Journal C'est à Dire 91 - Septembre 2004

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V A L D E M O R T E A U

Morteau Les Frères Rognon, morts pour la France

En bref

" Suisse Une balade gourmande est organisée dans les rues de Neuchâtel dimanche 12 sep- tembre prochain. Organisée par les anciens de l’école hôte- lière de Lausanne, elle a pour but de promouvoir les produits de terroir neuchâtelois. Ren- seignements au 00 41 32 889 68 90. " Parents Vous êtes parents, vous sou- haitez échanger sur les pro- blèmes que vous rencontrez dans l’éducation de vos enfants ou parler de thèmes touchant à la famille. Rendez-vous le 1 er mardi du mois à la M.J.C. de Morteau à 20 heures. Rensei- gnements au 03 81 67 61 05. " Maîche Le 9 juillet dernier ont été inau- gurés les espaces rénovés de la mairie, de l’office de tou- risme de Maîche et de la sal- le de l’Union dans laquelle a été présenté à la population le projet d’aménagement du centre-ville. " Télévision “Fugues le long de l’Arc juras- sien”, c’est le nom de l’émis- sion qui sera diffusée à partir du 16 octobre prochain sur France 3 Bourgogne-Franche- Comté. Cette émission devient donc internationale en éten- dant sa zone de découverte à la Suisse. Tout au long de l’année, l’animatrice Valérie Labadie franchira 13 fois la frontière. Diffusion le samedi à 17 h 45. " Rentrée L’allocation de rentrée sco- laire est versée sous condition de ressources aux familles dont les enfants sont âgés de 6 à 18 ans (nés entre le 16 sep- tembre 1986 et le 31 janvier 1999). Son montant est de 257,61 euros par enfant et par an. Pour connaître les condi- tions d’attribution : www.caf.fr ou au 0820 25 25 10. " Littérature Les 3 èmes pérégrinations litté- raires auront lieu les 17, 18 et 19 septembre. 3 jours de randonnées, de rencontres et d’échanges autour de textes littéraires publiés ou inédits, au fil du Doubs. C’est l’opé- ration franco-suisse “Par-des- sus le mur, l’écriture”. Rensei- gnements au 03 84 45 18 47. " Entreprise L’opération “Chef d’entrepri- se, pourquoi pas vous” est renouvelée par l’A.D.E.D. Des réunions cantonales ont lieu : 13 septembre à Saint-Hippo- lyte, le 14 à Charquemont, le 27 à Bonnétage, le 28 à Mont- lebon. Renseignements au 03 81 65 10 00.

À Morteau, on connaît la rue des “Frères Rognon” mais on connaît moins les faits d’arme de ces deux jeunes combattants morts à Argenton pour l’un et aux portes de Besançon.

C ertains des anciens combattants de ce bourg de la Creuse (23) se souviennent de ce partisan mort le 9 juin 1944, aumême titre que 66 autres de ses camarades. “Il est mort le p’tit gars, seul dans un champ à l’entrée d’Argenton, après s’être battu avec son fusil mitrailleur contre la division S.S. “Das Reich”, la même qui détrui- raOradour-sur-Glane.” commente 60 ans après, un de ses compa-

gnons d’arme habitantArgenton. Le Mortuacien Henri Rognon avait 19 ans. “Son nom figure sur le monument spécialement éri- gé à la mémoire de ces combat- tants tués au moment de la libé- ration” indiquent les services de la mairie d’Argenton. Les faits d’arme de ce jeune sol- dat suscitent le respect. Retran- ché dans une petite cabane, il a tenu en échec un détachement allemand pendant plus de deux heures. L’ennemi maîtrisera l’as- saut de ce résistant après avoir tiré une cinquantaine d’obus d’un canon de 25 mm. “ Henri a été retrouvé le lendemain sans aucun papier, sans portefeuille, volé, mort et profané. Dans leur rage, les bourreaux avaient mutilé le corps du valeureux soldat” écri- vait Gilbert Ménie le 25 août 1945 dans le journal “le Patriote Com- tois.” L’horreur de la guerre. La tristesse de l’histoire ne s’ar- rête pas. Henri Rognon n’était pas seul. Il avait un frère, Paul, lui aussi mort au combat le 5 sep- tembre 1944, au moment de la libération de Franche-Comté. Cet instituteur de 24 ans était le chef du maquis d’Abbans-Dessous. C’est en effectuant une opération de reconnaissance qu’il s’est trou- vé face à face avec une patrouille allemande. Blessé, il décédera à

l’hôpital de Salins juste avant l’arrivée de l’infanterie améri- caine à Besançon les 7 septembre. Dans le Haut-Doubs, nous connaissons peu les faits d’armes de ces deux héros pourtant ori- ginaires de Morteau. Le 26 août 1945, en hommage à ses deux enfants défunts, la ville a bap- tisé une de ses rues “la rue des Frères Rognon.” Cette petite voie sur les hauteurs de Morteau lon- ge la rue de la Côte. Mais avec le temps, le souvenir s’étiole, la mémoire s’érode. Aujourd’hui, à l’heure où l’on fête la libération de Morteau, il faut s’armer de curiosité et être prêt à fouiner dans les archives pour connaître l’histoire de ces deux frères fauchés par la guerre en pleine jeunesse, comme d’autres de leurs compagnons. Derrière cette plaque de rue, qui ressemble à toutes les autres plaques de rue, subsiste le souvenir de deux combattants qui ne se sont pas illustrés directement dans la libé- ration de Morteau mais qui n’en sont pas moins déméritants. À 19 et 24 ans, ils ont donné leur vie pour la liberté. Encore fau- drait-il s’en souvenir au moment des cérémonies de commémo- ration. ! T.C.

