Journal C'est à dire 310 - Novembre 2024

VAL DE MORTEAU

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Recherche Les sols de Franche-Comté passés au crible Initié en 2008, le travail de

J usqu’ici matérialisée par une zone grise sur la carte hexagonale, la Franche-Comté faisait partie des rares territoires avec ceux d’Outre-mer à ne pas être répertoriés. La faute à des don nées partielles, voire inexistantes par endroits, ne permettant pas véritablement de renseigner la nature des sols. Ce qui a amené l’I.N.R.A. (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’ali mentation et l’environnement), la Chambre régionale d’agricul ture et l’Université de Franche Comté (via l’U.M.R. Chrono-envi ronnement) à se pencher davantage sur la question. “Les premiers échanges ont débuté en 2008” , se souvient Éric Lucot, pédologue au laboratoire Chrono-environnement, qui a travaillé dessus avec ses col lègues Jean-Claude Monnet et répertoire des sols de Franche-Comté s’est enfin achevé et a rejoint cet été les données nationales du géoportail de l’I.G.N.* Cette carte, en accès libre, dresse un panorama des principales caractéristiques des sols.

l’échelle 1/250 000 ème ) serviront derrière aussi bien aux cher cheurs, qu’aux forestiers, aux exploitants agricoles, aux col lectivités… Ce type de référentiel amenant souvent (au-delà des repères généraux) à d’autres tra vaux de recherche, diagnostics agronomiques et/ou environne

Marc Briot. “On a commencé par inventorier tout ce qui existait sur les sols en région. Nous nous sommes servis des cartes exis tantes, des travaux de thèse, des documents qu’on avait à dispo sition… y compris la littérature grise. Puis, on a complété par des investigations sur le terrain

Exemples de relevés sur le

terrain (photos U.F.C.).

dans les zones où on manquait d’informa tions.” La tâche, titanesque, les a amenés au fil des ans

mentaux, ou études liées à l’aménagement du ter ritoire comme l’explique ce spécialiste bisontin. “On peut nous solliciter

1200000 hectares cartographiés.

été. Les plus curieux peuvent y compris s’en emparer, et s’amu ser à comparer les profils des sols de leur zone d’habitation. “C’est très hétérogène. On a à la fois des zones profondes avec de grandes réserves d’eau et d’autres moins. C’est la particularité de nos contextes calcaires” , souligne Éric Lucot. Cette diversité s’ex plique par “des résidus d’état géologique, qui ne sont plus pré sents mais dont les matériaux sont restés sur place après alté ration, et qui donnent par endroits des sols acides et pauvres en nutriment.” n S.G. *Institut national de l’information géographique et forestière

à réaliser divers sondages et analyses physico-chimiques aux quatre coins de la région. Mais aussi à mobiliser les autorisa tions et les financements utiles, expliquant pour partie le temps long de ces recherches. Au final, 1 200 000 hectares ont été cartographiés et harmonisés durant ces 15 dernières années, dans le but d’offrir une meilleure connaissance des sols comtois. “Cela permet de donner un aperçu des principales caracté ristiques dans une zone donnée. Savoir si c’est plutôt caillouteux, riche en matière organique ou acide”, donne en guise d’exemple Éric Lucot. Les informations données (à

pour obtenir des données plus complètes et nous avons déjà plu sieurs demandes en attente.” Le fait de connaître les caracté ristiques topographiques, phy sico-chimiques et hydriques des sols permet dans le même temps de répondre à un certain nombre d’enjeux, en lien avec les effets du réchauffement climatique, en donnant notamment un aperçu du réservoir en eau des sols agricoles ou forestiers, ou des risques de ruissellement ou d’érosion. Finalisée il y a quelques mois et mise en ligne sur le géoportail de l’I.G.N., la cartographie des sols de Franche-Comté est offi ciellement accessible depuis cet

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