Journal C'est à dire 201 - Septembre 2014

V A L D E M O R T E A U

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Société Le passage

des gens du voyage a laissé des traces Pendant plus d’un mois, un groupe de gens du voyage composé d’une quarantaine de cara- vanes a causé des dégâts dans le Val de Mor- teau partout où il est passé.

A u début de l’été, un convoi d’une qua- rantaine de cara- vanes de gens du voyage a débarqué à Villers-le-Lac. Les nomades (environ 150 personnes) qui venaient de la Vue-des-Alpes en Suisse où des dégradations ont été constatées après leur départ, se sont installés sans autori- sation sur le parking de la com- pagnie des Bateaux du Saut- du-Doubs. Ils étaient là comme

vanes. C’est incroyable comme on se sent démuni face à ces per- sonnes.” Alertée, la gendarmerie s’est déplacée sans pouvoir déloger le groupe qui occupait pourtant le terrain illégalement. La rai- son est que l’expulsion passe par une procédure légale que la gen- darmerie active systématique- ment face à ce genre de situa- tion. En résumé : le préfet est informé, il prend un arrêté qui somme les occupants de quitter

Le groupe de gens du voyage qui a sévi dans le Haut-Doubs cet été comptait quatre familles. Il a laissé derrière lui des dégâts et des dépotoirs comme ici sur l’aire d’accueil. Coût des réparations : 30 000 euros.

chez eux, peu importe le préjudice causé au propriétaire du site qui a fini par porter plain- te. “Ils ont occupé tout le parking. Pendant cinq jours, nous n’avons

les lieux dans les 24 heures. En répon- se, ces derniers qui connaissent leurs droits, déposent un référé auprès du tri- bunal compétent. Le

“C’est la première année que nous avons autant de soucis.”

à la rencontre de cette popula- tion. “Nous avons reçu des pro- vocations verbales de la part de personnes de tous les âges. On nous a traités de racistes, de nazis. À Villers-le-Lac, on a eu droit à des jets de pétards dans les jambes des gendarmes” déplo- re le Major Wyrwas, de la gen- darmerie de Morteau. Villers-le-Lac fut la première d’une série d’étapes dans le Val de Morteau. Le périple de ces gens du voyage, inconnus jus-

qu’à présent dans le Haut-Doubs (un tiers des plaques d’immatriculation étaient étran- gères), s’est achevé le 14 août, date à laquelle ils se sont mis en route pour Pontarlier. Entre- temps, partout où ils sont pas- sés, il y a eu des problèmes. Que ce soit sur la piste d’auto-éco- le à côté du stade de Morteau, occupée illégalement une fois de plus, dans laquelle ils ont planté des pieux métalliques pour fixer les auvents, ou alors

sur l’aire d’accueil prévue pour eux qu’ils ont saccagée, après avoir forcé à partir le groupe de gens du voyage qui était là. Ajou- tons des vols chez les commer- çants. “C’est la première année que nous avons autant de sou- cis avec cette population. En revanche, on ne peut pas leur incomber les cambriolages qui ont eu lieu pendant cette pério- de. Mais pendant tout le temps où ils sont restés là, les gens ont vécu dans la crainte et en par-

ticulier les commerçants” ter- mine le Major Wyrwas. Il salue néanmoins l’intervention de Jean-Marie Binétruy, président de la communauté de communes et d’Annie Genevard, maire de Morteau, qui se sont mobili- sés pour obtenir auprès du pré- fet l’emploi de la force. Le grou- pe de gens du voyage a quitté le Val de Morteau juste avant que les autorités y aient recours. T.C.

statu quo dure au minimum cinq jours, période au terme de laquel- le le convoi change de lieu. Et c’est reparti pour un tour dans les procédures administratives. À ce jeu du chat et de la sou- ris, la gendarmerie n’a pas la part belle lorsqu’il s’agit d’aller

plus eu d’activité. Les touristes n’osaient plus s’arrêter” racon- te la direction de la compagnie des Bateaux du Saut-du-Doubs. Le groupe n’a pas fait que sta- tionner, il a aussi dégradé le site. “Ils ont démonté le chalet d’accueil pour caler les cara-

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