Inauguration de la rue des Frères Rognon à Morteau le 26 août 1945.

La rue est parallèle à celle de la Côte, sur les hauteurs de Morteau.

Villers-le-Lac Accès au Saut du Doubs : la réglementation en vigueur Le tragique accident survenu au début de l’été n’a eu aucune conséquence sur les modalités d’accès au Saut du Doubs qui s’appuient toujours sur un arrê- té municipal. “C et accident n’a aucune répercussion sur la régle- mentation en vigueur” , confirme-t-on à la brigade de gen- darmerie de Morteau chargée de l’enquête qui suit son cours. De par son étroitesse et sa décli- vité, la route communale menant à la célèbre chute présente une cer- taine dangerosité. L’accès est donc strictement réglementé. Les visi- teurs sont priés de se garer au par- king des Vions pour descendre ensui-

Sécurité Un dispositif pour prévenir le risque d’inondation

ensuite aux réalités locales) en réaction aux violentes crues dévastatrices de 1999. C’est pour limiter les conséquences des inondations sur les biens et les personnes que l’État a légiféré afin de réglementer strictement tous les aménagements dans des zones reconnues comme submer- sibles, voire poten- tiellement submersibles. Au nom de ce grand princi- pe de précaution, on ne peut plus construire n’importe quoi

n’importe où au risque d’ag- graver la situation en cas de crue du Doubs. La validation par une commune du P.P.R.I. a pour conséquence de rendre inconstructible un certain nombre de terrains, ce qui

La préfecture du Doubs pilote actuellement la mise en place d’un plan de prévention des risques d’inondation sur le secteur de Besançon. Mor- teau et le Haut-Doubs pourraient suivre.

I l n’est pas exclu qu’à l’ave- nir le Haut-Doubs soit concerné par un plan de prévention des risques d’inon- dation (P.P.R.I.). Pour l’instant la Préfecture se concentre sur la vallée du Doubs qui inclue 55 communes dont Besançon. Un secteur plus sensible aux

crues que les régions de Pon- tarlier et Morteau. Une étude hydraulique récente sert actuellement de base de tra- vail à la réalisation du P.P.R.I. Ce dispositif établi à partir de la loi Barnier du 2 février 1995, a été instauré par l’État au niveau national (et adapté

remet parfois en cause les ambitions de développement des municipalités. La direction régio-

“L’urbanisation est un phénomè- ne irréversible.”

nale de l’environnement est claire sur ce point en indiquant que “le but du P.P.R.I. est d’ar- rêter les bêtises. L’urbanisa- tion est un phénomène irré- versible. On ne peut pas la lais- ser évoluer sans la corréler à un risque d’inondation éva- lué.” Car de toute évidence, l’imperméabilisation des sols a des conséquences irréver- sibles sur le phénomène de crue. En tout cas, dans des secteurs à forte densité humai- ne comme à Besançon, où il est probable que si la crue de 1910 (la crue du siècle) devait se reproduire, elle n’au- rait pas le même impact aujourd’hui qu’il y a cent ans, compte tenu des aménage- ments réalisés pendant cet- te longue période. Le Haut-Doubs est moins sen- sible aux montées d’eau, car la plupart des champs d’ex- pansion de crue sont restés vierges. C’est le cas à Morteau par exemple. Par contre des interrogations subsistent sur les conséquences qu’aurait une crue au moins aussi forte que celle de 1910 à Pontarlier, vil- le traversée par le Doubs. Les réponses à ces questions pour- raient être apportées dans le cadre d’une réflexion sur la mise en place d’un P.P.R.I. !

te à pied. “Seuls les riverains et ceux qui tra- vaillent sur le site (bateliers, exploi- tants des kiosques, restau-

Les visiteurs sont priés de se garer au parking des Vions.

rateurs et leurs employés) sont auto- risés à descendre en voiture jusqu’en bas. Ça représente une quinzaine de personnes” , précise l’un des agents de la police municipale de Villers- le-Lac. L’arrêté en vigueur régle- mente également l’accès au parking intermédiaire. Peuvent y station- ner les personnes à mobilité rédui- te et les pêcheurs en ayant fait la demande auprès des services de la municipalité. “Ils se voient déli- vrer une carte.” !

Comme à Besançon, un plan de prévention est à l’étude.

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