Journal C'est à Dire 258 - Octobre 2019

P L A T E A U D E M A Î C H E

Société

VIEILLIR AU PAYS Le vieillissement de la population est inéluctable et ce fait de société recouvre de multiples facettes. Zoom sur cette problématique dans le Plateau de Maîche. Le maintien à domicile reste la priorité Quand la perte d’autonomie intervient, le placement devient nécessaire E.H.P.A.D. Maîche

Ils émettent néanmoins des réserves. La France est le 3ème contributeur net de l’Europe (après l’Allemagne et la Grande-Bretagne) avec une contribution de 16,2 milliards d’euros pour un retour de 13,5 milliards dont 7,9 au titre de la politique agricole commune, la P.A.C.

Malgré le contexte actuel un peu tendu dans le secteur, le directeur de l’E.H.P.A.D. (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de Maîche, Philippe Régenass s’est ouvert sur son établissement.

L a résidence Franche- Montagne est un des 14 sites gérés par la Mutualité Française Comtoise. Philippe Régenass présente l’E.H.P.A.D. : “Nous disposons de 91 lits et places et nous accueillons 82 résidents permanents, 3 temporaires (admission pour des séjours de 8 jours à 3 mois) et 6 places d’ac- cueil de jour.” Ces dernières places sont dédiées à des per- sonnes isolées en état de solitude ou pour soulager les aidants dans des cas de fatigue physique ou psychique. Il mentionne pré- cise également : “Nous possédons une unité de vie protégée pour 18 résidents désorientés et déam- bulant (personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’au- tres maladies cognitives graves).” 83 salariés (63 équivalents temps plein) à 95 % féminines encadrent les pensionnaires. La en ce qui concerne l’espérance de vie en bonne santé (61 pour les hommes et 65 pour les femmes). Philippe Régenass observe : “Nos établissements sont confrontés à des arrivées de personnes de plus en plus âgées, dépendantes et souffrant de multiples pathologies asso- ciées.” Il constate que “les S.S.R. (Services de Soins de suite et de réadaptation) sont engorgés et leur coût journalier est très élevé d’où une affectation fré- quente en E.H.P.A.D. pour des personnes qui ne peuvent plus rentrer chez elles en sécurité.” Concernant le coût pour les usa- gers ou les familles, Philippe Rénegass rassure : “Nous sommes une structure privée mais non lucrative, donc pas tenue à délivrer à ses action- naires des dividendes à deux chiffres.” Il précise que “cette situation nous permet d’assurer un service optimal à nos rési- “Des arrivées de personnes de plus en plus âgées.” France est parmi les premières nations mondiales en termes d’espé- rance de vie (80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes) mais est beaucoup plus mal classée

D e nombreuses structures existent sur le plateau de Maîche. Jean-Marie Bes- sot, président de l’A.D.M.R. locale estime que “les personnes doivent rester le plus long- temps possible chez elles et nosA.V.S. (auxiliaire de vie sociale) les aident dans toutes les tâches devenues dif- ficiles avec l’âge.” Il ajoute : “Bien souvent, l’entrée en structure est déchirante pour la personne et son entourage, et elle est vécue comme une étape ultime.” L’aide à domicile permet aussi de rompre la solitude chez des personnes dont la famille est bien souvent éloignée ou pas assez présente. Certains font le choix d’abandonner leur domicile devenu trop grand et trop contraignant pour rejoindre une résidence spécialisée pour personnes âgées. JérômeVermot-des-Roches est direc- teur de la M.A.R.P.A. “Les Vergers de Montjoie” à Maîche. “Notre éta- blissement est une résidence auto- nomie et permet à nos locataires de retrouver un chez soi au sein d’une structure sécurisée et qui offre de multiples services dont une restau- ration faite sur place” explique-t-il. Michel Barberet, 86 ans est entré à la M.A.R.P.A. en septembre 2018. Il confie : “J’étais tout seul après avoir perdu ma femme il y a trois ans. Ici, j’ai deux ou trois bons copains et je m’occupe des fleurs de

la résidence.” 18 appartements de 30 m² sont disponibles ainsi que deux studios de 15m² en occupation temporaire qui permettent à de nou- veaux seniors de tester la formule. Les résidents ont entre 78 et 102 ans pour la doyenne du plateau. Frédéric Bégin, gérant d’Azaé pointe du doigt un vrai problème inhérent aux services à domicile : “Il faut une véritable politique de reconnaissance du service public que nous offrons. C’est un véritable sujet de société tant qu’il n’y aura pas une volonté publique de salaires décents et de formation pertinente.” Il avoue aussi faire face à des familles absentes ou peu impliquées et qui dans notre époque consumériste sont de plus en plus exigeantes et de moins en moins tolérantes sur le travail réalisé par nos aides à domicile. Tous les professionnels du secteur recon- naissent le rôle important du dépar- tement mais doutent de la volonté des autres institutions de vraiment s’attaquer au problème du vieillis- sement et de la dépendance. Frédéric Bégin conclut : “Comment s’accomplir dans cette profession si utile à la société avec des salaires au niveau du S.M.I.C., sans plan de carrière possible, sans formation adaptée face à des pathologies com- plexes et sans reconnaissance réelle de sa valeur sociale.” n Ph.D.

Philippe Régenass au vernissage de l’exposition d’une résidente.

dents et d’investir pour leur bien- être et celui de nos salariés. Nous avons d’ailleurs 23 résidents sans moyens suffisants qui béné- ficient de l’aide sociale du Dépar- tement.” La Mutualité Française Com- toise accorde naturellement beaucoup d’importance à la pro- tection de la santé des salariés. Des installations modernes d’aide au transfert (lever, cou- cher, déplacement pour les soins…) des résidents ont été et seront réalisées. L’unité de vie protégée dispose d’un rare espace Snoezelen de stimulation sensorielle. Philippe Rénegass conclut : “Nous sommes sur le point de mettre en place avec l’aide de l’A.R.S. (Agence Régio- nale de Santé), une innovation importante pour nos résidents qui sera en test à Maîche dans un futur proche.” n Ph.D.

L’espace Snoezelen de simulation sensorielle.

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