des bouteilles avec la participation de l’E.S.A.T. de la bergerie. Après l’opération de lavage assurée par les producteurs ou des entre prises spécialisées, les bouteilles seront remises en circulation sur le territoire. La boucle devrait rapidement s'élargir avec une dizaine de points de collecte à l'étude. Elle s’ouvrira aussi à d'autres producteurs. n F.C.

La prise de risque est plus importante à la distillerie Guy qui a dû revoir complètement la forme de ses bouteilles consignées en sachant que cela concerne deux

E. Leclerc à Houtaud. “On est ravi de voir l’aboutissement du pro jet. C’est une façon de renforcer notre ancrage territorial. L’économie circulaire n’est pas une

Une filière locale de réemploi de bouteilles de verre.

produits, le Pontarlier Anis à l’ancienne et le Ponsec. “Le goulot s’inspire du faux col des alambics. La forme cylindrique symbolise le tronc des sapins du Haut Doubs. Figure également sur la

contrainte mais une opportunité. Nous aimerions que cette initia tive devienne la norme” , confie Marie Hatton du Centre E. Leclerc à Houtaud. Les consom mateurs pourront désormais

Le montant de la consigne est remboursé sous forme d’un bon d’achat utilisable en magasin.

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