Journal C'est à dire 310 - Novembre 2024

PLATEAU DE MAÎCHE

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“Protégeons les chamois, on sera tous gagnants !” 480 chamois seront tués dans le département pendant la saison de chasse 2024-2025, au grand dam des associations pour la protection de la nature. Charquemont

L a vie des chamois dans le Haut Doubs n’est plus un long fleuve tranquille. “Protégés par le passé, ils sont maintenant détruits au nom des intérêts des fores tiers et des chasseurs qui les considèrent comme nuisibles, malgré l’absence de dégâts forestiers et agricoles significatifs légitimant cette destruction” , déplore

Jean Chapuis, délégué départemental de l’A.S.P.A.S. (Association Pour la Pro tection des Animaux Sauvages). On peut évaluer la population de chamois entre 1 500 et 2 000 individus dans le Doubs, soit une densité actuelle infé rieure à un animal aux 100 hectares boisés, quand elle atteint 5 à 8 fois cette valeur dans des parcs naturels comme

Jeunes cha mois dans une prairie du Haut Doubs (photos Jean Chapuis).

constate le délégué de l’A.S.P.A.S. “Les périodes de chasse s’étendent pratique ment sur 9 mois (en fonction des espèces), à raison de 6 jours par semaine, ce qui laisse peu de répit à nos animaux sau vages dont la vie s’apparente plus à de la survie au quotidien” , poursuit-il. “Face aux enjeux environnementaux actuels, nous devons tous préserver et valoriser notre biodiversité et notre milieu, restaurer les processus naturels et les écosystèmes : les chamois font par tie de notre patrimoine et héritage com mun. L’intérêt général doit prendre le pas pour protéger et défendre ce trésor naturel, inestimable et enviable, dans une société respectueuse du monde vivant en général” , conclut Jean Cha puis. n Ph.D.

agricoles et forestières” , plaide-t-il. Aucun problème documenté et avéré, significatif, n’existe sur les dégâts au niveau agricole, ni sur l’abroutissement (broutage de jeunes arbres) ou l’écorçage dans le milieu forestier en liaison avec le chamois. Ils sont des éléments struc

celui des Écrins ou du Chasseral proche. Le taux naturel de croissance est de l’ordre de 10 à 15 % et on estime que le lynx, prédateur naturel et protégé en France, peut réguler environ 10 % de la population de cet ongulé. “On voit bien qu’il n’est pas légitime d’un point

turants de notre biodiversité. Ils se nourrissent d’herbes, de feuilles d’arbres, de baies et champignons. L’hiver venu, ils se tournent vers les herbes sèches, feuilles mortes, mousses et lichen, aiguilles de pins et

de vue environnemental de vouloir sacrifier 480 chamois dans notre département, ses prédateurs naturels étant plus efficaces et justifiés dans l’équilibre des forêts. La chasse au chamois est essen

Un sacrifice illégitime selon le Maîchois Jean Chapuis.

de sapins. “La présence des chamois favorise une biodiversité harmonieuse et le maintien de milieux ouverts qui coexistent avec des forêts naturelles. Plus la forêt est aérée et variée, plus le nombre d’espèces qui y vit est important” ,

tiellement un loisir pour 7 000 chasseurs (1,5 % de la population du Doubs), mais ce divertissement n’a pas de légitimité biologique, sanitaire ou économique, compte tenu de l’impact négligeable de ces mammifères sur les productions

Chamois adultes dans leur milieu naturel.

