Journal C'est à dire 232 - Mai 2017

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V A L D E M O R T E A U

Pollution En amont de Grand’Combe-Chateleu, le Doubs est un désert à salmonidés La faute à une rivière dont le débit est trop faible, occasionnant des hausses de température fatales aux salmonidés. La solution : remettre en état les zones humides ou reméandrer ? Une étude est lancée.

L a fédération de pêche du Doubs mène tous les ans de nombreuses études dans les rivières. Ce fut le cas à l’automne 2015 au niveau du défilé d’Entre- roches où une pêche électrique sur deux secteurs de 170 mètres de long dans le Doubs avait été organisée. La première au niveau du pont d’Hauterive-la- Fresse. La seconde en face de

la grotte de Remonot. Les résultats de l’étude sont désormais connus. Ils mettent en avant ce que redoutaient les experts : la quasi-disparition des salmonidés sur ce tronçon de rivière ! Une seule “truitel- le” a été capturée et aucun car- nassier au niveau du pont d’Hauterive. Lot de consolation, beaucoup de goujons et vairons, preuve que l’eau n’est pas de si

mauvaise qualité bien que de nombreuses algues soient déjà visibles à cette époque de l’an- née. Les ingénieurs hydrobiologistes évoquent une eau bien trop chaude l’été. Elle atteint les 28 °C parfois. Un constat par- tagé par les membres de la socié- té pêche de la Truite du tré- sor et du Saugeais, association de pêche et de protection du

Pêche électrique d’envergure dans le Doubs au niveau de Remonot pour comptabiliser les poissons et les inventorier.

permis d’en comptabiliser des dizaines dont le poids oscillait entre 700 grammes et 1 kg. “Nous réfléchissons sur l’état physique du Doubs et allons lan- cer en aval de Pontarlier une étude morphologique de la riviè- re. Il faut savoir si les pertes sont vraiment naturelles ou non,

milieu aquatique qui gère ce tronçon de 23 km de 1 ère caté- gorie entre Morteau et Pontar- lier. Ses membres estiment que ce n’est pas la qualité mais bien la quantité d’eau qui crée ici le désordre dans la faune piscico- le. Ils alevinent, notamment des truites de souche, mais le résul- tat ne semble pas convaincant au vu de ces premiers résultats. “En 1976, des tonnes de poissons morts avaient été ramassées suite à la sécheresse…” se sou- vient l’un d’eux. Le Doubs, depuis, s’en est remis. Mais à moins de 0,350 m 3 par seconde au niveau de Ville-du- Pont, le débit de la rivière en période d’étiage ne convient plus aux truites. Les chevesnes, eux, adorent. En l’espace de quelques minutes, la pêche électrique a

mesurer comment le débit d’eau arrivant à Pontarlier a diminué ces dernières années. Il faut réfléchir à des mesures d’ensemble et notamment à la ges-

Une truitelle seulement avait été pêchée.

tion des zones humides, des têtes de bassin” indique Jean-Noël Resch, hydrobiologiste membre du syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs. Il faudra du temps et de l’ar- gent pour retrouver ici une riviè- re de première catégorie digne de ce nom. n

Les poissons sont classés selon l’espèce. Ils repartiront vivant à l’eau.

ZI Franois - 1A rue de la Gare - 25770 FRANOIS Z.I. Les Rosiers - RN 57 - 25300 LA CLUSE-ET-MIJOUX

Beaucoup de chevesnes, un poisson qui investit la 1 ère catégorie.

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