Rebon enrichit son offre de mobilité Pays de Maîche Pour lutter contre cet obstacle essentiel, l’association Rebon rejoint d’autres acteurs pour offrir des solutions aux demandeurs d’emploi.

l Frontaliers L’Urssaf Franche-Comté et l’Association Frontaliers Grand Est ont signé le 14 novembre dernier un partenariat pour améliorer l’accompagnement des travailleurs frontaliers ayant opté pour l’assurance maladie française. En 2022, l’Urssaf Franche-Comté signait une première conven tion de partenariat avec l’Ami cale des travailleurs fronta liers, avant de s’engager également auprès de l’Asso ciation d’aide aux Frontaliers en 2023. À travers ce nouveau partenariat avec l’Association Frontaliers Grand Est, l’orga nisme réaffirme son engage ment envers ce public des tra vailleurs frontaliers en Suisse, afin d’améliorer son informa tion et son accompagnement. Dans le cadre de cette convention, l’Urssaf Franche Comté proposera des forma tions aux juristes de l’Asso ciation Frontaliers Grand Est sur les missions de l’Urssaf, les dispositifs réglementaires en vigueur, et les nouveaux services mis en place. En bref…

U n service de location solidaire vient com pléter depuis quelques semaines l’offre “Allô Kangourou”, un ser vice dédié aux déplacements sur l’ensemble de la C.C.P.M.. “Face au constat que la mobilité est une problématique impor tante sur notre territoire, la C.C.P.M., le C.I.A.S. (centre

à assistance électrique, 1 voi turette sans permis et deux voi tures thermiques. Ces deux der nières voitures sont d’ailleurs mises à disposition par La Roue de Secours. Cette association dispose d’une flotte de 75 véhi cules (voitures, scooters, vélos et voiturettes électriques) répar tis sur le département du Doubs et apporte sa précieuse expé

Amadou Fofana (chargé de mission C.C.P.M.), Franck Villemain (président de la C.C.P.M.), Hugues Menant (directeur de La Roue de Secours), Céline Renaud (directrice de Rebon), Jean-Marc Lerat (président de Rebon) et Éloïse Grassi (responsable du C.I.A.S.).

intercommunal d’action sociale) et Rebon se sont emparés du sujet dès 2023” , déclare Jean-Marc Lerat, le président de Rebon. En 2024, plus de 1 100 trajets ont été réa lisés au bénéfice des habi

rience à Rebon dans cette nouvelle activité. “Nous agissons dans une logique de levée des freins de mobilité à l’accès (ou au maintien) à l’emploi (ou à la formation). Il suf fit d’un contrat de travail

ligne régulière pour desservir les principales zones d’activités, réflexion qui reste à engager avec les entreprises” , poursuit Jean Marc Lerat. Si des personnes sont intéres sées par ces sujets, elles peuvent rejoindre un groupe de citoyens afin de réfléchir et d’agir concrè tement sur les actions qui pour raient être mises en place. n Pour toute information : mobilite@re-bon-maiche.fr ou 09 70 66 79 92

tion du permis de conduire. L’as sociation leur permet de réduire de moitié le coût de l’examen. On voit bien que ces probléma tiques sociales nécessitent dés ormais une véritable entente entre tous les acteurs présents sur le territoire plutôt que des initiatives individuelles souvent limitées. “Nous travaillons encore pour développer d’autres solutions comme le covoiturage, l’animation et la promotion des déplacements à vélo ainsi que l’étude et la mise en place d’une

dispose également de deux garages solidaires à Besançon et Montbéliard. “Inutile de pré ciser que nous sommes en recherche permanente de dons de véhicules pour assumer notre mission sociale de location soli daire” , ajoute-t-il. Parallèlement, Franck Joyeux, le moniteur auto-école de l’équipe mobile du Haut-Doubs de l’A.D.D.S.E.A. Sauvegarde Bourgogne-Franche-Comté, accompagne aujourd’hui une dizaine de jeunes dans l’obten

La mobilité, principal frein à l’emploi.

ou d’une attestation de forma tion, d’un permis B ou A.M. (cyclomoteur) selon les véhicules, du dépôt d’une caution non encaissée et de justifier d’un local sécurisé pour les deux roues” , précise Hugues Menant, directeur de la structure. Elle

tants, qu’il s’agisse de déplace ments sur le périmètre du Pays de Maîche ou de rendez-vous médicaux dans le département du Doubs, voire du Territoire de Belfort. Le nouveau parc de location solidaire se compose de 2 vélos

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